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    Economie

    Plan Maroc vert
    Des freins et des marges de progrès… inexploitées

    Par L'Economiste | Edition N°:2785 Le 27/05/2008 | Partager

    . Deux piliers pour relancer l’agriculture de demain. Accompagnement solidaire et développement agressifL’agriculture a un poids économique et social colossal. Tout le monde en convient. En termes économique, le secteur représente 15 à 20% du PIB avec un impact positif ou négatif sur la croissance selon les années. Il constitue aussi une source d’emplois pour 3 à 4 millions de ruraux et 60 à 100.000 personnes qui travaillent dans l’agro-industrie. Sans oublier sa contribution décisive aux grands équilibres macro-économiques et la balance commerciale du pays. Mais l’agriculture représente également des enjeux majeurs en termes sociaux, de consommation, d’aménagement du territoire et de développement durable. Le Maroc est avant tout, un pays semi- aride avec une diversité des terres (bour favorable, défavorable, zones oasiennes et montagneuses) et l’agriculture consommant aujourd’hui 80% des ressources hydriques. A cela s’ajoute l’enjeu de stabilisation de la population rurale et de lutte contre la pauvreté: Près de 15 millions de ruraux, 1,5 million d’exploitations et 8 à 10 millions d’actifs souffrant d’un chômage endémique. Et, cerise sur le gâteau, les enjeux énormes pour les 30 millions de consommateurs que compte le Maroc. «N’oublions pas cette partie importante de l’équation», rappelle un haut cadre du ministère.Derrière cette toile de fond, on a affaire à une agriculture à deux vitesses. Avec à la clé des freins au développement: Faiblesse de la capacité d’investissement privé et de participation du système bancaire, un management insuffisant et un tissu d’acteurs très hétérogène et des points de blocage d’ordre transversal assez complexes. Sont cités dans ce cadre, la lourde problématique du foncier, le morcellement excessif des exploitations, la raréfaction de l’eau et l’absence de structures d’encadrement. Mais, d’un autre côté, le secteur renferme un potentiel considérable. Un coût de main-d’œuvre très compétitif par rapport aux concurrents, une proximité immédiate des grands marchés de consommation couplée avec une logistique marocaine en nette amélioration et une industrie de transformation en plein essor, résument ces atouts. Ils expliquent au demeurant, les avancées réalisées par les secteurs exportateurs. Pourquoi alors ne pas les mettre à contribution pour d’autres filières à haute valeur ajoutée? S’interroge le ministre de tutelle. D’où la nouvelle stratégie. Celle-ci s’appuie sur une coresponsabilité de l’Etat et des acteurs à travers la mise en œuvre de moyens institutionnels, managériaux et budgétaires jugés adéquats.


    Deux axes essentiels

    La nouvelle stratégie repose sur deux piliers fondamentaux. L’accompagnement solidaire pour la petite agriculture à travers des projets de reconversion et d’agrégation. Sa réussite dépenderait de la mobilisation d’investissements sociaux et de l’adhésion des bailleurs de fonds. L’autre pilier cible un développement agressif d’une agriculture à haute valeur ajoutée. Celle-ci devrait attirer une nouvelle vague d’investissements de l’ordre de 10 milliards de DH/an. Le tout autour de projets d’agrégation.


    Copag: Champion national de l’agrégation

    «Nous avons déjà au Maroc toutes les recettes du succès», rappelle Akhannouch, pour appuyer la faisabilité de sa nouvelle stratégie agricole. Et à titre d’illustration, il cite l’exemple de la Copag, cette coopérative de la région de Taroudant, qui a réussi à monter de bout en bout une filière offrant des produits laitiers de qualité. Aujourd’hui, cet agrégateur dépasse de loin ses premières frontières ainsi que ses objectifs de départ. La coopérative fédère actuellement 112 personnes physiques et 69 entités morales regroupant 14.000 éleveurs. Elle emploie 3.200 collaborateurs et génère un chiffre d’affaires annuel de 1,9 milliard de DH. Le tout provient de productions aussi bien végétales qu’animales. Copag dispose en effet d’un troupeau Holstein de 80.000 têtes, dont 45.000 vaches laitières produisant plus de 170 millions de litres de lait et autres produits dérivés. Elle conduit aussi 4.000 ha d’agrumes et 1.100 ha de primeurs. Et, depuis fin 2005, elle a initié des mégaprojets dans le Gharb et la région du Loukkos. Mazaia, est le nom de ce grand projet de 1.185 ha acquis dans le cadre de la première tranche de l’opération partenariat public/privé autour du bail du domaine privé de l’Etat. Elevage et cultures d’exportation demeurent les principales activités. Histoire d’être proche du marché européen mais aussi d’irriguer le centre du pays par les produits laitiers à partir du nord. Les objectifs portent sur la production de 18 millions de litres de lait et 20.000 tonnes d’agrumes. Le tout pour un investissement de 120 millions de DH. La ferme est super équipée en infrastructures d’irrigation et de conduite d’élevage ainsi qu’en matériel agricole. Mais la force de cette réalisation réside aussi dans la concentration de la matière grise par ha: ingénieurs spécialisés, techniciens et ouvriers qualifiés encadrent la production. Et, les dirigeants de Copag n’ont pas l’intention de s’arrêter là. Deux autres projets sont d’ores et déjà inscrits à l’ordre du jour. Le premier à Sidi Allal Tazi s’étend sur une superficie de 380 ha devrait accueillir 1.000 génisses laitières pour un investissement de 61 millions de DH. Le second, dans la région de Kénitra, couvre 480 ha et doit aussi compter 1.000 génisses et réserver 200 ha aux agrumes.


    Maamora Prim ouverte à l’agrégation

    «L’analyse de l’agriculture marocaine et son environnement nous a permis de relever de nombreux points positifs», confie Thierry Jean Five Senses. Constatant que les divers plans de développement économique et social placent l’agriculture en tête des priorités, notre groupe a décidé de s’installer au Maroc, poursuit le PDG de Maamora Prim, société agricole opérant dans la région de Kénitra sur une exploitation de 360 ha relevant du domaine de Sogeta. Filiale de Primor Fruit, installée dans la région de Séville en Espagne, Maamora Prim a été créée en 2002 suite à une convention de partenariat avec Sogeta passée sous l’égide du ministre de l’Agriculture à l’époque. Le groupe se distingue, depuis sa mise en place à Séville en 1971, par une politique de recherche de la qualité fondée sur deux piliers: des programmes de recherche appliquée orientés vers la diversification variétale et une intégration des techniques agricoles alliant la compétitivité et la sauvegarde de l’environnement. Le tout moyennant l’agrégation d’agriculteurs performants. Aujourd’hui le groupe commercialise 100.000 tonnes de fruits et légumes à travers le monde. Au Maroc, il pratique pour le moment la culture des asperges blanches. «Pour répondre à la demande croissante en produits haut de gamme et afin de couvrir le calendrier annuel de production, ce qui est possible au Maroc, nous avons initié ce projet», précise Thierry Jean Five Senses. Le projet d’asperges s’étend actuellement sur 230 ha et a intégré toute la chaîne de la production et du conditionnement sur place pour une mise en marché dans les 48 heures sur les principaux marchés européens. Un millier de tonnes est ainsi exporté chaque saison, qui s’étale du 15 février au 15 mai. Entre la cueillette et le conditionnement, ce sont 1.000 salariés à prédominance féminine qui s’y activent. Auparavant, un investissement de 90 millions de DH a été consenti: électrification, aménagements fonciers et hydro-agricoles, équipement en matériel, installation de la culture et construction d’une station de conditionnement sur 5.000 m2. L’exploitation assure aussi une production de près de 1.000 tonnes de pêche et nectarine. A. G.

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