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    «L'avenir de l’Union pour la Méditerranée se traitera à Fès«
    Entretien avec Roland Dumas

    Par L'Economiste | Edition N°:2785 Le 27/05/2008 | Partager

    Roland Dumas, ancien ministre français des Affaires étrangères, participera au congrès international sur «L’Union pour la Méditerranée: quelles conditions pour quelles perspectives?» qui aura lieu du 4 au 6 juin à Fès. Initié par le Centre marocain interdisciplinaire des études stratégiques et internationales (CMIESI), le forum «Une âme pour la mondialisation», la municipalité de Fès et la Fondation «Esprit de Fès», en collaboration avec plusieurs partenaires marocains et étrangers, ce congrès réunira plus de 150 personnalités. Dumas livre dans cet entretien son analyse autour du projet de l’Union pour la Méditerranée (UPM), un mois avant le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement qui aura lieu à Paris. - L’Economiste: Quelles sont les leçons à tirer du processus de Barcelone. Est-ce que pour vous c’est un échec?- Roland Dumas: Je ne pense pas que le processus de Barcelone soit un échec. Il s’insère dans la longue liste des tentatives qui sont faites pour «animer» la Méditerranée. Il aura été une étape utile dans le processus qui va se mettre en place dans le cadre européen, mais je pense que ce processus sera long et qu’il faudra beaucoup de bonne volonté de tous pour parvenir à un résultat convenable.- Pensez-vous que l’Union pour la Méditerranée est une évolution favorable? - Je le pense en effet. Depuis que la Méditerranée existe, ses partenaires essayent d’en faire un ensemble unifié, utile et qui aurait sa place sur l’échelle mondiale. La situation dans le Proche-Orient complique les choses et la difficulté viendra de ce côté-là. L’UPM peut être de nature, avec le concours de l’Europe, à faciliter les solutions et les contacts. Le départ est douloureux et difficile. Mais les éléments sont là, la volonté des partenaires aussi et l’Europe est de plus en plus une force attractive qui permettra de progresser. Je me permettrai de rappeler à ce sujet que j’ai reçu moi-même des mains du Roi du Maroc défunt la demande d’adhésion du Maroc à l’Europe lorsque la France présidait la Communauté européenne. C’est dire que venant de loin, ce désir d’union entre l’Afrique du Nord et l’Europe existe depuis longtemps.- L’UPM est une initiative relancée par la France, après désaccord avec l’Allemagne. Est-ce qu’il n’y a pas un risque d’hétérogénéité politique?- Je ne pense pas que l’initiative lancée par la France soit un obstacle, bien au contraire. Ce n’est pas la première fois qu’elle prend l’initiative. J’ai parlé moi-même de la remise par le Roi du Maroc de sa demande d’adhésion à l’Europe. Je peux de la même façon souligner l’importance que j’avais donnée, comme président de la Communauté européenne, au dialogue entre le Nord et le Sud, les 5 + 5, qui peut être considéré comme une amorce de ce qui se prépare aujourd’hui. J’avais en effet imaginé qu’il était trop difficile et trop rapide de préparer un projet global qui réunirait toute la Méditerranée. Le projet que j’avais mis au point était celui de la Méditerranée occidentale d’un côté: Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Mauritanie. De l’autre - côté européen: l’Espagne, le Portugal, la France, l’Italie et la Grèce. C’était un bon départ. Il mérite aujourd’hui d’être salué comme une proposition qui a été utile.- Quels objectifs concrets fixez-vous pour ce projet?- Je pense qu’il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs. Si l’on formule déjà des projets, les querelles vont commencer. Je suggèrerais donc une étape intermédiaire. Pourquoi ne pas créer une commission des Etats qui aura pour tâche de régler, d’une part, les problèmes qui vont apparaître et, d’autre part, d’accueillir les projets tels que certains pays pourront les formuler. Cette solution aurait l’avantage d’atténuer les heurts qui ne manqueraient pas de se produire dans une réunion plénière où l’on voudrait traiter de tout, du global et du particulier.- Quelles sont vos recommandations concrètes pour contribuer à établir une véritable Union pour la Méditerranée? - Je crois avoir répondu à cette question en suggérant la création d’une commission d’accueil et de règlement. J’aimerais que ce point soit mis à l’ordre du jour du congrès qui se tiendra à Fès du 4 au 6 juin. En tout cas, l’avenir du projet de l’UPM dépendra de la réussite de ce congrès.


    Un monstre de la politique

    Roland Dumas reste incontestablement l’une des figures emblématiques de la diplomatie française et européenne. Cet avocat est élu député UDSR de la Haute-Vienne en 1956. Il fut député FGDS de Corrèze de mars 1967 à juin 1968, puis député socialiste de Gironde de mars 1973 à mars 1978. Pour finir, il est élu député socialiste de Dordogne de juin 1981, mars 1986 et juin 1988. Étant ministre pendant cette période, il ne siégea que de juin 1981 à janvier 1984 puis de mars 1986 à mai 1988. En mars 1993, il est emporté par la vague bleue. En décembre 1983, il est nommé ministre des Affaires européennes puis en plus porte-parole du gouvernement (en juin 1984). En septembre 1984, il est ministre des Relations extérieures du gouvernement de Laurent Fabius.Président de la Commission affaires étrangères pendant la cohabitation, il retrouve le Quai d’Orsay après la seconde victoire de François Mitterrand en 1988 jusqu’en 1993, avec le portefeuille de ministre des Affaires étrangères. Propos recueillis parYouness SAAD ALAMI

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