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    Economie

    Pinseau: "la médina deviendra le coeur de Casablanca"

    Par L'Economiste | Edition N°:29 Le 14/05/1992 | Partager

    Suite à la conférence organisée par le Collège des Architectes de Casablanca le 5 Mai sous le thème "les perspectives de la ville de Casablanca en l'An 2010, M. Pinseau a consacré une interview exclusive à l'Economiste.

    L'Economiste : En tant qu'architecte, que pensez-vous de l'urbanisme qui répond à un besoin fonctionnel? Ne constitue-t-il pas une entrave à la liberté de l'architecte?
    Michel Pinseau: L'urbanisme n'est pas une entrave à l'exercice de la profession d'architecte. Bien au contraire, l'urbanisme est fait pour créer les guides qui vont régir le développement des villes. D'ailleurs, il est beaucoup plus facile pour un architecte de travailler, par exemple, dans la perspective des Champs Elysées que de travailler dans un lotissement hasardeux. Donc si l'urbanisme ne régit pas le développement de la cité par une réglementation ou des plans, elle se développe d'une façon anarchique uniquement régie par des opportunités foncières. De ce fait, on obtient un développement urbain qui est une juxtaposition de lotissements sans aucune âme, aucune des actions majeures qui structurent une ville, qui lui donnent son agrément comme des grands boulevards, des jardins publics qui ponctuent la ville et qui finalement, lui donnent son charme.

    - Comment comptez-vous gérer le transfert de population?
    - Il y a une méthode qui consiste à mettre en place des sociétés d'aménagement soit d'économie mixte ou d'Etat. Il est souhaitable que dans un cas comme celui-ci que l'Administration soit présente tout au moins en tant qu'associée à l'opération. On procède petit à petit au rachat des immeubles à leurs propriétaires et on essaye de se défaire des locataires. La solution consiste à offrir des compensations financières ou des logements de meilleure qualité. Cette offre de logement peut être faite sur place si l'on procède par le biais d'opération-tiroir. Il s'agit de démolir une partie du quartier, de reloger les gens de ce quartier dans la partie reconstruite et ainsi de suite jusqu'à restructuration totale. Cette formule a l'avantage de ne pas déplacer les populations. Il est également possible d'offrir aux populations un certain nombre de choix sur des opérations d'Etat ou d'économie mixte qui leur permettent de choisir entre deux, trois, ou quatre quartiers à proximité de leur famille ou de leur travail. Ce sont là des opérations qui ne sont pas simples. Elles demandent beaucoup de doigté et il faut aborder les propriétaires et les locataires avec beaucoup de diplomatie.

    - Vous projetez de réaliser ce genre d'opérations à Casablanca?
    - Il va y avoir une expérience de ce type au niveau de la grande percée, qui va partir de la grande Mosquée, entre la bibliothèque et le musée, qui va rejoindre un premier axe où il y aura une salle de congrès. Ensuite avec une orientation qui va remonter légèrement vers le Nord-Est, passer devant la porte de Marrakech où il est prévu d'installer le futur théâtre et atteindre l'ex-place MohammedV qui est actuellement la place des Nations-Unies. Cette grande percée, très importante dans la structure urbaine de Casablanca, passera par l'extension de la médina moderne. Cette médina est celle qui a été faite à partir de 1914. Les constructions sont de qualité médiocre. L'opération prévue fera de ce quartier le coeur de Casablanca, son centre d'intérêt. C'est une opportunité pour la ville de Casablanca mais c'est aussi une opportunité pour les populations de ces quartiers qui bénéficieront de logements de meilleure qualité. L'essentiel est que les gens le comprennent et surtout qu'on le leur explique.

    - Pourquoi le coût des terrains est si élevé à Casablanca?
    - Actuellement, la spéculation foncière est la façon la plus simple, la moins fatigante et la plus sûre de se faire de l'argent.
    - Qu'en est-il de la pollution? (air - eau)
    - La pollution industrielle est relativement faible. Il n'y a pas vraiment, en dehors d'une raffinerie, les cimenteries ayant été évacuées, d'industrie polluante à Casablanca. En revanche, là où la pollution est grave c'est au niveau du système des égouts qui se fait par rejet direct à la mer tout le long de la côte.
    - Où en est le projet de métro?
    - Pour l'instant, il est en stand by.
    - Pour quelle(s) raison(s)?
    - C'est une raison qui dépend de l'Administration Générale. Il semble que compte tenu du rapport du coût et de l'utilité du métro, il n'y ait pas un bon mariage des deux. La décision finale incombe à l'Administration Générale.
    - Et l'inauguration de la Grande Mosquée Hassan II?
    - D'ici la fin de l'année, les travaux seront largement finis. C'est peut-être vague mais il y a un certain nombre de mesures à prendre pour que la Mosquée soit inaugurée d'une façon définitive et avec tout le respect qu'on lui doit. Je pense en particulier à l'assainissement dont nous parlions. Il n'est pas acceptable que les égouts puissent se déverser à la mer au contact de la Mosquée.

    Propos recueillis par Naïma Hader

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