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    Pêche hauturière : Création d'une nouvelle association

    Par L'Economiste | Edition N°:56 Le 03/12/1992 | Partager

    Les sociétés de pêche hauturière à capital mixte maroco-chinois étaient considérées comme les dernières arrivées pour aggraver la surexploitation des côtes. Elles créent une association, se réclament de la "bonne gestion", réfutent la crise.

    Une association de pêche hauturière est en instance de création. Il s'agit de l'Union Marocaine des Armateurs de Pêche (UMAP), composée jusque là de sociétés de droit marocain à capital mixte maroco-chinois. La création de cette nouvelle association tente de mettre en relief les revendications de sociétés se disant en "bonne gestion financière" jusque là marginalisées. Créant leur propre association, ces sociétés espèrent, également, ne plus être considérées comme sinistrées.

    La gestion de ces sociétés est marocaine. L'encadrement sur les navires est chinois. Le personnel est, quant à lui, en voie de marocanisation à 50%. Ces sociétés possèdent 67 navires, soit, selon les membres de la future UMAP, 20% de la flotte marocaine. Un bateau produit 800.000 à 1 million de Dollars par an, soit un volume annuel d'environ 300 tonnes.

    La création de cette nouvelle association répond à deux objectifs principaux. D'abord, elle permettra aux sociétés qui la composent de ne plus être "marginalisées". Présentées dans un même lot, leurs revendications n'étaient pas toujours prises en compte au niveau ministériel, du fait qu'elles paraissaient dérisoires par rapport à celles des sociétés en crise. Ces revendications spécifiques ont généralement trait, par exemple, aux possibilités de soutage du gazoil en mer.

    Le deuxième objectif de cette association est de sensibiliser le public sur le fait que l'ensemble du secteur n'est pas sinistré. "Nous ne voulons plus que l'ensemble du secteur soit considéré comme sinistré", déclarent les membres du bureau de l'UMAP.

    "Seules les entreprises qui connaissent des problèmes de gestion ou qui ont connu un mauvais montage financier sont en crise", ajoutent-ils.

    Concernant le montage financier, ces sociétés à capital mixte maroco-chinois ont contracté leurs crédits en Dollars, alors que pour d'autres, les crédits ont été libellés en monnaies européennes (Deutchmarks, Francs français et Pésétes...) ou japonaise. Ainsi, ces dernières sont toujours à la merci des fluctuations monétaires, puisque leurs produits sont vendus en Dollars.

    En effet, afficher que le secteur de la pêche hauturière est, dans son ensemble, un secteur sinistré, porte préjudice à ces entreprises. "Il est devenu courant que les fournisseurs demandent un paiement immédiat des factures, même pour les montants les plus dérisoires", précisent les dirigeants de ces sociétés.

    La différence de leur situation par rapport aux autres sociétés du secteur vient du fait qu'elles ont été créées récemment, vers la fin des années 1980. "Nous avons créé nos sociétés à un moment où la situation d'opulence était révolue et ce, sans la garantie de l'Etat", expliquent les membres de la future UMAP. "Elles ont aussi, dés le départ, bénéficié des expériences de celles qui les ont précédées", ajoutent-ils.

    Les autres raisons évoquées de la bonne santé financière de ces sociétés consistent en un faible coût d'acquisition de bateaux. Ces derniers, acquis en Chine, sont à des prix inférieurs de 40% de tout navire fabriqué en Europe. Ces chalutiers sont mieux adaptés aux côtes marocaines grâce à la "fiabilité de leurs technologies" (réparation facile. simple et peu coûteuse) et à la faiblesse de leur consommation en gazoil. En effet, "la pêche sur les côtes marocaines ne nécessite pas de bateaux à moteur très puissant, ni très sophistiqué". Il en résulte que ces sociétés ont un rapport chiffre d'affaires/charges favorable malgré les fluctuations des cours de ventes et des ressources halieutiques de la région, ajoutent-ils.

    De plus, la masse salariale est moins élevée, car l'utilisation d'équipages maroco-chinois, à l'inverse d'autres équipages mixtes, permet d'obtenir "un ratio masse salariale/chiffre d'affaires des plus bas de la zone", précisent les membres du bureau de la future UMAP.

    L'UMAP (1) est ouverte à toutes les sociétés quelle que soit la composition de leur capital. L'association sera disponible, par ailleurs, à collaborer avec les autres associations de pêche sur les problèmes généraux du secteur. Son siège sera basé dans l'enceinte du port d'Agadir. Elle sera dirigée, en plus des membres du bureau, par M. Taoufik Lakhdar - Ghazal qui a déjà plusieurs années d'expérience dans le secteur.

    L.T.

    (1) L'association des crevettiers est, également, en instance de création.

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