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OMP: Le verdict tombe

Par L'Economiste | Edition N°:23 Le 02/04/1992 | Partager

Le Tribunal devait rendre son verdict le Jeudi 2 Avril dans l'affaire qui a opposé les deux associés de l'Omnium Marocain de Pêche. A l'heure où nous mettons sous presse, les attendus du verdict n'étaient pas connus.
Les observateurs estimaient néanmoins qu'il ferait référence aux précisions apportées par les témoins de la partie civile , M. Hassan Zarrouk. Ces précisions ont en effet été jugées "déterminantes" par les observateurs.
Le parquet, dans ses conclusions présentées à l'audience du 17 Mars et, précisément à la lumière de ces témoignages, demandait l'acquittement de l'accusé, M. Mohamed Laraki. Il demandait aussi la liberté de ne pas poursuivre la présente affaire, au motif que "les données qui en étaient la base s'avéraient exemptes d'objectivité".
Le même jour, Me Teber, avocat de la partie civile, persevérait à solliciter du tribunal qu'il prononce la culpabilité de M. Laraki suite "aux aveux clairement exprimés par ce dernier devant la juridiction pénale".
L'avocat de la défense, Me Andaloussi, plaidant 7 heures durant le 18 Mars, consacra une large part de sa plaidoierie à démontrer le manque de fondement des griefs reprochés à son client. Il s'est également attardé sur l'utilisation des sommes, objet des montages financiers qui ont servi à la création et au fonctionnement de l'OMP. La défense précède ainsi les éventuelles poursuites des pouvoirs publics à propos des opérations de sur-évaluation , les fameux "gonflages".

Le "jeu de la vérité"

Pour comprendre comment ce conflit entre les deux associés d'OMP et dont les prémices remontent officiellement à fin 88, en est arrivé au verdict aussi rapidement, il convient de mettre l'accent sur la stratégie de la défense.
En optant d'emblée pour le "jeu de la vérité", la défense contribuait à abattre bon nombre de cartes maîtresses de l'accusation. Ainsi, à titre d'exemple, le fameux "prêt" de M. Zarrouk en faveur de son associé pour financer sa quote-part dans le capital social de l'Omnium ne repose sur aucune convention écrite, ne fait l'objet d'aucune garantie...
Ont ainsi été dévoilées de multiples montages et opérations fictives; Elles tendaient à faire prendre des circuits compliqués aux recettes des ventes de poisson, de manière à les rapatrier sous forme de prêts.
Ces opérations qualifiées de "spéciales" portaient aussi sur les produits des sur-évaluations ou encore sur les investissements d' infrastructures, ou, enfin, sur des factures d'achat et de construction des bâteaux.
La défense a ainsi réduit la portée réelle du préjudice dont se plaint M. Zarrouk.

Préjudices spéciaux

Les témoignages des personnes citées par la partie civile et sous la foi du serment ont largement confirmé l'assentiment
du plaignant à toutes les opérations dites "spéciales".
Par conséquent, les préjudices devenaient eux mêmes "spéciaux".
Ces éléments peuvent expliquer partiellement l'attitude du parquet qui revient en quelque sorte sur sa décision d'accorder les poursuites. Il déclare qu'en donnant son accord aux actes et opérations de son adversaire, M. Zarrouk ne pouvait se dire financièrement lésé.
Me Andaloussi n'a pour sa part pas manqué de souligner cet état de fait en déclarant lors de sa longue plaidoierie que "le ministère public avait allègrement franchi le pas en autorisant les poursuites à l'égard de son client, se contentant des déclarations tronquées contenues dans les procès verbaux de la police judiciaire...".

En revanche, le Procureur du Roi a bien précisé que les contraventions à la réglementation de l'Office des Changes et des Douanes restent un motif pour lancer l'action publique. Ce qui pouvait se faire notamment à la requête de l'Administration des Douanes. Cette dernière a entamé une procédure en ce sens en se constituant partie civile le 26 Mars. Elle étudie notamment la conformité des opérations à la législation des changes.

La Caisse Centrale de Garantie

Reste une autre entité à laquelle le parquet ne fait pas allusion. Il s'agit de la Caisse Centrale de Garantie.
Cette dernière détient actuellement les dossiers des deux parties et procède à une étude pour évaluer l'impact des opérations en cause sur la solvabilité de l'OMP.
De bonne source à la Caisse, on indique que "les objectifs de la CCG sont de récupérer les capitaux garantis au cas où ils n'auraient pas été réinjectés dans la société".
Dans ce cas, il n'est pas impossible que les pouvoirs publics en demandent réparation.
Enfin, la Caisse précise bien que sa mission n'est pas de sanctionner mais de recouvrer ses créances.
Dans ce cas, la tâche des avocats de la défense consisterait à faire valoir les vertus du principe selon lequel la fin aurait justifié les moyens...

Naïma HADER

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