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    A la base de l'accord Bull-IBM: l'enjeu de la technologie RISC

    Par L'Economiste | Edition N°:23 Le 02/04/1992 | Partager

    En sélectionnant quelques créneaux porteurs comme les "notebooks" et les communications, Bull, le constructeur informatique français délaissera ses "mainframes" traditionnels à systèmes propriétaires pour miser sur son architecture logicielle DCM, sur l'ouverture et sur les services. L'accord signé avec IBM s'inscrit dans cette logique: il permettra à Bull de partager de lourds investissements en recherche développement, de gagner en crédibilité et de bénéficier du savoir faire de son partenaire, en particulier dans le domaine de la technologie RISC (Réduced - Instruction - Set Computing).

    Pour les clients de Bull dans le monde, et au Maroc, les avantages majeurs qui se dégagent de l'alliance sont au nombre de trois.
    Les clients sauront ainsi:
    - bénéficier d'une gamme complète de stations de travail et de serveurs qui s'ajoutent aux systèmes DP X /2 actuels;
    - les clients de Bull pourront désormais accéder à la large bibliothèque développée par les sociétés de service en Ingénierie informatique (SSII) sur la nouvelle technologie RISC;
    - enfin grâce à l'interopérabilité des applications sur des systèmes hétérogènes et à l'utilisation des réseaux de communication Bull protège les investissements de ses clients.
    Le Distributed Computing Model est l'illustration de la stratégie Bull visant à fournir un cadre et des services permettant de concevoir, mettre en oeuvre et faire fonctionner des systèmes ouverts et distribués.
    Jouant le rôle de "ciment" entre les architectures diverses des autres constructeurs, le DCM permet l'intégration de produits d'autres fournisseurs dans des systèmes d'information hétérogènes mais ouverts.

    L'accord Bull-IBM

    C'est le 28 Janvier 1992 que les multinationales Bull et IBM ont signé un accord de coopération. L'arrivée du constructeur américain s'est justifiée par l'évolution de l'industrie informatique. Avec la de demande des systèmes propriétaires et la croissance des systèmes ouverts, les simples constructeurs de matériel ne peuvent survivre et doivent de plus en plus se consacrer aux activités des prestataires de logiciels et services.
    Il lui fallait donc pour développer sa gamme de mini-ordinateurs la plus rentable dans l'avenir, s'appuyer sur une technologie forte et s'allier avec des partenaires adéquats.
    L'accord signé avec IBM donne de nouveaux atouts à Bull. Avant tout, Bull va recevoir de l'argent frais puisqu'IBM prend une participation de l'ordre de 5 à 6% dans le capital de Bull pour un montant probable d'environ 100 millions de Dollars.
    Parmi les domaines abordés dans l'accord, le plus important porte sur l'adoption par Bull des micropro-cesseurs RISC (Reduced Instruction Set Computing) d'IBM car la technologie RISC est l'un des enjeux majeurs des années 95. Elle sera utilisée dans les stations de travail, dans les grands systèmes et même dans les micros-ordinateurs.
    Bull qui avait commencé à développer une puce RISC, y a renoncé au profit d'autres technologies, faute de moyens financiers. Ne pouvant prétendre participer à la bataille entre IBM, DEC, Hewlett, Packard et Sun pour imposer un nouveau standard, Bull a donc préféré utiliser la technologie du premier d'entre eux. Bull évite ainsi d'investir lourdement dans le domaine de la technologie RISC tournant sous environnement UNIX mais apporte sa propre valeur ajoutée en continuant à développer des multi-processeurs. Bull va de plus partager avec IBM certaines dépenses de recherche et développement.
    L'accord permet aussi à Bull de retrouver une crédibilité accrue sur ses machines et valorise son parc existant de machines.
    Il rassure ses clients sur sa pérennité d'autant plus qu'il va désormais proposer une offre plus large en partenariat avec le leader mondial.
    L'alliance porte également sur le marché des micro-Ordinateurs, en lui permettant de réaliser des volumes des ventes qui compensent la faiblesse des marges. Bull peut ainsi faire "sortir de l'ombre" sa filiale Zenith Data systems qui fournira à IBM quelques 150.000 portables. Grace à cet accord, l'alliance avec IBM lui assure une nouvelle assise technique et financière.
    Enfin, l'adossement à un système ouvert de type RISC et son partenariat IBM renforcent la viabilité de son architecture logicielle DCM autour de laquelle s'articule désormais toute l'offre Bull.

    La stratégie des produits

    L'arrêt de la croissance du marché, le déclin des systèmes propriétaires qui les faisaient vivre les constructeurs dans un monde clos et protégé, le plébiscite par les clients des systèmes ouverts, la banalisation et la standardisation du matériel, le poids des investissements en recherche et développement. Toutes ces contraintes ont poussé Bull à élargir son champ d'action.
    S'il veut survivre, Bull doit, selon son président, Francis Lorentz, devenir un "offreur de solutions globales, détenant une spécialisation dans certaines technologies et applications sectorielles" afin de se différencier de concurrents agressifs du Sud-Est asiatique. Du stade de fabricant de matériel généraliste, Bull évolue peu à peu vers celui de concepteur de software, proposant des logiciels et des services en s'adjoignant, quand cela est nécessaire, des compétences de partenaires spécialisés comme les SSII.
    La part des logiciels et services dans son chiffre d'affaires de par le monde, augmente régulièrement depuis des années et s'est élevée en 1991 à 40%. Et l'objectif du groupe est d'atteindre les 50% en 1995. A elle seule, son activité intégration de systèmes représente déjà 5% du chiffre d'affaires et pourrait atteindre les 12% d'ici à trois ans.

    Valoriser l'offre

    De plus, le groupe mise désormais sur son architecture logicielle DCM, ouverte et distribuée, qui va structurer tous les développements futurs de son offre de produits.
    A travers le DCM-Distributed computing Model, Bull propose des solutions globales associant des plates-formes matricielles, des systèmes d'exploitation, des outils logiciels, des applications, des réseaux et des services.
    Bull qui avait misé sur une architecture matérielle traditionnelle basée sur les mainframer change de cap grace au DCM qui en 1992 représentait près de 50% de ses investissements en recherche développement.
    Si pour le hardware supportant le DCM, Bull s'appuie encore sur son parc d'ordinateurs (Bull DPS), il se tourne sans cesse davantage vers les machines construites avec des partenaires que ce soit les grands systèmes ( NEC), ou dans la mini-informatique, sous environnement UNIX, les ordinateurs à base de processeur RISC, mis au point par IBM. La démarche du groupe français consiste à acquérir et non plus de développer lui même, des technologies devenues des standards afin de valoriser son offre.
    Du côté logiciel, Bull applique une politique identique. Il a par exemple, acheté le logiciel Visual Basic de Microsoft pour l'adapter dans son architecture DCM. Pour se différencier de ses concurrents, Bull doit donc miser sur ses propres applications.
    En se spécialisant sectoriel-lement et en s'alliant avec des SSII (comme Steria ou Sligos) pour développer son offre de services, il s'agit pour Bull d'envisager une croissance au niveau mondial pour résister à ses concurrents.

    RISC: l'essor d'une architecture

    C'est au début des années 70, à l'université américaine de Berkeley, qu'ont débuté les premiers développements sur la technologie RISC (Réduced Instruction Set Computing) permettant une exécution rapide des programmes grace à un jeu simplifié d'instructions. Cette architecture permet d'exécuter, lors d'un même cycle marchines, jusqu'à 4 instructions. Conçue à l'origine pour les stations de travail scientifique haut de gamme, cette technologie fut mise au point en 1975 au Centre de Recherche IBM Thomas J. Watson de Yorktown Heights (Etat de New York). La première machine expérimentale RISC IBM. L'IBM 801, a vu le jour en 1976.
    Il a cependant fallu attendre le milieu des années 80 pour que les premiers prototypes quittent les laboratoires de recherche pour entrer en fabrication.
    Le principe de l'architecture RISC repose sur l'optimisation globale d'un flot d'instructions de longueur fixe plutôt que sur l'amélioration séparée de chaque instruction, privilégiée dans les architectures traditionnelles CISC (Complex Instruction Set Computing).
    Grace à ses performances, la technologie RISC connaît un développement très rapide sur le marché. Les observateurs du marché informatique prévoient une croissance exponentielle de cette architecture jusqu'au milieu des années 90. Selon la RISC Management Newsletter de Janvier 1991, les livraisons de processeurs RISC ont plus que doublé en 1990. La base installée totale représente un chiffre total de 41,6 milliards de Francs Français avec environ 1,5 million d'unités dans le monde.
    Outre un meilleur rapport prix-performances, la technologie RISC offre aussi des cycles de développement plus courts, accélérant l'introduction de nouveaux produits sur le marché. On considère qu'il faut en général pour développer un processeur RISC la moitié du temps nécessaire pour un processeur CISC de performance équivalente.
    Grace au RISC, les clients peuvent désormais disposer de plateformes très rapides pour excécuter leurs applications avec des gains de productivité très importants. Utilisable pour différents niveaux de puissance la technologie RISC permet aux utilisateurs d'utiliser un éventail plus large de matériels, tous compatibles, protégeant ainsi leurs investissements en application et en formation.
    De plus, l'architecture RISC et le logiciel d'exploitation UNIX offrent une bonne complémentarité, UNIX étant lui-même un système d'exploitation en pleine expansion. Utilisé à l'origine pour des applications scientifiques et techniques, le mariage RISC-UNIX offre des atouts importants pour les applications de gestion.

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