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    Economie

    Conférence de Casablanca : Le privé intéressé recherche plus de sécurité

    Par L'Economiste | Edition N°:152 Le 03/11/1994 | Partager

    L'amorce d'un développement économique dans la région du Moyen-Orient impose la concrétisation de la paix. Les Etats et les hommes d'affaires sont appelés à développer un nouveau type de partenariat.

    L'un des premiers objectifs du Sommet Economique sur le Moyen Orient et l'Afrique du Nord, qui s'est tenu du 30 octobre au 1er novembre à Casablanca, a été la sécurisation du processus de paix. Cette consolidation de la paix devrait être appuyée par le volet économique qui prendrait le relais sur le volet politique à long terme. Le développement industriel de la région aura pour conséquence immédiate l'augmentation du niveau de vie des populations et partant, la consécration du processus de paix.

    A l'instar de la construction de l'Union Européenne qui s'est effectuée autour du charbon et de l'acier, une communauté économique du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord devrait se faire autour de l'infrastructure (l'eau essentiellement) et du tourisme. Mais il est espéré que cette nouvelle entité prenne moins de temps pour sa mise en place. Déjà, concernant le tourisme, il a été décidé l'établissement d'un Bureau régional en vue de promouvoir la région comme "une destination unique et attractive"

    Du point de vue économique, l'apport du Sommet de Casablanca est qu'il a permis le contact entre les chefs d'Etat de la région et les hommes d'affaires de grande renommée venus des quatre coins du globe. En effet, le Sommet a regroupé 200 décideurs politiques venus de 60 pays et 1.100 hommes d'affaires. Les Etats sont appelés à sécuriser l'investissement et à mettre en chantier des travaux de grande envergure via les accords bilatéraux et multilatéraux. Des privés ont émis l'idée de faire jouer la Garantie des Investissements (MIGA) de la Banque Mondiale.

    Les potentialités d'investissements sont très importantes, notamment dans la région moyen-orientale qui a souffert de la guerre depuis 1948. Les projets d'infrastructures sont nombreux: routes, ports, barrages, électricité, télécommunications...

    Au cours de la Conférence, les participants ont ainsi souligné les besoins urgents en matière de développement économique de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza. Par ailleurs, des projets représentant 25 milliards de Dollars ont été discutés. Il s'agit notamment de deux canaux de la Mer Morte à la Méditerranée et à la Mer Rouge, une autoroute reliant la Syrie à l'Egypte, et enfin des barrages pour une gestion commune de l'eau...

    Par ailleurs, l'article 10 de la Déclaration Finale précise l'établissement d'un Conseil des Relations Extérieures au sein duquel le secteur privé " fera des recommandations en matière de stratégies, de coopération économique régionale et de moyens de remédier aux obstacles au commerce et à l'investissement privé" Aussi, pour concrétiser l'apport du privé et sa collaboration avec le public, il a été également décidé la création d'une Chambre de Commerce et d'un Conseil d'Affaires.

    le privé à la recherche de fonds

    En effet, au-delà de la réalisation de projets sur la base de dons ou de crédits multilatéraux, le privé est appelé à identifier des projets et à apporter les fonds nécessaires. A ce sujet, les grands financiers internationaux n'ont pas manqué le Sommet. On peut citer: City Corp-Citibank, Arab Bank, Salomon Brothers...Mais curieusement très peu de Français.

    Parmi les projets soufflés par des privés, qui demeurent très discrets quant à leur contenu en raison de la concurrence, sont la création d'unités d'industrie pétrochimique ou de raffineries dans les régions portuaires avec comme corollaire la construction de pipe-line.

    Dans les principales conclusions du Sommet Economique sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord figure la mise en place d'une "Communauté économique du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord" Celle ci impliquerait, "à une étape déterminée", la libre circulation des marchandises, des capitaux et des hommes dans la région.

    Le sommet recommande par ailleurs l'examen par un groupe d'experts "de différentes options" des mécanismes de financement dont la création d'une banque de développement pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Ce comité ou groupe d'experts devra établir un rapport sur les progrès réalisés ainsi que sur les conclusions et ce, dans un délai de six mois.

    Néanmoins, deux conditions essentielles déterminent le développement économique de la région. Il s'agit du boycott et de la concrétisation des accords de paix "basée sur les résolutions 242 et 338 du Conseil de Sécurité de l'ONU" En effet, Sa Majesté Hassan II a précisé lors de son discours de clôture que "ce Forum ne saurait prétendre avoir résolu tous les problèmes en suspens, des territoires arabes sont encore sous occupation et doivent absolument être libérés"

    Aussi, à maintes reprises souligné par les responsables palestiniens, et appuyé par la Déclaration Finale, il est noté le caractère impératif de cesser le bouclage des frontières des territoires palestiniens à la main-d'oeuvre, au tourisme et au commerce.

    L.T./M.O.

    Un cas pratique de coopération

    La coédition entre L'Economiste et Ha'aretz

    Sous un en-tête portant les logos des deux journaux, L'Economiste et le quotidien libéral israélien, Ha'aretz, ont réalisé en commun un quotidien. Il a été la couverture quotidienne des activités de la Conférence de Casablanca sur le Développement du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.

    Il s'agissait de la première opération jamais réalisée entre un journal arabe et un journal israélien, et qui entrait exactement dans l'esprit des travaux de cette conférence, puis qu'elle doit servir de base à un développement économique et social sur l'ensemble de la région.

    L'opération de publication conjointe est une initiative entièrement privée. Elle a été possible parce que les deux parties voulaient la réussir, même si pour ce faire l'une et l'autre devaient abandonner leur langue habituelle pour passer à l'anglais.

    L'opération a été réussie et elle a donné lieu à de multiples reportages, à travers le monde: chaîne de TV (CNN...), radios (BBC-arabe et anglais - RTL, RFI, France Info...), agence marocaine MAP, Le Figaro, Le Soir (Belgique).... pour n'en citer que quelques-uns.

    Quatre quotidiens ont donc été réalisés, du dimanche 29 octobre au mardi 2 novembre, de manière à suivre les travaux des participants d'une part et, d'autres part les relations d'affaires qui se sont nouées à l'occasion de la rencontre de 1.200 chefs d'entreprise et personnalités politiques. Quelques jolis "scoops" ont été réalisés à cette occasion: accord sur une technologie pour les schistes bitumineux, arrangement pour les télécommunications, ouvertures de bureaux de représentations de pays du Golfe en Israël, propositions de financiers privés pour soutenir l'investissement dans la région...

    Le journal a été distribué à la Conférence même, dans les hôtels où étaient logés les participants et dans les principaux kiosques des grandes villes. Les quelque 3.000 abonnés de L'Economiste ont aussi reçu les quatre numéros, en plus de leur livraison hebdomadaire.

    Les équipes rédactionnelles des deux journaux, L'Economiste et Ha'aretz, ont donc travaillé ensemble durant cette période, avec la logistique de L'Economiste, dans la frénésie habituelle des quotidiens, mais avec la difficulté supplémentaire de devoir passer par la langue anglaise, de recevoir les confrères d'autres journaux, radios et TV (qui voulaient faire des "reportages à chaud", d'expédier des articles pour Ha'aretz et pour les autres membres du réseau World Média....).

    Les équipes rédactionnelles ont été aidées par trois anglophones, MM. Jon Marks, Kevin Godier et Bill Hechickson. Ce dernier était envoyé par World Media Network.

    Rappelons que c'est la deuxième fois, au cours de l'année 1994, que L'Economiste se transforme en quotidien, en anglais. La première fois, il l'avait fait pour couvrir les travaux de la Conférence de Marrakech du GATT. A la différence de la première opération, où L'Economiste avait travaillé seul, la seconde, celle de Casablanca, est une coédition.

    Plus difficile à conduire, la coédition met en présence des habitudes de travail différentes, d'autant plus que Ha'aretz est un quotidien généraliste et L'Economiste un hebdomadaire d'économie et d'affaires. Le passage du rythme hebdomadaire au rythme du quotidien exige une intense mobilisation et un grand dévouement des femmes et des hommes, de leur intelligence professionnelle mais aussi de leur sens de l'accueil vis-à-vis des partenaires de l'opération.

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