×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Entreprises

    Monétique : Les banques multiplient les cartes de crédit à débit différé

    Par L'Economiste | Edition N°:192 Le 10/08/1995 | Partager

    A côté de la "Dinners Club", doyenne des cartes de débit différé en circulation au Maroc, apparaissent des cartes bancaires du même type, intégrées souvent dans un package moyennant un abonnement annuel. Cette nouvelle carte est souvent présentée comme une carte de crédit.

    Pour conquérir une clientèle haut de gamme de plus en plus prisée, les banques lancent tour à tour des cartes de paiement à débit différé. "En fait, la "Dinners Club" est la première carte de débit différé en circulation au Maroc", précise un professionnel.

    Quelle que soit la date de transaction, le compte du porteur n'est débité qu'en fin de mois de la totalité des montants. Cependant, des agios sont prélevés au prorata temporis et au taux normal de la facilité de caisse.

    Pour se démarquer de la concurrence, certaines banques rivalisent dans l'offre de packages, intégrant la carte à débit immédiat ou différé, assortie d'une possibilité de découvert, ce dernier étant facturé au taux normal.

    A ce produit de base viennent se greffer contrat d'assurance, affiliation à un réseau international de chaînes hôtelières à des prix réduits, location de voitures.... Ces packages sont proposés en contrepartie d'un abonnement annuel.

    Toutefois, la carte de paiement la plus courante au Maroc reste la carte à débit immédiat.

    "Dès que le centre de traitement de la banque, via le commerçant, télécollecte l'information, il traite l'information et procède au débit du porteur et au crédit du commerçant, sous bonne date de valeur". La carte à débit immédiat est ici considérée comme un moyen de paiement classique. Tout retrait est comptabilisé à la date de valeur J-1 et la transaction assimilée à une fonction de retrait courante.

    Par ailleurs, parmi les cartes bancaires, la carte "cobranding" investit lentement le marché, car elle facilite le traitement global de la relation entreprise prestataire de service/banque.

    "Outre la sécurisation, cette carte privative permet la fidélisation de la société cliente et facilite la gestion globale de son compte". A ce jour, seules les sociétés de distribution pétrolières ont établi des accords avec leurs banques domiciliatrices pour l'émission de cartes "cobranding".

    Commissions à la charge du commerçant

    En outre, pour favoriser l'interopérabilité de toute transaction et écarter la discrimination dans l'utilisation ou l'exploitation de la carte, les banques proposent dans la même carte bancaire l'affiliation au réseau d'émetteurs internationaux (Visa, Master Card, Access). "Le commerçant est alors tenu d'accepter la carte, qu'il soit client de la banque émettrice ou non", explique un banquier.

    Dans tous les cas, la commission facturée est supportée par le commerçant et varie entre 1 et 5% selon la catégorie du commerce.

    Du point de vue de la banque, l'émission de cartes de paiement (carte à débit immédiat ou différé carte privative, carte avec ou sans affiliation internationale) vise à limiter le paiement cash et donc à réduire le coût de traitement des opérations courantes.

    "L'extension de la carte est inéluctable, car le traitement du chèque comme la manipulation de l'argent requièrent une mobilisation humaine lourde, un temps de traitement et de vérification long et onéreux alors que le taux de marge bancaire ne cesse de s'amenuiser".

    Pour un large public, ces cartes, et plus particulièrement celle à débit différé, sont considérées comme des cartes de crédit. Or, s'il est fait référence à la définition de la carte de crédit, il s'avère qu'il ne s'agit là que de cartes de débit (voir encadré).

    Du côté du commerçant, l'encaisse de la facture est protégée par le contrat établi avec la banque, dans la limite du plafond autorisé.

    Le terminal de paiement électronique (TPE) valide les transactions auprès du commerçant et canalise leur rapatriement en fin de journée vers le centre de traitement de la banque.

    Le TPE est gratuit pour le commerçant et offre des avantages en termes de traitement, de sécurité d'encaisse et de rapidité de crédit du compte. De plus, le terminal mémorise toutes les opérations déjà effectuées et fournit à l'émetteur de la carte l'historique comptable.

    "Cependant, son acquisition par la banque varie entre 11 et 12.000 DH, sans compter le coût d'application et de maintenance", précise un spécialiste de la monétique.

    Le recoupement d'enquêtes menées par le GPBM et les émetteurs internationaux permet d'établir à 8.300 le nombre de commerçants dotés de TPE ou d'un "fer à repasser" ou des deux. Le nombre de TPE disponibles est évalué à 924 pour 350 porteurs de cartes. La majorité des porteurs ne possèdent que des cartes de retrait GAB, sans affiliation internationale. Ainsi, à fin 1994, sur les 350.340 cartes émises, seulement 127.400 sont des cartes de paiement, les autres étant uniquement des cartes de retrait.

    Le nombre de GAB "on line" atteint 123 contre 77 guichets "off line". A la même date, le chiffre d'affaires généré par les cartes locales et internationales atteint 2 milliards de DH.

    L'essentiel de ce chiffre (80%) émane de cartes touristiques (Visa et Master Card). Toutefois, la part des recettes issues des cartes locales est passée de 7 à 20% en l'espace d'un an seulement.

    Mouna KABLY

    La carte de crédit n'existe pas au Maroc

    La carte de crédit n'existe pas encore au Maroc, mais elle a été lancée dès les années 1950 aux USA.

    Le porteur de la carte de crédit utilise une somme mise à sa disposition sans que celle-ci ne lui appartienne et ce, pendant toute la durée du contrat. "Par ailleurs, l'affectation de ce crédit revolving est laissée à la discrétion du porteur, alors que le crédit classique est débloqué pour un objet préalablement défini", précise M. Abdeslam Alaoui Smaïli, consultant chez Hightech Paiements Systems.

    Au moment du remboursement des sommes décaissées, le montant du crédit est automatiquement reconduit pendant au moins une année.

    La durée et les modalités de remboursements varient en fonction de la qualité de la relation et du montant octroyé. La facturation de la carte de crédit est toutefois complexe.

    Outre la durée de crédit, entrent en ligne de compte la date de transaction et la date de relevé qui retrace toutes les transactions effectuées pendant la période. Enfin, la date d'exigibilité fixe la limite de la durée de remboursement sans facturation d'agios.

    Au-delà de la date d'exigibilité, le remboursement est majoré de commissions de retard. "Le calcul d'intérêts ne démarre qu'après la date d'exigibilité mais peut selon les termes du contrat être calculé soit en bonne date de valeur, soit à la date de relevé ou encore à la date d'exigibilité", précise M. Alaoui. Le choix est laissé à la discrétion de la banque émettrice.

    Selon lui, les banques facturent souvent les agios des transactions cash (retraits en GAB) en bonne date de valeur.

    Certaines banques marocaines ont innové en lançant des cartes à débit différé assorties d'une possibilité de crédit revolving d'un montant préétabli.

    Cependant, ce crédit octroyé est géré et facturé comme un simple découvert, sous bonne date de valeur et aux taux du découvert. D'autres institutions ont lancé la carte de crédit, mais le client est tenu de renouveler la demande à chaque utilisation en remplissant des formulaires.

    M.K.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc