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Médecine: Les bactéries toujours plus résistantes

Par L'Economiste | Edition N°:523 Le 07/06/1999 | Partager

· L'efficacité des antibiotiques se réduit progressivement

· Au Maroc, les antibiotiques arrivent en tête des prescriptions médicales

· Nouveaux défis pour l'industrie pharmaceutique


L'arrivée de la saison estivale constitue la meilleure période pour la prolifération des bactéries. Mais une surconsommation d'antibiotiques constitue à terme, le meilleur moyen de leur permettre de développer une résistance accrue.
Utilisés en effet comme une panacée, en importantes quantités et sans précautions, les antibiotiques risquent de devenir dans les prochaines années totalement inutilisables. "Encore dix ans sans rien faire et la catastrophe est inévitable", met en garde le Pr Patrice Courvalin, directeur de l'Unité des agents antibactériens de l'Institut Pasteur à Paris, rapporte Science et Avenir dans son numéro de juin 1999. Dans la plupart des pays développés, ils sont prescrits dans 75% des cas en médecine de ville.
Ainsi, à titre d'exemple, la plupart des prescriptions d'antibiotiques effectuées dans le cadre d'une infection ORL sont inutiles et ce, parce que la majorité de ces infections sont dues à des virus contre lesquels les antibiotiques sont inefficaces.

Capital de résistance


Les médecins ORL en France prescrivent trop rapidement des antibiotiques par crainte de complications, qui ne représentent pourtant, dans des rhino-pharyngites, que 6% des cas. En outre, sur les 8 millions de traitements antibiotiques prescrits chaque année contre des angines, seuls 1 million sont justifiés. Le gouvernement français a annoncé l'an dernier sa volonté de cesser ce "gaspillage coûteux".
Les antibiotiques ont été découverts chez des microorganismes qui disposent nécessairement du moyen de se protéger contre l'arme qu'ils fabriquent.
Parallèlement, les bactéries ont la capacité de se transmettre ce genre d'information. En outre, les résistances sont le plus souvent valables pour une famille entière d'antibiotiques. Il s'agit de résistances croisées. Les bactéries se constituent donc petit à petit un capital de résistances, augmenté de celles qu'elles peuvent aussi obtenir par des mutations génétiques aléatoires et qu'elles transmettront forcément à leurs voisines et ainsi de suite.
Au Maroc, les modes de médication ne laissent pas présager un avenir meilleur. Une enquête effectuée auprès de 4.000 médecins(1) a révélé que ceux-ci prescrivent d'abord et surtout des antibiotiques. Ces médicaments sont donc largement cités en tête, toutes spécialités et tous secteurs confondus.
Bien entendu, les laboratoires pharmaceutiques voient là de nouvelles pistes de recherche. Ils consacrent de plus en plus une grande partie de leurs moyens financiers et de leurs capacités de R&D dans la production d'antibiotiques les plus performants.

(1) Cf L'Economiste n°317 du 12 février 1998.


L'avertissement de Fleming


A partir des premiers traitements à la pénicilline en 1941, les antibiotiques ont suscité d'immenses espoirs. Les médecins de l'époque pensaient que grâce à ces médicaments, la médecine pouvait exterminer les bactéries, responsables de tous les maux. Et pourtant, Alexander Fleming, l'inventeur de la pénicilline, avait lui-même prévenu quant à la capacité de résistance de ces êtres vivants à la nouvelle molécule. Plus tard, les chercheurs ont découvert que toutes les familles d'antibiotiques étaient concernées: les bactéries apprennent à se défendre tôt ou tard. Mais il aura fallu attendre les années 90 pour qu'une réelle inquiétude s'installe. Jusque-là, les médecins confrontés à un germe résistant pouvaient choisir une autre voie: un autre antibiotique actif sur la bactérie. Cette démarche s'est révélée insuffisante au moment où certaines bactéries ont acquis des résistances multiples.

Wissal SEGRAOUI

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