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    Economie

    Maroc-Espagne: Des gisements de croissance et de contrats

    Par L'Economiste | Edition N°:3512 Le 20/04/2011 | Partager
    Regain d’intérêt pour les marchés marocains
    A Castellon, 1 entreprise sur 4 intéressée
    La coopération arrive à maturité

    La Chambre de commerce de Castellon -région de Valence, centre-est- publie ce mois-ci des chiffres révélateurs: En 2010, une consultation sur quatre sur les opportunités d’investissements à l’extérieur de l’Espagne concernait le Maroc. «Sur les 322 entreprises que nous avons reçues en 2010, 25% veulent aller investir au Maroc», explique Nela Gomez, chef du département d’information à l’entreprise à la Chambre. La tendance se poursuit selon elle: «Cela s’est accentué les premiers mois de l’année 2011 avec des entreprises qui viennent avec des projets très importants dans les secteurs du loisir, du bâtiment, du traitement des eaux et de l’ingénierie».
    Cet engouement marqué n’est pas exclusif à la région de Castellon. D’autres grandes localités industrielles s’intéressent de très près aux investissements au Maroc. Le ballet des voyages de prospection s’intensifie tel celui de la Chambre de commerce de la ville d’Alava dans la région basque située près de la frontière française. La Chambre de la région de Cartagena du sud-est de l’Espagne était là en février. Sans oublier la Chambre de commerce de Guipuzcoa au nord-est et la Chambre andalouse de Jaen qui se sont également déplacées durant le mois de mars. Des missions directes de Harramex (regroupant plus de trente marques de fabricants d’outillage) confirment cet enthousiasme. D’autres missions ont eu lieu le même mois pour le développement des marchés extérieurs de plusieurs régions espagnoles.
    Le 5 avril, plus de soixante entreprises andalouses et du nord du Maroc se sont donné rendez-vous dans le Parc technologique d’Andalousie (PTA) à Malaga, avec des projets de coopération et de création d’entreprises pour la région de Tanger-Tétouan. La très puissante Association des fabricants espagnols de produits d’hygiène (ASFEL) a aussi organisé son voyage marocain, il y a quelques mois, pour rencontrer des entreprises locales.
    L’expédition économique très attendue cette année sera menée à l’automne prochain. Une délégation provenant de la région la plus riche d’Espagne, la Catalogne (Barcelone), sera conduite par le président du gouvernement catalan, Artur Mas. Un tiers des investissements espagnols réalisés au Maroc proviennent de la Catalogne. Avec 230.000 personnes, la communauté marocaine représente, en Catalogne, la plus forte population immigrée.
    En trois mois, le nombre des entreprises espagnoles qui ont fait le déplacement pour s’enquérir des marchés et opportunités d’affaires dépasse la centaine…

    Des années dorées?

    Les opportunités sont là, assure la journaliste Maribel Amoriza du Periodico Mediterraneo: «Plus personne ne doute maintenant que les marchés extérieurs représentent l’unique issue à court et moyen terme pour les entreprises qui, en plus, préfèrent le Maroc, non seulement pour vendre là-bas leurs produits, mais pour investir dans des usines de production et l’achat d’actifs». Selon elle, «de plus en plus d’entreprises veulent suivre l’exemple de Pesfasa et Frigema qui ont bien réussi à Agadir, ou de Marina d’Or qui construit la ville de Tamesna près de la capitale Rabat, ou encore de Jobelsa qui a installé une usine de production récemment à Tanger».
    Ces dernières années, les entreprises espagnoles ont augmenté leur présence, comme Alsa, Tecmed (filiale de ACS), Endesa, Gamesa Eolia ou Isofoton qui ont pénétré le marché marocain avec d’importants projets dans le tourisme, le transport urbain, le traitement des eaux et l’énergie renouvelable. A côté, le Maroc accueille près de 600 PME-PMI espagnoles implantées dans le domaine du textile et de l’agro-alimentaire.
    Le statut avancé avec l’Union européenne permet aux Espagnols de lorgner les marchés en friche du Maroc. Les facilités octroyées aux entreprises (défiscalisation et avantage foncier notamment) encouragent les entreprises à traverser le Détroit pour s’y implanter. Surtout que l’Accord de libre-échange avec les Etats-Unis, entré en vigueur en 2006, représente une plateforme intéressante pour les sociétés espagnoles intéressées par le marché américain. C’est l’avis de Ramon Arenas, un homme d’affaires de Grenade connu pour avoir activement participé à la promotion et la création de Ditema à Settat. La ville industrielle hispano-marocaine accueillera à court-terme une centaine d’entreprises espagnoles et trente autres marocaines: Avec orgueil, Ramon Arenas déclare: «il s’agit de l’un des plus importants projets de développement et d’internalisation de la moyenne et petite entreprise espagnole. Parler de Ditema, c’est évoquer la possibilité d’exporter nos produits au Maghreb et sur le marché américain». Saâd Kettani, en sa qualité de président du Comité des entreprises hispano-marocaines, s’est déplacé en Espagne le mois dernier pour rencontrer un parterre de 70 représentants d’entreprises intéressées par le projet de Settat. La coopération économique entre les deux voisins qui se connaissent mal (lire entretien de Rosa Canadas, présidente de la fondation Tanja) entre dans une phase qualitative cruciale.

    Alberto Navarro, ambassadeur d’Espagne
    «Il faut améliorer nos images respectives»

    - L’Economiste: Comment évaluez-vous la qualité de la coopération économique et des affaires entre les deux pays?

    - Alberto Navarro: Les exportations de l’Espagne vers le Maroc ont augmenté de 12% en 2010. En outre, le Maroc représente un tiers de nos exportations vers l’Afrique. Néanmoins, je constate que les grandes entreprises espagnoles, dans plusieurs secteurs où elles sont en tête en Europe et à l’échelle globale, ne sont pas présentes au Maroc.

    - Pourtant TecMed, Endesa ou Isofoton sont bien implanteés au Maroc?

    - Je parle notamment des grands groupes dans les domaines des télécommunications, des services financiers ou des infrastructures, entre autres. Certains d’entre eux se sont retirés du Maroc alors que, en général, les entreprises espagnoles cherchent à internationaliser leurs activités davantage. Il faut inverser cette tendance et faire en sorte que le Maroc redevienne une destination de préférence pour nos entreprises. Le ministre d’Economie et des finances, monsieur Salaheddine Mezouar, et une délégation importante de membres du gouvernement marocain et d’entrepreneurs se rendront en Espagne bientôt. Il faut améliorer l’image du Maroc en Espagne et vice-versa.

     

    - Quels secteurs intéressent les investisseurs espagnols?

    - Plusieurs secteurs ont été déjà identifiés au-delà de ceux que je viens de mentionner. Les énergies renouvelables, un domaine ou l’Espagne bénéficie d’une grande expertise, vu que le Maroc présente des conditions idéales pour l’application de ce type de technologies. De même pour le tourisme. Plusieurs groupes espagnols ont déjà investi au Maroc. Je voudrais continuer à développer cette filière, augmenter les connexions aériennes, attirer d’autres entreprises vers le Maroc.

    - Que représente la zone Méditerranée pour l’Espagne?

    - L’Espagne a une claire vocation euro-méditerranéenne, et les transformations politiques, économiques et sociales dans notre région vont sans doute présenter davantage d’opportunités pour resserrer nos liens dans tous ces domaines. Et l’on doit parler nécessairement d’une approche européenne commune. Dans notre démarche, nous voulons associer le Maroc, un pays qui a été précurseur dans ces réformes et qui a un statut avancé dans ses relations avec l’Union européenne. Il faut accompagner ces transitions, et nos deux pays sont bien placés pour travailler ensemble.

    Karim SERRAJ

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