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    L'ONEP dessale l'eau dans le Sud

    Par L'Economiste | Edition N°:269 Le 27/02/1997 | Partager

    L'ONEP a construit des usines de dessalement dans le Sud selon des procédés modernes. Le coût du mètre cube produit reste néanmoins supérieur au prix de revient de l'eau potable classique.


    Le dessalement constitue la ressource en eau non conventionnelle la plus utilisée. L'ONEP et l'OCP en sont les principaux utilisateurs. Le groupe phosphatier a opté pour la distillation pour produire de l'eau à usage industriel au niveau de la société Phos Boucraâ à Laâyoune. L'expérience de l'ONEP est plus diversifiée par la variabilité des procédés utilisés. Le dessalement de l'eau de mer est utilisé dans les provinces sahariennes, notamment à Boujdour et à Laâyoune. Un document de l'ONEP note qu'en raison de la rareté des ressources en eau dans ces régions l'alimentation en eau potable était assurée par un système de double desserte (eau saumâtre par réseau de distribution et eau douce par citernage). L'Office a constitué un comité technique de réflexion qui a visité plusieurs pays ayant une expérience dans l'exploitation et la recherche dans le domaine du dessalement de l'eau pour l'alimentation en eau potable. Un programme a été lancé pour renforcer l'alimentation en eau potable de Laâyoune et Boujdour par la réalisation de deux usines de dessalement de l'eau de mer produisant respectivement 800 et 7.000 mètres cubes par jour.
    Le coût d'investissement d'une telle usine varie d'un procédé à l'autre et en fonction de la capacité de production et de la qualité de l'eau dessalée. Exemple: pour des capacités entre 10.000 à 100.000 mètres cubes, le coût d'investissement varie entre 23.000 et 32.000 DH le mètre cube/jour d'eau installée. Le prix de revient d'eau produite par dessalement dépend en premier lieu des différentes combinaisons pouvant exister entre les divers procédés de dessalement et les sources d'énergie. Il est également tributaire d'autres facteurs comme la qualité de l'eau désirée et le site de l'usine.

    Coût élevé


    L'énergie représente 25 à 40% du prix de revient du mètre cube d'eau dessalée. Les 60 à 75% restants correspondent aux coûts d'amortissement, de maintenance et de personnel non affectés par la nature de la source d'énergie utilisée. Globalement, le coût du développement pour des capacités variant de 10.000 à 100.000 mètres cubes oscille entre 18 et 29 DH/m3 d'eau dessalée. Ce coût de production ne tient pas compte des frais de stockage, de distribution et des pertes d'eau. Ces niveaux de prix sont élevés par rapport au coût de production intégrant la mobilisation des ressources d'eau conventionnelles comme les barrages et les nappes. Le coût de ces ressources se situe entre 3 et 6,5 DH le mètre cube.
    En dépit de ces niveaux de prix élevés, l'ONEP a repéré des sites potentiels pour l'implantation d'unités de dessalement situés dans des bassins hydrographiques actuellement déficitaires ou qui le seront à terme. Il s'agit de villes situées sur la côte atlantique: Agadir, Sidi Ifni, Tan Tan et Essaouira. Dans la capitale du Souss, les ressources mobilisables pour l'alimentation en eau potable seront saturées vers 2020. La seule alternative consiste donc à dessaler l'eau de mer. Pour la satisfaction des besoins à partir de 2030, les unités à installer devront produire 45.000 mètres cubes par jour. A Sidi Ifni, la capacité de l'usine devra être de 3.500 mètres cubes par jour pour satisfaire les besoins à l'horizon 2020. A Tan Tan, une usine devra être installée avant 2020 pour une production de 7.000 mètres cubes par jour. Quant à Essaouira, l'alimentation en eau potable s'effectue via les nappes phréatiques qui dépendent de la pluviométrie. Il est donc nécessaire de concevoir des unités de production d'une capacité de 13.000 mètres cubes par jour pour satisfaire les besoins avant 2020.

    Les techniques


    Les trois techniques de dessalement d'eau de mer disponibles sur le marché international sont la distillation à détentes étagées (MSF), la distillation multiples effets (MED) et l'osmose inversée (RO).
    Une note de synthèse de l'Office fixe le coût de production d'eau dessalée pour une usine de 24.000 mètres cubes par jour à base du procédé RO à 20 DH le mètre cube, dans lequel la composante énergie absorbe 5 DH, soit 25% du coût de production.

    Mohamed CHAOUI

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