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    Le patron de la BCM juge la baisse des taux d'intérêt

    Par L'Economiste | Edition N°:269 Le 27/02/1997 | Partager

    M. Abdelaziz Alami, président de la BCM, juge la baisse des taux d'intérêt: ce n'est pas le taux qui fait l'investissement, mais il s'inquiète du laminage des marges et du sentiment d'instabilité que peut ressentir l'investisseur.


    · L'Economiste: Même pour baisser les taux, les banques ont montré qu'elles agissent en entente.
    · Abdelaziz Alami: On n'est jamais trop nombreux pour faire le bien.

    · Dois-je comprendre que la baisse des taux n'a rien à voir avec l'état du marché et que vous agissez ici dans le pur domaine politique?
    · Vous êtes libre de vos interprétations. Ceci dit, les ressources sont chères et il n'y a pas de perspectives qu'elles baissent dans un proche avenir, compte tenu des déficits annoncés du Trésor. Le système bancaire a décidé de faire un effort, que vous appelez «politique», pour relancer l'investissement. Nous ne croyons pas que le taux de l'argent soit la raison pour laquelle les investissements sont timides en ce moment. S'ils ne bougent pas suite à la baisse des taux, au moins nous aurons démontré que la ou les raisons sont ailleurs. Sincèrement, ce que nous espérons dans les banques, c'est que nous nous trompons et qu'après la baisse d'un point des taux les investissements vont repartir.

    Instabilité de l'environnement


    · De votre point de vue, pourquoi les investissements sont-ils aussi timides?
    · On peut incriminer la double trêve des confiseurs, celle de la fin de l'année et celle du Ramadan, qui sont traditionnellement deux périodes de basse activité, et qui cette année se sont rejointes. Et puis il y a aussi les raisons classiques, comme l'environnement administratif et l'environnement juridique.

    · Que vous disent vos clients? parlent-ils toujours des mêmes choses?
    · A quelques nuances près, oui. L'environnement juridique est plus souvent évoqué aujourd'hui qu'avant.
    Les entrepreneurs craignent beaucoup d'avoir des conflits commerciaux simples mais trop difficiles à régler. Ils se plaignent aussi de l'instabilité. Ce qu'il faut bien comprendre dans l'environnement administratif, c'est le décalage dont les entrepreneurs font état entre les décisions prises dans les ministères et la réalité du terrain. Les principes politiques affichés à Rabat n'arrivent pas toujours jusqu'à l'investisseur de base.

    · Mais ils ne peuvent pas réclamer en même temps les réformes et la stabilité?
    · Le mieux est l'ennemi du bien en toute chose, et dans l'environnement de l'investissement aussi. A mon sens, maintenant, il n'y aurait rien à regretter à la trêve des réformes.

    · Est-ce qu'il n'y a pas aussi un développement de l'autofinancement des entreprises qui expliquerait que les banques ne voient pas les investissements?
    · Il est certain que la structure financière des entreprises s'est améliorée au cours de ces dernières années. On peut donc dire qu'elles empruntent moins pour investir. Mais je ne crois pas que cela puisse expliquer la timidité de l'investissement général.

    L'aide divine


    · Et que va-t-il se passer pour le système bancaire, avec le laminage des marges? serait-ce que les pouvoirs publics veulent provoquer des regroupements?
    · Je ne peux pas croire que ce soit un objectif caché et je n'y crois pas. La productivité n'est pas liée à la taille de l'établissement. Il est certain que la baisse des taux va faire faire des progrès de productivité, mais ce sera forcément marginal. Tout ce que je peux dire, c'est souhaiter que Dieu vienne en aide aux autorités monétaires, aux banques et aux clients après le laminage des marges. Nous sommes dans un cas de figure à risque, et c'est vraiment tout ce que je peux espérer: l'aide divine.

    · Vous dites que la productivité n'est pas liée à la taille, serait-ce qu'il n'y a pas d'effet d'échelle dans votre secteur, pas de «taille critique»?
    · Si, il y des effets d'échelle et une taille critique, mais ils ne jouent pas dans les nouveaux métiers, ni dans les niches. Ils ont leurs effets dans les métiers de la banque universelle, pas dans le finance project, ni dans le corporate, par exemple.

    Propos recueillis
    par Nadia SALAH

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