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Culture

Livre: Lire Napoléon en changeant de lunettes…

Par L'Economiste | Edition N°:2843 Le 19/08/2008 | Partager

. Un ouvrage de grande qualité à plusieurs niveaux d’approcheCertes, c’est un bien gros livre. Et puis, encore un Napoléon… pour- quoi faire?!Plusieurs choses justement. Si l’on cherche simplement la beauté et la précision de la langue française, avec Dominique de Villepin, on est à la bonne adresse et c’est plus «fashionable» que Chateaubriand. L’ancien Premier ministre français dispose d’un vocabulaire extrêmement nuancé, d’une gamme très étendue de tournures de phrases… au point qu’on devrait imposer le livre comme manuel pour les jeunes voulant bien maîtriser cette langue.Deuxième intérêt: grâce à la richesse de la langue, l’auteur expose une infinie variété de thèmes politiques. Il se permet en outre de les nuancer pour approcher au plus juste la réalité qu’il veut décrire. Il faudra peut-être songer à inscrire aussi ce livre comme manuel pour notre personnel politique. Cela lui éviterait peut-être de proférer des bêtises à force de raccourci d’idées lesquelles entretiennent les pensées courtes. Dominique de Villepin, lui, propose de lire son ouvrage à la lumière de la solitude du pouvoir. Il explique, en effet, qu’ayant expérimenté lui-même cette solitude, il est en mesure de comprendre celle qui a pu entourer Napoléon et expliquer ainsi une bonne part de son ascension et de sa chute. … Oui, peut-être. Mais comme bien peu de ses lecteurs auront eu la chance ou la malchance d’être Premier ministre, impossible de dire si c’est vraiment là la qualité centrale du livre.Au Maroc, on peut en faire une lecture plus … piquante.En effet, durant la Révolution et l’Empire français, ont été fixées, parfois dans le sang, les références du consensus sur lequel la France est construite. Aujourd’hui, on regroupe ces références sous le nom générique de «valeurs de la République» ou «valeurs républicaines». Les élites marocaines connaissent suffisamment bien le principal partenaire et allié du Maroc pour pouvoir les réciter par cœur: centralisme, laïcité, méritocratie, égalité… et, pour habiller le tout, universalité et exportabilité de ces références. Ces deux derniers points provoquent, par moments, des quiproquos et des collisions avec les valeurs de la Nation marocaine, mais cela est une autre histoire.Le niveau de détails et de nuances auquel se place De Villepin est tout à fait approprié pour repérer et identifier la formation des «valeurs républicaines», durant ces dix années que couvre l’ouvrage.Prenons-en deux au hasard. Le consensus républicain dit que la révolution de 1789 est un soulèvement de tout le peuple français uni contre les privilèges de la noblesse. Faux, quand Napoléon prend son premier grand commandement, c’est justement pour mater la guerre civile. Sa capacité à la contenir et à rétablir (pas partout) la paix civile est le fondement de son ascension, parce que justement, dit De Villepin, le peuple en avait assez de la révolution et de ses désordres. Autre exemple: ce pays de grandes provinces a été centralisé au point que les provinces sont devenues «la province», ensemble indifférencié ayant Paris pour suzerain. La centralisation est un raccourci hiérarchique pour gouverner.Et laissons au lecteur le plaisir de cette lecture à multiples ressorts.N.S.

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