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    Courrier des Lecteurs

    L'étau se referme sur le portefeuille étranger du Lyonnais

    Par L'Economiste | Edition N°:308 Le 11/12/1997 | Partager

    En France, le Crédit Lyonnais continue de faire couler beaucoup d'encre. La cure d'amaigrissement imposée par la Commission Européenne met sur la sellette ses participations étrangères dont le CDM. Les données du problème.


    Les problèmes du Crédit Lyonnais ne finissent pas d'alimenter l'actualité économique en France. Politiciens de droite et de gauche et banquiers de tous calibres se sont crêpé le chignon sur la question. Comment sortir la banque publique du bourbier? Et comme pour creuser le fossé entre le Trésor et les contribuables, le commissaire européen à la Concurrence, M. Karel Van Miert, a estimé que l'aide publique au Lyonnais se situe entre 150 et 190 milliards de FF au lieu des 100,2 milliards prévu par l'Etat français après l'extinction en 2014 du CDR (Consortium de Réalisation) chargé de porter les actifs pourris de la banque. En contrepartie de ce dérapage, Bruxelles ne manquera pas de revoir ses exigences à la hausse durant les actuels pourparlers menés avec les pouvoirs publics français sur l'avenir de la banque.

    Déjà, elle avait sommé le Lyonnais de réduire de 35% sa présence commerciale hors de France dont 50% en Europe d'ici à 1998. Pour le quotidien français «La Tribune», il sera «difficile de penser que les réseaux en Asie, en Amérique ainsi que les implantations en Allemagne, en Suisse, en Belgique et au Luxembourg pourront être épargnés tous tout en préservant le dispositif commercial en France». Quid des participations en Afrique? Présent sur le continent dans la plupart des pays francophones d'Afrique subsaharienne, il détient sans doute dans le Crédit du Maroc une de ses participations les plus lucratives. Tous ces actifs de la zone sont certainement peu significatifs par rapport au total du portefeuille étranger pour attirer les projecteurs. «Leur cession ne permettrait nullement de renflouer les caisses», souligne un banquier. Cependant, les mouvements ne sont pas exclus.

    Regroupement


    Sur place, les spéculations sur l'avenir du Crédit du Maroc n'ont jamais cessé. Mais, pour l'instant, aucun prétendant local n'a officiellement manifesté son intérêt pour les participations du Lyonnais qui représentent 43,2% du capital, contre 26,49% pour la BMCE. Le reste est réparti entre Sofipar, le groupe de M. Karim Lamrani, (9,37%), la compagnie d'assurances Al Amane (7,98%), le groupe MCMA-MAMDA (7,72%) et divers petits porteurs (5,24%).
    De l'avis d'un banquier, l'avenir de ce tour de table peut être apprécié sous deux angles.
    Le premier, le Lyonnais reste public. «Sa politique générale sera guidée par la volonté du gouvernement français de garder de bons rapports avec les partenaires étrangers», souligne-t-il. Et d'avancer «qu'un Crédit Lyonnais resté dans le giron public ne se retirera pas du Maroc». De fait, le statu quo sera donc maintenu.

    Seconde hypothèse, le Lyonnais est privatisé. Les repreneurs pourraient continuer le recentrage sur la France présentement exigé par Bruxelles. Auquel cas, «aucune participation étrangère ne serait à l'abri d'une cession», est-il indiqué. Si la banque marocaine est inscrite sur la liste, «la BMCE aura alors un rôle majeur d'arbitre», prévoit la même source.
    Dans ce cas, deux scénarios sont possibles. Soit elle achète pour s'assurer le contrôle de la banque. Soit elle cède pour développer ses autres actifs. Le hic: «En raison de la concurrence, il est peu probable que la BMCE offre le CDM à un des poids lourds du secteur sans assurer ses arrières(1)», est-il fait remarquer. Auprès de la BMCE, on est peu disert sur un sujet qui revêt «une importance stratégique».
    Pour tout le secteur, les données sont pourtant claires: «La mise à niveau des banques passe par des regroupements», assure un analyste. «Le problème réside dans le fait que cette évolution passe par des restructurations, solution difficile à envisager dans notre environ-nement», poursuit-il.

    Alié Dior NDOUR

    (1) Un consortium amené par la BMCE est candidat à l'achat de la BNDE.

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