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Courrier des Lecteurs

La Bourse pour la création de deux compartiments

Par L'Economiste | Edition N°:308 Le 11/12/1997 | Partager

La Bourse se dit prête à s'ouvrir aux projets d'infrastructure et sociétés de capital risque. Une journée d'étude interactive lui révèle des besoins latents. Mais attention aux dérapages.


LA Bourse affiche clairement sa volonté de s'ouvrir à deux nouveaux compartiments. Une manière pour elle de contribuer au financement de grands projets d'infrastructure et du capital risque. La priorité sera donnée aux entreprises start-up, âgées de moins de trois ans et à fort potentiel de croissance. C'est également un moyen de tenter de sortir le marché de sa léthargie en élargissant les critères d'admission à la cote.
A préciser que l'ouverture effective du deuxième compartiment, censé être moins contraignant que le premier, est toujours suspendue à la promulgation du Règlement Général de la Bourse... lui-même soumis à l'arbitrage du ministre des Finances.
"Dans son principe, l'élargissement de la cote à de nouveaux secteurs est en adéquation forte avec les priorités du gouvernement", souligne M. André Azoulay, conseiller de SM le Roi, lors de la clôture de la journée de travail interactive organisée par la Bourse de Casablanca et l'hebdomadaire La Nouvelle Tribune, le 4 décembre.

Mais attention au rythme de cette évolution, enchaîne M. Azoulay.
Il faut une juste appréciation de la réalité dans laquelle évolue le marché et éviter toute fuite en avant. Et de rappeler, la faiblesse de la liquidité et la modestie du bilan des introductions de nouvelles sociétés. "Nous n'avons pas encore atteint le degré d'irréversibilité et tout élargissement trop rapide pourrait fragiliser les acquis".
Pragmatique, le conseiller souhaite voir mener de front l'élargissement de la cote suggéré par les professionnels et la consolidation des acquis. "Je ne crois pas qu'il soit raisonnable d'aller à marche forcée, car l'entreprise doit effectuer au préalable un saut qualitatif, notamment en termes de transparence et de publication des comptes". M. Azoulay n'a pas manqué de rappeler au passage la nécessité d'impliquer le plus
grand nombre de départements (ministériels) par une large diffusion des résultats des travaux et de bénéficier de la légitimité des épargnants. "Ces derniers peuvent être les auxiliaires les plus forts et les plus décisifs dans la dialectique qui vous réunira à l'Adminis-tration".

Demande latente


Autant dire que la tâche ne sera pas aisée pour la société gestionnaire. Et une fois de plus, l'absence remarquée du CDVM à cette journée de réflexion n'est pas faite pour faciliter le dialogue. Quoi qu'il en soit, pour obtenir gain de cause, les administrateurs de la Bourse devront faire preuve à la fois de diplomatie et d'obstination. Il leur faudra surtout fournir des preuves tangibles et consistantes de leur profession-nalisme. En clair, ils devront dans les prochains mois mettre les bouchées doubles pour recruter un maximum de sociétés à la cote.
Il ressort toutefois de cette journée interactive une forte demande de sources de financement dans le secteur des infrastructures et des mines. "Le financement des infrastructures est une activité spécifique qui requiert des accès différenciés selon qu'il s'agisse d'investisseurs institutionnels ou de petits porteurs", relève M. Amyn Alami, président de la SBVC au regard de l'expérience canadienne illustrée par le témoignage de M. Pierre Mantha, initiateur du système de privatisation des parkings à Montréal.
En outre, pour être présenté au marché, ce type de projet exige une signature de référence. A ce stade, M. Alami met en avant la nécessité à la fois d'une souplesse dans la décision d'éligibilité et d'une plus grande rigueur. "La Bourse doit graduer les conditions d'admission, se prononcer avant l'apposition du visa du CDVM et instaurer des garde-fous tels que l'information trimestrielle", souligne-t-il.
Côté mines, les professionnels de la Bourse reconnaissent leur maîtrise insuffisante du secteur. "Nous suivrons en étroite collaboration avec les opérateurs la nouvelle dynamique enclenchée sur le plan technique et réglementaire afin de soutenir financièrement l'exploitation minière", assurent-ils.
Enfin, la création d'un comparti-ment capital risque est de nature à favoriser des initiatives dans les domaines de haute technologie. Cela ne l'empêchera pas d'accompagner les industries existantes dans leur restructuration.


Assouplir les critères d'accès


L'autorégulation et la souplesse des critères d'éligibilité ont été mises en avant par les professionnels. Mais elles requièrent au préalable une maturité du marché.


Les besoins de financement des projets d'infrastructure et du capital risque sont clairement ressortis lors de cette journée de travail interactive menée avec les opérateurs. Une démarche originale et pragmatique qui, à partir des expériences canadienne et française, a permis de dégager des propositions concrètes et cohérentes. Une démarche toutefois entreprise non sans arrière-pensées, puisque plusieurs recommandations retenues arrangent bien les affaires de la Bourse.
Il en est ainsi de la notion d'auto-régulation et de l'autodiscipline de la Bourse par ses propres acteurs. Pour M. Julien Beliveau, directeur d'une société de bourse canadienne, cette condition constitue un gage de crédibilité du marché pour attirer les investisseurs étrangers. En clair, l'autorégulation n'est plus un choix... globalisation des marchés oblige.
Autre recommandation mise en avant: la souplesse de la réglementation par rapport aux critères d'éligibilité. "Pour coller à l'évolution du marché, ces critères doivent être fixés de façon graduelle", souligne M. Pierre Mantha, initiateur du système de privatisation des parkings à Montréal. Concrètement, pour ces projets spécifiques, c'est à la Bourse de se prononcer sur l'éligibilité avant l'apposition définitive du visa du CDVM.

Les trois autres recom-mandations sont censées contre-balancer la marge de liberté conquise par la Bourse. Ainsi, parmi les garde-fous, la mise en place d'un Comité consultatif pour l'examen des projets de haute technologie. La décision finale reviendrait alors au Comité d'admission constitué de juristes, d'auditeurs, de fiscalistes, capables d'apprécier le potentiel de croissance de l'affaire.
D'un autre côté, les conseillers et les banques d'affaires devront désormais engager directement leur responsabilité dans le processus d'introduction en bourse. A ce niveau, les experts canadiens insistent sur la nécessité d'instituer une économie boursière pérenne et rentable. "Pour développer ce marché et plus particulièrement l'activité de recrutement des entreprises à la cote, il faut que les intermédiaires gagnent bien leur vie".

En outre, la publication de l'information devrait être trimestrielle afin de parer à l'absence d'historique des jeunes entreprises. "En fait, les critères d'éligibilité au nouveau marché sont à première vue simples mais le processus d'introduction demeure très strict car il requiert la transparence la plus totale", précise M Yannick Petit, de la Bourse de Paris. En effet, poursuit-il, aucune exigence en termes d'historique de comptes ou de chiffres d'affaires ou encore de résultats n'est prévue. Mais l'existence d'un projet de développement est impérative car elle constitue la pierre angulaire d'un tel marché. "Le nouveau marché est non pas un marché de cession de titres existants mais d'augmentation de capital pour financer des projets".
Concernant les procédures d'appel public à l'épargne, il est recommandé d'indiquer le degré de risque du placement en faveur des petits porteurs.
Enfin, le dahir régissant les OPCVM pourrait être amendé en vue de créer des sociétés d'investissement à capital fixe (SICAF). Celles-ci seraient destinées à canaliser les flux en diversifiant le risque afin de financer des activités spécifiques. L'idée d'introduire à la cote des sociétés de développement régional avait déjà été lancée lors du road-show organisé par la Bourse.


Les performances du nouveau marché


Le nouveau marché de la place de Paris a 20 mois d'âge.
La première introduction date de mars 1996 et ce compartiment compte aujourd'hui 35 sociétés cotées. Les fonds levés s'élèvent à 2,5 milliards de FF et la capitalisation atteint près de 10 milliards de FF. La biotechnologie et la high-tech ont pour l'heure bénéficié de 60% des capitaux levés. A terme,
cette part devrait tomber à moins de 40%.
Côté investisseurs, 20% du papier est détenu par les particuliers contre 80% pour les institutionnels. "Au départ, les particuliers n'ont pas fait l'objet de démarchage compte tenu du risque élevé des placements". Ils sont venus de leur propre chef au regard des performances du compartiment.

Mouna KABLY

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