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    Economie

    L'état de la floriculture à Exiflor 94 : La menace du GA1T s'ajoute aux quotas

    Par L'Economiste | Edition N°:113 Le 20/01/1994 | Partager

    La 5ème exposition internationale de floriculture a revêtu un caractère strictement professionnel. Si l'intérêt manifesté par les visiteurs étrangers constitue un motif d'optimisme pour la profession, la crise continue de se faire sentir. Le nombre d'exposants a baissé par rapport à la précédente édition.

    Le bilan d'Exiflor 94 est assez contrasté. Si le nombre d'exposants a diminué, les contacts commerciaux auront été plus nombreux selon les organisateurs. M. Abdellatif Moumile. président de l'AMPEX Fleurs, note que le caractère professionnel de plus en plus affirmé donne une stature plus imposante à cette manifestation".

    La défection de quelques exposants s'explique par la crise que traverse le secteur au niveau international. Les producteurs locaux, en butte à d'importants problèmes, n'ont pas tous répondu à l'appel. Quant à l'association professionnelle française, l'un de ses représentants a expliqué son absence cette année par "les restrictions budgétaires rendues nécessaires par la crise".

    Visiteurs israéliens

    La participation réduite des producteurs locaux s'explique par le coût des stands, entre 15 et l00.000DH en fonction de la surface et de l'emplacement. Ces montants n'ont rien d'excessif, mais par temps de crise, alors que tous les producteurs affirment "perdre de l'argent depuis 2 ans", toutes les économies sont bonnes à opérer. Les visiteurs étrangers sont venus d'horizons divers. Français, Italiens, Portugais, Allemands et Hollandais étaient présents en nombre. Mais on a aussi enregistré la visite de Tunisiens, Américains et Israéliens. La floriculture marocaine a une image de marque bien assise au niveau international. La qualité de la fleur coupée marocaine n'est jamais mise en cause par les visiteurs contactés. Par contre, les problèmes de transport suscitent quelques commentaires. La diversité des exposants et celle des visiteurs traduit bien d'ailleurs les perspectives actuelles du secteur. Elles reflètent les potentialités de diversification des marchés. Les marchés traditionnels, essentiellement français, enregistrant un affaissement de la demande, le salut pourrait venir de la pénétration de nouveaux marchés.

    Au niveau des exposants, diverses innovations ont été présentées. Un logiciel informatique spécifique a été exposé par la société Décision SA. Les professionnels sont unanimes à son sujet : il répond parfaitement à leurs besoins, mais à 40.000DH ils le trouvent cher.

    La menace du GATT

    Des serres plus performantes, des procédés d'irrigation à la pointe des technologies utilisées dans d'autres pays, ainsi qu'une multitude d'accessoires ont été présentés. L'intérêt montré par les producteurs et la conclusion de divers contrats de vente reflètent l'autre challenge pour la floriculture marocaine : se moderniser pour opérer de nouveaux gains de productivité. M. Moumile est formel : "les producteurs effectuent des investissements importants sur leur patrimoine propre pour survivre". Il ressort du discours du président de l'AMPEXFleurs que seuls les producteurs qui ont la capacité et la volonté d'investir subsisteront. Beaucoup sont appelés à disparaître. Si le secteur est malade. "gravement malade" selon son porte-parole, les opérateurs présents affichent curieusement une sérénité à toute épreuve. M. Moumile répond "que c'est tout à leur honneur, et qu'ils gardent la foi". Les producteurs "désespérés" n'étaient pas là. L'enjeu pour ceux qui étaient là est tellement important en terme de fonds investis qu'ils ne peuvent se placer que dans une perspective de pérennité de leur secteur d'activité. Mais cet optimisme n'est point béat. Bien au contraire, les handicaps du secteur sont bien cernés par tous les opérateurs avec le même discours et les mêmes inquiétudes chez tous les producteurs. Aux problèmes désormais connus du quota, du tarif douanier et du fret, se substitue la menace du GATT. M. Abdellatif Moumile a trouvé une jolie formule : "il ne faut pas que l'acte final de I'Uruguay Round soit l'acte de décès de la floriculture marocaine".

    Les producteurs marocains sont tout de même confiants pour deux raisons :

    - leurs homologues français ont besoin de la production marocaine pour réguler leur marché. L'élimination de la fleur marocaine en hiver les mettrait sous la menace directe des Hollandais. L'accord en cours qui permet de contourner le problème du quota français est d'ailleurs "'professionnel". Ce sont les deux associations respectives qui l'ont négocié. S'appuyant sur cette expérience les floriculteurs marocains pensent que la France serait disposée à un aménagement des accords du GATT.

    - le coût social du démantèlement de ce secteur est important : il fait vivre une dizaine de milliers de personnes d'une manière directe et "qui ne s'entassent pas devant les chancelleries européennes pour demander des visas", ironise le président de l'AMPEXFleurs.

    Fret : La RAM se défend de tout monopole

    L'exposé du responsable du fret à la RAM n'a pas donné lieu à un débat acharné. La position de la compagnie nationale est donc plus confortable que ne le laissent supposer les différentes doléances sur le coût du fret.

    M. Mohammed Zohry, responsable du Département Fret à la RAM, avait une lourde tâche : défendre la politique de son département et de sa compagnie. Les floriculteurs se plaignent tant du fret que l'on pouvait s'attendre à une attaque frontale. Mais l'assistance, fort clairsemée par ailleurs, paraissait convaincue par les arguments de M. Zohry.

    La Royal Air Maroc n'exerce aucun monopole, a affirmé le conférencier. A l'appui de cette affirmation, il a relevé la liberté de choix du transporteur, la liberté d'affrètement d'avions étrangers et la possibilité de recours aux charters touristiques. La seule réplique que les producteurs ont trouvée à cet argument est le prélèvement opéré par la RAM au titre de la manutention etc. 1.500DH par lettre de transport aérien est effectivement fort élevé pour les envois de fleurs coupées qui portent généralement sur de petites quantités. La liberté laissée aux compagnies étrangères d'effectuer elles-mêmes ces opérations n'est que théorique. Car elles ne peuvent organiser tout un service extraterritorial dans des conditions économiquement viables.

    La desserte est mieux organisée, les floriculteurs en conviennent: "L'offre de fret s'est améliorée ces derniers années". Cette amélioration est le fruit d'un débat institutionnalisé : la RAM, avant chaque campagne, tient des réunions de coordination avec les représentants des associations professionnelles et établit un programme de vols cargos en fonction de la demande export prévisionnelle. Ce n'est qu'une fois ce programme établi que le chiffrage économique aboutissant à l'établissement de la grille tarifaire est fait. Cette grille doit tenir compte de l'équilibre d'exploitation de la RAM sans pénaliser les produits nationaux exportables. Cet arbitrage se fait d'ailleurs "sous le regard" des ministères de tutelle.

    Le Ministère de l'Agriculture accorde des subventions à l'export : cette subvention est de 4,50DH le kg durant toute l'année pour les régions d'Europe du Nord, Amérique du Nord et Moyen-Orient. Les produits à destination des pays de l'Union Européenne ne bénéficient que de 1DH le kg du 1er octobre au 31 novembre et du 1er mars au 30 juin.

    Ces subventions apparaissent insuffisantes aux floriculteurs. Il y a une certaine spécificité qui provient de l'incidence du fret sur le coût total. Le fret représente 30% du prix de vente. La floriculture marocaine a un rendement égal à ses concurrents européens, contrairement à certains secteurs. C'est donc l'éloignement du marché qui la pénalise. Et partant, il est tout à fait normal que la profession tente sans répit d'obtenir des diminutions de prix sur le fret. Une subvention plus large permettrait à la fleur coupée marocaine d'atteindre de nouveaux marchés tels que le Japon.

    Sur le plan "offre de fret", la RAM a réussi à développer de nouveaux produits adaptés à la demande des exportateurs. Le transport intermodal permet d'atteindre les villes non ou insuffisamment desservies par les lignes "mixtes" et cargos.

    Trois principaux partenaires permettent à la RAM d'assurer la livraison à domicile dans la plupart des villes européennes. Le marché allemand pose un problème particulier : la Lufthansa imposant un embargo sur ses vols intérieurs, l'aéroport de Francfort ne peut être utilisé pour le post-acheminement des marchandises. Ce qui augmente les coûts et les délais sur ce marché.

    Le dernier accord avec un transporteur routier permet à la RAM de livrer le matin la marchandise arrivée la veille au soir. La RAM compte d'ailleurs s'impliquer dans les efforts promotionnels de la floriculture vers ce marché en assurant le transport gratuit des échantillons et en s'associant à toutes les actions de l'AMPEX Fleurs.

    J B

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