×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    L'agro-indusrie après 2 ans de sécheresse : L'activité de serres échappe à la déprime

    Par L'Economiste | Edition N°:113 Le 20/01/1994 | Partager

    La faible pluviométrie de ces deux dernières années a eu raison de l'agro-industrie. Mais le développement de la culture sous serres a maintenu quelque peu cette activité.

    Les industriels opérant en amont et en aval du secteur agricole semblent curieusement peu intéressés à la mise en valeur agricole et à ses retombées sur l'industrie. Tel est du moins le constat relevé lors de la séance mensuelle de la Chambre Française de Commerce et d'Industrie du Maroc(1). Pourtant les dernières pluies suffisaient à faire renaître l'enthousiasme. C'est donc devant un petit auditoire (contrairement à l'accoutumée) que les participants ont évoqué, mais sans trop d'analyse, quelques "retombées industrielles de la mise en valeur agricole".

    Le débat a principalement porté sur le gros matériel agricole, l'emballage, la culture sous serres et les agrumes. Concernant le gros matériel agricole, les principaux bénéficiaires de la saison restent les fabricants étrangers, puisque ce matériel est totalement importé, selon la déclaration de M. Ouazzani, de la Compagnie Marocaine. Pour des raisons de technologie et une demande intérieure faible, la production locale est jugée inopportune. Seul le matériel de préparation du sol est fabriqué localement. Il est à rappeler que les acheteurs de matériel agricole bénéficient de facilités financières. Les tracteurs notamment jouissent d'une exonération des droits de douane et taxes. De plus, dans le cadre de l'encouragement à la mécanisation de la petite propriété, l'acheteur de matériel agricole bénéficie d'une subvention de 25%.

    Pour ce qui est de l'emballage, l'année 1993 a été marquée par une baisse générale de l'activité. Ainsi, les ventes des emballages pour la conserve de poisson ont chuté de plus de 20%, en raison de la baisse de la demande européenne et des prix. La sécheresse de ces deux dernières années a également touché la conserve végétale qui a connu une baisse d'activité importante.

    Ces entreprises ont même cessé de produire les haricots et les cornichons. En revanche, les abricots et les olives ont pu échapper à cette baisse. Le Cedies Informations n°1904 prévoit que "les chiffres d'affaires des entreprises de ce secteur devraient baisser de 15% par rapport à 1992 et les résultats de 50%".

    Par ailleurs, et sous l'effet du développement de la culture sous serre, certaines industries, notamment plastique, acier et divers, ont connu un essor non négligeable.

    Ainsi, les serres recouvrent plus de 5.000 hectares toutes cultures confondues. La banane représente 1.500 à 1.800 hectares. 2.000 hectares sont alloués aux produits maraîchers et 200 à 300 hectares à la fleur coupée.

    L'utilisation des serres a commencé dans les années 80. Celles-ci devaient permettre, d'une part, de rentabiliser les différents produits cultivés et d'autre part, d'introduire de nouvelles variétés. La banane a été la première expérience. Sa mise sous serre a permis de baisser significativement son prix, qui passe de 13DH/ kg sortie serre dans les années 80, à 6Dh dans les années 90. La serre est composée d'une ossature, d'une couverture en film plastique, d'un système de micro-irrigation et de contrôle de température. Le développement des serres a permis un doublement de l'activité des entreprises fournissant le matériel d'installation. Certaines entreprises spécialisées dans la fabrication de tubes en acier pour le bâtiment ont diversifié leur activité en mettant sur le marché des ossatures en tubes d'acier pour les serres. C'est le cas de la Société Industube. D'après M. Ramon Fernandez, 3.000 hectares de serres sont constitués d'une ossature métallique et 2.000 sont en bois. La micro-irrigation s'effectue principalement par le goutte-à-goutte. Le coût de l'investissement est de 20.000 Dirhams par hectare. Bien que jugée chère, cette méthode permet de réaliser des économies d'eau.

    Les agrumes couvrent environ 73.000 hectares, avec en moyenne 304 pieds à l'hectare. Ce nombre reste faible, alors que le seuil de rentabilisation est de 500 à 600 pieds. Il existe, selon M. Abdellah Abdou, administrateur de la Société Civile Mokala, 22 millions d'arbres. Depuis 1984, la production d'agrumes s'est stabilisée autour d'un million de tonnes. Le rendement atteint 15 à 16 tonnes l'hectare. Cette production demeure peu rentable par rapport à la norme qui est de 40 à 50 tonnes l'hectare. Les usines ont absorbé en 1984 140.000 tonnes d'oranges contre 92.800 tonnes en 1992, soit une régression de 33%. La production d'agrumes est principalement destinée à l'exportation sur le marché européen qui est de plus en plus fermé. M. Abdou suggère une diversification des productions des entreprises du secteur en faveur des jus et des fruits déshydratés. 

    F.M

    (1) Séance du jeudi 13 janvier 1994.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc