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    Economie

    Taux d'intérêt : La baisse commence doucement

    Par L'Economiste | Edition N°:113 Le 20/01/1994 | Partager

    La légère baisse des taux amorcée au mois de décembre pourrait être plus importante au courant du second semestre. A l'origine, la reprise prévue de l'offre de crédit en vue de rentabiliser les fonds propres serait l'un des facteurs.

    Baissera, baissera pas : le niveau des taux d'intérêt continue de susciter des interrogations dans les milieux d'affaires. Pour sa part, la CGEM penche pour la baisse. Les dernières modifications de la règle de calcul pour les taux plafond intervenues en juin dernier n'ont pas amélioré la situation. L'effet psychologique passé, les opérateurs économiques estiment que la barre reste trop haute même si un léger repli, consécutif à une petite réduction de la rémunération offerte par les banques, a été enregistré durant le mois de décembre 1993. Au cours de ce mois, le taux de référence mensuel (TRM)(1), sur lequel est principalement indexé le loyer de l'argent, s'est en effet effrité de près de 0,20%, entraînant d'autant les taux fixes débiteurs. Certes timide, mais rapprochée de la décrue des taux d'adjudication des bons du Trésor (baisse d'un demi-point pour les bons à 5 et 13 semaines et d'un point pour les bons à 26 semaines), cette tendance pourrait s'installer au cours des prochaines semaines.

    Selon quelques analystes, notamment dans les banques, "même en l'absence de toute mesure administrative, le renforcement de cette baisse est inéluctable". Mais, elle n'est attendue qu'autour du deuxième semestre. A cette échéance, les banques auront atteint une étape appréciable dans l'assainissement de leur portefeuille, assainissement motivé par le filet de sécurité (mesures prudentielles, classification des créances en souffrance) mis en place par les pouvoirs publics dans le sillage de la libéralisation du secteur bancaire. C'est ce souci de restructuration qui est, entre autres, à l'origine de la restriction de l'offre de crédit. C'est un point qui inquiète le patronat : la CGEM demande un assouplissement dans l'application des mesures.

    Les conseils d'administration bancaires, qui se tiennent en général en avril-mai, devraient annoncer de nouvelles orientations, prévoient quelques banquiers. Logiquement et abstraction faite de l'excédent actuel de liquidités, l'obligation de rémunérer les fonds propres issus des dernières augmentations de capital (intervenues durant ces deux dernières années dans toutes les institutions), ou la nécessité de rentabiliser ces ressources, "pourrait donc pousser les banques à desserrer "l'étau". L'effet concurrence devrait donc normalement jouer avec à la clé une baisse significative des taux de l'ordre de 3 points, étant entendu que les taux créditeurs vont encore reculer.

    Pour l'heure, la plupart des spécialistes militent en faveur "d'un marché monétaire transparent et élargi à tous les intervenants". Il est constaté que l'interbancaire (seul constituant de ce marché) ne permet pas l'établissement d'un taux de référence significatif en mesure de servir de base aux décisions financières et monétaires. L'entrée en lice d'autres intervenants que les banques, de même que l'instauration d'un marché secondaire auraient un impact important sur la détermination des taux d'intérêt.

    Le prix de l'argent (court, moyen et long termes) "reste encore artificiel", malgré les mesures de libéralisation prises depuis quelques années. Les justifications avancées sont cependant divergentes. Pour les entreprises, il s'agit d'une absence de véritable concurrence. Au contraire, estiment les banquiers, la réglementation relative aux taux débiteurs entraîne un blocage systématique à la hausse. Résultat : "les bonnes et les mauvaises signatures bénéficient à peu près des mêmes conditions", font-ils remarquer.

    Dans un système entièrement libéré où le marché fonctionne de manière optimale, les taux à court terme sont sous l'influence des autorités monétaires (Banque Centrale ou Ministère des Finances, selon les prérogatives qui leur sont confiées). Elles peuvent ainsi atténuer une surchauffe en remontant les taux de base ou, dans l'optique d'une relance, encourager le crédit en les abaissant. Les taux longs sont, pour leur part, déterminés par le marché. Ils varient selon les anticipations d'inflation. Quand une tension est perceptible, ils se maintiennent en hausse et baissent le cas échéant.

    Ce décalage entre taux d'échéances différentes n'est pas très perceptible au Maroc.

    Les taux à court, moyen ou long termes se tiennent à peu près au même niveau malgré la variabilité appliquée à tous les types de crédit. à l'exception de ceux dont les taux sont administrés (ACNE, préfinancement à l'export, CMTR, financement de la Caisse Marocaine des Marchés), avec pour conséquence l'inefficience dans l'affectation des ressources.

    A.D.N.

    (1) Le plafond des taux fixes est égal au coût moyen pondéré des dépôts à 6 mois et un an majoré de 2,5%. Pour avoir le taux définitif, on ajoute la TVA de 7% (récupérée par les entreprises et supportée par les particuliers).

    Le taux de référence annuel (TRA) pour l'indexation des taux variables est, quant à lui, égal à la moyenne arithmétique des dépôts et bons de caisse à 6 mois et un an des 12 derniers mois.


    Un instrument de politique monétaire

    L'équilibre budgétaire, le contrôle de la masse monétaire, par ricochet la maîtrise de l'inflation et le maintien d'un taux optimal du Dirham constituent l'une des principales trames de la politique économique. Les pouvoirs publics sont donc confrontés à une double contrainte. Dans le même temps, ils veulent aller plus de l'avant dans le libéralisme (régulation par le marché) et éviter de briser les équilibres macro-économiques. Ces deux objectifs ne sont pas antinomiques. Mais il y a tout de même une menace de dérapages si la vigilance n'est pas de mise. A cet effet, les réformes sont menées par petites touches avec pour objectif l'utilisation du taux d'intérêt comme un véritable instrument de politique monétaire. Outre le désencadrement du crédit amorcé en 1991, ont été successivement libérés les taux créditeurs, les taux débiteurs (avec plafonnement) sur les crédits à moyen et long termes et ceux sur les crédits à court terme. Il existe cependant un groupe de crédits privilégiés dont les taux restent administrés : ACNE en Dirhams (Avances sur créances nées à l'export) et le préfinancement à l'export avec un taux de 10% et un réescompte à 8% ; CMTR prêtés à 12% et réescomptés à 8% ; financement de la Caisse Marocaine des Marchés avec un taux de 11% et non réescomptable.

    En dehors de ce groupe, tous les autres crédits sont en principe libres. Pour financer un investissement, un opérateur peut choisir entre un taux fixe ou un taux variable avec la possibilité de transformer l'emprunt à taux variable en un emprunt à taux fixe et vice versa. La variabilité des taux pour les crédits à moyen et long termes est répercutée totalement ou partiellement à la date anniversaire du prêt selon certaines limites : deux points maximum par an ; cinq points maximum pendant toute la durée des prêts d'un terme égal ou inférieur à 7 ans ; sept points maximum pendant toute la durée d'un prêt d'un terme supérieur à 7 ans.

    En fait, les taux créditeurs et les taux débiteurs sont liés par le mécanisme du plafond et ce mécanisme est accusé de pousser à la hausse des taux. Parallèlement, Bank Al Maghrib intervient, non pas en achetant et vendant (le marché est trop petit), mais en choisissant les offres que font les banques en matière d'achat de Bons du Trésor.

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