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    Les transporteurs touristiques mordent le bitume

    Par L'Economiste | Edition N°:193 Le 17/08/1995 | Partager

    La baisse de rentrées de touristes étrangers conjuguée à une guerre des prix dans le secteur ont mis à genoux la plupart de la douzaine de firmes qui assurent le transport touristique. En outre, les transporteurs se disent lésés par le monopole de fait dont jouit Volvo qui les empêchent de faire jouer la concurrence à l'acquisition de cars et réclament des baisses de droits de douane.


    Les sociétés de transport touristique broient du noir. A quelques rares exceptions près, la plupart de la douzaine des transporteurs sont déficitaires depuis trois ans, voire plus, à l'image de la société Oumnia Transports à Casablanca. A la direction, les responsables affirment qu'ils tiennent encore en attendant une hypothétique reprise de l'activité, mais aussi par souci de passer en douceur le témoin à leurs enfants. D'autres, comme KTT, ont trouvé la parade en signant une convention avec l'agence de voyages KTI leur garantissant un revenu minimal équivalent à 6.000 km qu'effectue théoriquement un autocar par mois.
    Comme l'hôtellerie, les entreprises de transports touristiques sont également atteintes de plein fouet par la chute de flux de touristes étrangers. Elles enregistrent en moyenne des baisses de l'ordre de 20 à 30% de leur activité par rapport à l'année dernière. Et rares sont celles qui atteignent les 6.000 km mensuels par autocar. La majorité des transporteurs plafonnent à 4.000-4.500 km. Entre-temps, les charges d'exploitation ont poursuivi leur ascension (l'assurance par autocar est passée par exemple de 8.000 à 50.000 DH par autocar), et les tarifs au kilomètre n'ont pas varié d'un centime.

    Le monopole de Volvo dénoncé


    Comme pendant toute période de baisse d'activité, la guerre des prix est repartie de plus belle et a fini par ronger les marges du secteur, au point où certaines agences de voyages, faisant fi des conditions de confort et de l'âge du véhicule et donc de la qualité de prestations, ne tenaient plus compte que du prix au kilomètre pour désigner tel ou tel autre transporteur. Conséquence: les firmes assurant le transport de touristes ne sont jamais parvenues à appliquer le minimum de 7,5 DH/km fixé par leur syndicat. Actuellement le kilomètre se négocie aux alentours de 6 à 7,50 DH hors taxes.
    Face au tassement de l'activité, des firmes comme KTI (10 autocars) et Sahara Tours (70 véhicules), n'arrivant plus à suivre la flambée des charges d'exploitation, ont pour la solution radicale de cession d'actifs pour rembourser leurs dettes. "Bonne Route", également, jadis l'une des firmes les plus dynamiques, a tout simplement disparu.
    Mais les transporteurs prennent cependant soin de préciser que la baisse de rentrées touristiques n'est pas la seule explication.

    M. Lahbabi de Comanav Voyages prédit même la disparition de tous les transporteurs touristiques d'ici deux ans si la situation restait en l'état, alors que la moitié des touristes qui séjournent dans le Royaume empruntent les circuits et utilisent donc les autocars.
    En l'espace de moins de dix ans, se plaignent les professionnels, le prix d'un autocar est passé du simple (900.000 DH) au double (entre 1,8 million et 2 millions de DH). A ce prix-là, disent-ils, il devient impossible d'amortir l'investissement; et ils sont unanimes à dénoncer le monopole quasi-absolu de Volvo qui, selon eux, fausserait les conditions de transaction sur le marché. Ce qui les prive, ajoutent-ils, de possibilités de mise en compétition de fournisseurs en fonction de critères de qualité-prix. Les transporteurs réclament des baisses des droits de douane à l'importation d'autocars; de même qu'ils souhaitent une clarification des normes techniques qui leur sont brandies lors de l'homologation de véhicules importés. Ils ne sont d'ailleurs pas loin de l'assimiler à une protection déguisée.

    Par ailleurs, il existe une pénurie de la gamme de véhicules de 24,16 et 9 places, qui correspondent mieux au profil de la demande exprimée actuellement sur le marché: le circuit de touristes qui arrivent de plus en plus souvent en petits groupes restreints. Du coup, les transporteurs doivent recourir aux cars de 48 sièges pour les circuits de 24 ou 16 personnes avec le manque à gagner que cela suppose.
    Les pouvoirs publics, qui ont encouragé le transport touristique comme toutes les autres activités relevant de la périphérie du tourisme, sont aujourd'hui montrés du doigt par les professionnels. Ces derniers leur reprochent d'avoir fondu tous les avantages fiscaux dont ils bénéficiaient. De même que la fameuse taxe sur les essieux de 11.200 DH est jugée pénalisante par les transporteurs. En l'absence d'une association active, les transporteurs auront du mal à se faire entendre. Certains dans la profession regrettent d'ailleurs cette mise en veilleuse de leur syndicat qui pénalise tout le secteur.

    Abashi SHAMAMBA.

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