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Economie

Les relations euro-méditérranéennes après Barcelone : Le Maroc scelle son orientation économique

Par L'Economiste | Edition N°:207 Le 07/12/1995 | Partager

De notre envoyée spéciale à Barcelone, Fatima MOSSADEQ

En adhérant à la Déclaration de Barcelone, le Maroc vient de fixer son orientation politique, économique et culturelle. Si cette première étape est importante, le suivi risque de s'avérer primordial. Les disparités inter-régionales en Méditerranée devront être résolues, mais l'enveloppe est jugée "maigre".


A Barcelone, le Maroc vient de sceller son orientation économique, politique et culturelle pour les dix années à venir. Il a souscrit à tous les points prévus dans la Déclaration adoptée lors de la Conférence euro-méditerranéenne des 27 et 28 novembre(1) à Barcelone. Même s'il y a adhéré, les principes définis par la Déclaration sont encore "très généraux". Barcelone doit être "démystifiée", selon les représentants de la délégation marocaine. Cette rencontre ne constitue qu'une première étape. Elle avait pour objectif de soutirer un engagement des pays méditerranéens à réfléchir sur les questions de sécurité, de développement et humaines. L'absence d'adhésion directe de la Libye risquait de compromettre la réalisation des objectifs de la Déclaration. Aussi une solution intermédiaire a-t-elle été imaginée, la Libye a pu ainsi être représentée dans le cadre de l'UMA.
En donnant naissance à un partenariat global "euro-méditerranéen", la Déclaration de Barcelone est ambitieuse. Mais côté pratique... les choses ne sont pas si évidentes. Sur le plan économique et financier, la Déclaration finale a pour objectif "d'essayer de trouver un rééquilibrage dans les relations Nord-Sud et Sud-Sud". "Il ne s'agit que de la transcription des accords bilatéraux dans un cadre multilatérale", souligne un membre de la délégation marocaine. Cependant, la collaboration des pays du Sud-méditérranéen entre eux ne va pas de soi. En effet, les disparités de revenus et de stades de développement économique au sein des pays méditerranéens sont importantes. A titre d'exemple, un pays comme Chypre, dont le nombre d'habitants ne dépasse pas 700.000 habitants, a un revenu par tête de 10.000 Dollars, alors que l'Egypte, avec ses 58 millions d'habitants, ne dispose que d'un revenu avoisinant les 800 Dollars. Des disparités importantes existent également quant aux richesses des différents pays.
Hormis ces disparités, les intérêts des pays européens pour leurs partenaires du Sud ne convergent pas. L'Histoire fait la différence. C'est ainsi que la France est le principal partenaire du Maroc.

La zone de libre-échange la plus riche


Stratégiquement, le Maroc, en signant une semaine avant la Conférence les accords d'association et de pêche, voulait affirmer sa volonté de s'engager irréversiblement dans la voie de l'ouverture. D'ici l'an 2010, il devra, au même titre que les autres pays du Bassin méditerranéen appartenant ou non à l'Union Européenne, "s'unir en une zone de libre-échange qui sera probablement la plus riche de la planète". Le produit total de la région (Proche-Orient et Afrique du Nord) représente 2% de la production mondiale. Il ambitionne d'atteindre dans les 25 prochaines années 10% de l'économie mondiale.
En attendant, les pays du Sud devront assimiler les conséquences du libéralisme. Cette assimilation ne s'effectuera pas sans difficultés. Pour y faire face, le Nord propose une enveloppe de 4,685 milliards d'Ecus pour la période 1995-1999, jugée comme très insuffisante par tous les partenaires de la Méditerranée. Concernant le volet agricole dont la libéralisation a fortement été réclamée par les partenaires méditerranéens, la clause d'ouverture insérée dans la Déclaration finale est considérée comme un demi-succès, selon les membres de la délégation marocaine. "La formulation, même si elle est moins contraignante, n'est pas favorable. Elle n'est pas suffisamment explicite", affirment-ils. En effet, la clause stipule: "en partant des flux traditionnels et dans la mesure permise par les différentes politiques agricoles et en respectant dûment les résultats atteints dans le cadre des négociations du Gatt, le commerce des produits agricoles sera progressivement libéralisé par l'accès préférentiel et réciproque entre les parties".

Le prix à payer


"Le prix payé par les Européens pour garantir leur sécurité est faible", affirme un membre d'une délégation arabe.
L'Europe, en encourageant le développement économique du Bassin méditerranéen, compte avant tout se "débarrasser" du fléau de l'immigration.
Selon Reuter, l'UE accueille près de 11 millions d'immigrés en situation légale et environ 1 million d'illégaux, selon les officiels français. Plus de 2,6 millions viennent de Turquie, 1,1 million sont Marocains et un million sont Algériens.
La position marocaine à Barcelone a été un renvoi pur et simple aux accords bilatéraux existants.
La délégation marocaine s'est également félicitée d'avoir pu insérer dans la Déclaration finale la lutte contre la contrebande et l'importance du développement du secteur de la santé. Le Maroc a aussi adhéré sans condition à la clause imposant le respect des droits de l'Homme.


La délégation marocaine sans voix


Difficile de "scooper" à Barcelone, les multiples tentatives de prises de contacts avec la délégation marocaine se sont révélées vaines. Seul le froid catalan aidait à convaincre les plus tenaces à renoncer. Les prises de contacts n'étaient pas possibles pour au moins deux raisons. D'abord, la presse disposait d'une estrade à l'extérieur devant la porte principale de l'hôtel Juan Carlos 1er où se déroulait la Conférence qui accueillait les 15 ministres des Affaires étrangères de l'Union Européenne et les 12 partenaires méditerranéens. Ensuite, l'impressionnant dispositif de sécurité.
L'unique moyen pour un journaliste de franchir la tour de glace que constituait ce système de sécurité était de passer avec un membre de sa délégation. Face à l'absence de communication de la délégation marocaine, il a fallu se contenter des informations existant au Centre presse.
Si l'Espagne justifie sa position pour des raisons de sécurité, le Maroc doit apprendre à communiquer. En effet, la presse marocaine a dû se contenter, d'une seule réunion de presse et de plus restreinte, la seconde journée de la Conférence.

Côté espagnol, la télévision locale (TVE) assurait la couverture de l'événement d'une façon exclusive. Les 1.500 journalistes venus de tous les horizons, regroupés au centre de presse à l'hôtel Princesa Sofia disposaient de tous les moyens techniques et humains pour travailler, sauf l'information qui était une exclusivité espagnole. Pour pallier ce dispositif d'information dit de "seconde main", les journalistes étrangers pouvaient solliciter la collaboration de leur délégation. Les porte-parole de certains pays, ayant le respect de l'information, répondaient dans l'immédiat aux interpellations de leur presse locale, car le seul contact pour chaque journaliste était un membre de sa délégation. C'est le cas notamment des Libanais, des Israéliens et des Français. Ensuite, plusieurs conférences de presse ont été organisées par les différentes délégations pour tenir informée l'opinion publique. Le respect de l'information semble la règle au niveau international.
La capitale catalane, Barcelone, a pris très au sérieux la Conférence historique qui a eu lieu pendant 2 jours, chez elle. Pour assurer la sécurité de l'hôtel Juan Carlos Ier qui accueillait les 27 délégations, quelque 10.000 agents de sécurité ont été réquisionnés.

Fatima MOSSADAQ.

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