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Les femmes de plus en plus chefs de famille

Par L'Economiste | Edition N°:2741 Le 25/03/2008 | Partager

. C’est ce que révèle une enquête du HCP. La taille moyenne des ménages diminue COMME à l’accoutumée, le Haut commissariat au plan (HCP) a une longueur d’avance. Cette fois-ci, il se projette à l’horizon 2030 et nous dévoile la composition et l’évolution des ménages marocains en pleine mutation. L’étude statistique publiée par le HCP, «Projections de la population et des ménages du Maroc par milieu de résidence», qui s’étend sur une période allant de 2004 à 2030, en laisse paraître quelques aspects.De toute évidence, les années prochaines arrivent avec leurs lots de changements en matière de structures familiales et les modes de vie qui s’y grefferont. Les prévisions du HCP confirment l’évolution de la population marocaine. Durant la période 2008-2030, le nombre de ménages va passer de 6,2 à 10 millions, soit un accroissement de 62% au niveau national. Toutefois une distinction s’impose. En zone urbaine l’augmentation connaîtra une variation de 74% contre seulement 40 en zone rurale. Cette différence de vitesse s’expliquerait par une «migration en faveur de l’urbain», explique un démographe. Mais pas seulement. Il est aussi question d’un style de vie différent. Dans les zones rurales, les familles optent pour une vie groupée, alors que les villes apportent leur caractère de plus en plus individualiste. Une évolution donc moins rapide en milieu rural où les liens sont plus serrés. La concentration des ménages dans les zones urbaines va se creuser davantage dans les 20 années à venir. Actuellement, elle est de 60% en milieu urbain contre 37 en milieu rural. En 2030, elle sera de 98% contre seulement 32. «L’exode rural va donc continuer», préviennent les spécialistes. L’évolution des ménages selon le sexe du chef de famille confirme la prédominance masculine. Actuellement, 83% de chefs de ménage sont de sexe masculin, contre 17% de femmes. D’ici 2030, la donne ne va pas changer mais une augmentation du nombre des ménages à dominance féminine est plus que probable. 21,6% de femmes contre 78% d’homme. Le patriarcat a de beaux jours devant lui, mais les femmes sont de plus en plus nombreuses à prendre les rênes du foyer. «Généralement, les femmes deviennent chefs de famille par contrainte. Cela est le résultat de la migration de l’homme», commente un spécialiste. Ces facteurs économiques se vérifient aussi du côté des femmes car «elles sont de plus en plus nombreuses à changer de ville pour trouver du travail. Elles vivent seules et cette tendance va s’accentuer», poursuit-il. L’évolution des mœurs est certaine. La persistance de quelques pratiques archaïques aussi comme «la polygamie qui force les femmes à prendre leur ménage en charge en attendant le retour du père». Les familles monoparentales progressent. Le nombre de femmes divorcées ou veuves vivant seules est en augmentation: «Avant, elles étaient prises en charge par leurs familles mais plus maintenant». Quant à la taille des ménages, pas besoin d’étude pour cela. Il est clair qu’elle diminue à vue d’œil. Les statistiques ne font que confirmer ce constat. En 2004, la taille moyenne d’un ménage était de 5,9 personnes, elle sera de 4,2 en 2015 pour atteindre 6 en 2030. Ceci est bien évidemment le résultat de la baisse de la natalité. Mais aussi du fait de la nucléarisation des familles. Le nombre des enfants de moins de 15 ans va dégringoler au fur et à mesure. En 26 ans, il va passer de 1,3 à 0,7. Même scénario en ce qui concerne les adultes. En 2004, la moyenne établie était de 3,0; elle va atteindre 2,2 à l’horizon 2030 dans les villes. Le nombre des personnes âgées, par contre, va augmenter. Cela s’inscrit évidemment dans la logique de la baisse du taux de mortalité. Ce taux va passer de 0,4 à 0,6 en deux décennies. Les zones rurales vont connaître le même sort ou presque. Elles seront marquées par une chute du nombre des enfants de moins de quinze ans. 2,1 en 2004 contre 0,9 en 2030. Mais à l’inverse des familles urbaines, les familles rurales seront plus nombreuses. Les ménages continueront de croître et se multiplieront à l’intérieur de la grande famille. La moyenne d’adultes par ménage a été établie à 2,7 par le HCP en milieu rural à l’horizon 2030, contre 2,2 en milieu urbain. La structure familiale change et les familles ont de plus en plus de mal à trouver leurs repères.Amira KHALFALLAH

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