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    Les banquiers arabes secouent les bureaucraties

    Par L'Economiste | Edition N°:27 Le 30/04/1992 | Partager

    Les banquiers arabes dépassent les envolées lyriques sur la solidarité arabe désintéressée. Par un langage de financiers, recherchant sécurité et profit, ils espèrent amener les états arabes à assainir le contexte où ils pourraient investir. Mahmoud Abdelaziz, nouveau président de l'Union des Banques Arabes a confirmé à l'Economiste cette nouvelle vision.

    M.Mahmoud Abdelaziz, président de la banque égyptienne Al Ahly et de l'Union des Bangues d'Egypte, l'homologue du GPBM, a été élu Président du Conseil d'Administration, de l'Union des Banques Arabes réunies à Casablanca le 23 Avril. L'élection d'un Egyptien, Mahmoud Abdelaziz à la tête de l'UBA, était l'occasion pour rappeler les potentialités financières de ce pays et les succès de sa politique d'assainissement et la libéralisation.
    L'Egypte deviendrait-elle à nouveau, après une quarantaine d'années un pays économique leader, après avoir été devancée par les pays pétroliers, et éclipsée par son marasme économique ou des considérations politiques.
    Mahmoud Abdelaziz, personnage mince et vif, est un dirigeant particulier, peu embarrassé des protocoles et des formalismes. D'ailleurs comment pourrait-il l'être alors que le monde arabe doit "faire face à des défis extraordinaires, début 93, avec les regroupements sur les 3 pôles, européen, américain et asiatique" qui ne s'embarrasseront pas des divisions arabes. Les hommes de la banque ont décidé de passer outre la politique qui a inhibé leur collaboration et leurs affaires. Le "sentimentalisme arabe est beau, mais en matière d'affaires il doit être relégué au second rang, pour laisser place aux intérêts bien compris".

    Leurs exellences les bureaucraties

    Les intérêts bien compris incités aux courants financiers arabo-arabes, plus que n'importe quel discours politique. Les pertes subies par les investisseurs arabes sur les bourses de New York ou Tokyo ou encore les pertes de changes leur ont montré que l'occident n'était pas le paradis financier. Ceci sans compter les mesures politiques de type gel des avoirs. Au delà des mouvements de "pétrodollars" les opportunités d'investissement des individus et des institutions privées peuvent exister entre l'Egypte et le Maroc, ou la Tunisie et les Emirats. Il n'y a pas d'importateurs ou d'exportateurs de capitaux par nature.
    Le nouveau Président de l'UBA évalue les capacités globales de financement et les besoins épars, à des milliards de Dollars.
    Le tout est que "leurs excellences les bureaucraties" réforment leurs législations passistes: quand un investisseur pourra obtenir son droit de n'importe qui, même d'un bureaucrate ou d'un Etat, les capitaux afflueront. Mahmoud Abdelaziz n'est pas de ceux qui condamnent la fuite du capital hors du monde arabe "le mal est en nous, pas en lui". Les financiers arabes sont majeurs et ne demandent ni aide, ni soutien étatiques. Une simple amélioration du contexte d'investissement. "Améliore ton environnement, donne-moi le droit de travailler, de posséder. Je créerai des emplois, et paierai des impôts", lance-t-il d'une manière crue à l'intention des Etats Arabes. Le problème est tel qu'une conférence au Caire sur l'amélioration du contexte d'investissement arabe a réuni 500 banquiers participants. Elle a relevé des améliorations, en Egypte notamment.
    La liberté des changes a gagné la rue. Résultat, une stabilité des cours des devises depuis plusieurs mois. Les 250 à 300 millions de Dollars qui afflueraient en Egypte, chaque mois sont devenus un milliard de Dollars. Autant de capacités de financement pour l'économie égyptienne dont la banque centrale doit tenir compte pour réguler la masse monétaire.
    Les banques centrales arabes sont attendues au tournant sur la maîtrise des instruments techniques de régulation, sur l'open market, la politique de réserve monétaire.
    "Une institution d'émission moderne ne gère plus les liquidités par la réglementation et les mesures administratives" dit Mahmoud Abdelaziz.
    Les arabes ont montré leurs capacités financières à Beyrouth, ou dans les zones off shore, Dubaï, Port-Saïd et demain Tanger.... des places multiples pourraient naître. Les échéances de 93 étant proches, l'Union des Banques Arabes tiendra 3 à 4 réunions ou "workshops" pour avancer sur des projets concrets car "les premières mesures de libéralisation sont encourageantes et les perspectives de privatisations en Egypte et au Maroc sont prometteuses. J'ai espoir même si un banquier doit être par nature pessimiste, du moins réservé".

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