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L'embrasement du charbon met l'ONE sous tension

Par L'Economiste | Edition N°:1731 Le 23/03/2004 | Partager

. A 73 dollars la tonne, les cours de ce combustible ont doublé en moins d'un an. Le surcoût, évalué à un milliard de dirhams, sera entièrement supporté par l'Office. Cela équivaut de fait à un allègement de la facture d'électricitéL'Office national de l'électricité (ONE) découvre à ses dépens la mondialisation. L'effet collatéral du boom que connaît la Chine (qui est aussi un gros producteur) obligée d'importer par centaines de milliers de tonnes du charbon pour faire tourner son industrie, rattrape l'électricien national. Depuis le début de l'année, les cours de ce combustible ont atteint des sommets jamais égalés sur le marché international. Ils sont passés à 72,90 dollars la tonne au dernier appel d'offres (au premier trimestre 2004) contre 37 dollars il y a douze mois. Sur les trois principaux sites de production d'électricité, Mohammedia, Jorf Lasfar et Jerrada, le surcoût par rapport à l'année dernière est respectivement estimé à 27, 23 et 20 dollars par tonne de charbon importé.De manière générale, les besoins en charbon des centrales électriques dans le monde dépassent la capacité de production des fournisseurs. A la pression de la demande, s'ajoute celle sur les coûts du fret à cause des énormes quantités commandées par les Chinois et qui semblent avoir pris de court les armateurs. Mécaniquement, les prix de transport ont donc pris l'ascenseur, les capacités ne pouvant pas être ajustées immédiatement après une période où les compagnies avaient réduit leur voilure.La tension est donc maximale sur les charges de l'électricien marocain car le charbon entièrement importé, contribue pour près de 80% à la production de l'électricité au niveau national. Les principaux fournisseurs du Maroc sont l'Afrique du Sud, les Etats-Unis et la Russie. Selon les anticipations des analystes, la pression sur les cours du charbon devrait se maintenir, voire s'accentuer dans les prochains mois. De toute façon, tant que la consommation chinoise ne faiblira pas, il ne faudra pas s'attendre à un retournement sur le marché. C'est sur cette base que les équipes de l'ONE ont établi des projections fondées sur un prix moyen du charbon à l'importation de l'ordre de 64 dollars pour cette année, soit un bug financier sur toute l'année d'un milliard de dirhams. Malgré le doublement du coût des achats de sa principale matière première, l'Office fait le pari de ne pas répercuter cette hausse sur ses prix de vente. Rien ne changera donc sur la facture de consommation pour l'industrie comme pour les ménages. La facture va s'alléger donc d'un milliard de dirhams en plus de la détente intervenue au début de l'année. “Au niveau interne, il a été décidé de supporter intégralement l'impact financier de la hausse des cours du charbon”, confie Ryad Jerjini, directeur Communication et Coopération à l'ONE. Jusqu'à quand? Pour toute l'année 2004, l'Office neutralisera dans ses charges les fluctuations des cours de son principal intrant dans la production électrique. Pas question de faire appel à l'Etat-actionnaire pour un éventuel coup de pouce. “La question ne se pose pas”, assure-t-on à l'Office.La décision de ne pas répercuter la flambée du charbon sur le client correspond de facto à une baisse du prix de l'électricité. Elle intervient au moment où une nouvelle baisse de tarif a été consentie en janvier dernier dans la foulée de la suppression de la TIC sur les combustibles et pour laquelle l'ONE a renoncé à 219 millions de dirhams (voir tableau). En comptant le surcoût du charbon et la part de l'Etat, cela fait au total 1,81 milliard de dirhams d'économies sur la note d'électricité des industriels. Il faut dire que politiquement, l'ONE n'avait pas d'autre choix sauf à prendre à contre-pied la tendance amorcée ces dernières années. Pourtant, rien ne l'obligeait à ce statu quo puisqu'il pouvait indexer ses tarifs aux fluctuations de la matière première comme le font ses confrères dans d'autres pays. Au siège de l'Office à Casablanca, on justifie ce choix par “la nécessité de soutenir et d'accompagner les efforts de compétitivité des entreprises marocaines”. . On se dirige vers la cartellisation de l'offreSi le prix du kilowattheure au Maroc est encore 10% au dessus de la moyenne chez les concurrents du bassin méditerranéen, l'effort réalisé en moins de cinq ans est réel. De la grosse industrie au ménage, toutes les catégories de clientèle ont connu une détente tarifaire avec mention spéciale pour celles qui sont branchées à la moyenne tension, notamment le secteur industriel. Sur cette tranche, la baisse cumulée entre 1997 et 2004 est de 34% alors qu'elle se situe à 20% pour la haute tension et 26% pour les clients qui sont au régime optionnel sur le même segment. Au total, l'allègement de la facture d'électricité toutes catégories confondues s'élève pour la même période à 2,8 milliards de dirhams dont 1,2 pris en charge par l'Etat (sous forme de dégrèvements fiscaux) et 1,6 milliard par l'Office national de l'électricité.Comme beaucoup de matières premières en ce moment, le charbon est entré dans un cycle haussier depuis quelques mois. Les analystes se gardent de lancer l'hypothèse d'un cartel, tout en ne l'excluant pas. Ils imputent partiellement cet embrasement du prix du charbon à la “volonté des majors du secteur de gonfler leur marge”. Le mouvement de concentration dans le secteur a structuré l'offre autour d'un puissant oligopole. Au moins un tiers des exportations mondiales du charbon est aujourd'hui contrôlé par un trio d'opérateurs composé du britannique Billiton, du sud-africain Anglo American et du suisse Glencore. En Bourse, les investisseurs ont trouvé le filon en se ruant sur les titres de ces sociétés. Ces trois majors sont par ailleurs très impliquées en Australie et en Indonésie, respectivement classées premier et troisième exportateurs mondiaux de charbon. Pourquoi l'ONE n'a-t-il pas fait appel aux techniques de couverture? Les possibilités sont encore au niveau du balbutiement sur le marché marocain, explique-t-on. De même, la mise en oeuvre de ces opérations exige beaucoup de formalités administratives auprès des autorités monétaires. De toute façon, explique un responsable, il est quasiment impossible de se couvrir contre d'aussi fortes fluctuations comme celles observées au cours de ces six derniers mois sur le marché. “L'envolée spectaculaire des cours du charbon a presque pris tout le monde de court”. Même les plus audacieux des opérateurs hésitent à prendre des risques. Abashi SHAMAMBA

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