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    L'édition scolaire, un secteur hyper-encadré

    Par L'Economiste | Edition N°:146 Le 22/09/1994 | Partager

    Sous tutelle de l'Administration, le livre scolaire ne fait l'objet d'aucune créativité ni de liberté pour la conception. Des obstacles de délais de production. mais aussi de matières premières sont mis en exergue par les professionnels.

    La rentrée scolaire est prévue pour le 26 septembre et, comme chaque année. La liste officielle des manuels et leurs prix vient d'être publiées. L'enseignement fondamental totalise environ 70 ouvrages pour tout le cycle de 9 ans. Ainsi par exemple, cinq ouvrages, dont le coût total s'élève à 60,30 DH, sont destinés aux écoliers de la 1ère A.E.F. (Année de l'Enseignement Fondamental), et onze ouvrages, au coût de 153,65 DH, pour les élèves de la 9ème A.E.F.

    Le manuel le moins cher de la liste, pour cet enseignement, "Technologie" (9ème A.E.F), coûte 4,90DH, suivi du Coran à 5,45 DH. Le plus cher, 140 DH, concerne un manuel illustré pour l'initiation à la langue française (3ème A.E.F).

    S'agissant de l'enseignement secondaire, environ une soixantaine d'ouvrages sont sélectionnés pour les trois années et sections confondues, et les prix varient entre 2,60 DH (pour la Pensée islamique et philosophique) et 64,30 DH pour les Mathématiques.

    "Chasse gardée" du MEN, le livre scolaire ne peut faire l'objet "d 'aucune créativité ni de liberté de conception. Vous avez un cahier des charges à respecter. Le programme est établi, il doit être imprimé et vendu", avance un éditeur.

    Par ailleurs, le livre scolaire n'est pas entièrement produit au Maroc. Pour la majorité des professionnels, la sous-traitance à l'étranger trouve son origine en grande partie dans le retard du lancement des appels d'offres. "Les imprimeries marocaines ne peuvent à elles seules absorber, durant cette courte période, la totalité des commandes", s'exclame un éditeur. Les appels d'offres sont lancés à partir des mois de février-mars et la livraison de la production doit être effectuée au plus tard le 31 juillet. Cette année, l'appel d'offres n'a concerné que la 1ère année de l'enseignement secondaire, selon le planning établi par le MEN.

    La sous-traitance à l'étranger s'explique également par la faiblesse de la marge des éditeurs marocains "cherchant à produire à moindre coût".

    Concernant l'élaboration des manuels, une commission du MEN, composée d'inspecteurs et d'enseignants, fixe tout d'abord le programme pédagogique, ensuite la conception même d'ordre esthétique de l'ouvrage, le nombre de pages, de couleurs, de dessins et de photos.

    "L'élaboration d'un manuel nécessite près de trois ans de travail", précise un responsable des programmes au niveau du Ministère. Contrairement aux auteurs. désignés par simple lettre, les éditeurs sont quant à eux sélectionnés par appel d'offres. Chaque appel d'offres concerne un ouvrage particulier. Les éditeurs prennent ensuite connaissance des manuscrits et déterminent leurs coûts de production.

    Durant la séance publique d'ouverture des plis, ils présentent leur maquette, constituée de la couverture et d'un spécimen des cours. Les éditeurs doivent également produire une caution bancaire de 50.000 DH pour les livres d'élèves et 20.000 DH pour les livres d'enseignants. "Le choix de l'éditeur est porté sur le moins-disant ", rappellent les professionnels. Les éditeurs n'ayant pas remporté le marché ne sont pas indemnisés pour les frais engagés au niveau de la conception de la maquette dont le coût: est compris entre 6.000 et 10.000 DH.

    L'éditeur qui remporte le marché bénéficie de l'exclusivité de la production pour une période de trois ans prorogeable sur cinq ans, en accord avec le MEN. Les matières premières, notamment le papier, les ficelles, le plastique, sont généralement importées d'Europe.

    Sur le marché international, le prix du papier a connu il y a deux mois une forte hausse de l'ordre de 35% par rapport à l'an passé. Ce qui a entraîné pour les éditeurs un important manque à gagner, car "nous ne pouvions répercuter cette hausse sur les prix des livres fixés par I'Administration". Toutefois, poursuivent les professionnels, "cette hausse n'a touché qu'une partie de la production, car elle n 'est intervenue que vers la fin du processus de fabrication".

    M. O.

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