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Economie

Le règlement européen qui écrase la tomate

Par L'Economiste | Edition N°:669 Le 28/12/1999 | Partager

· L'application d'un certificat d'importation à la tomate marocaine plonge les exportateurs marocains dans l'inquiétude

CELA sonnera peut-être le glas de l'Accord d'Association agricole entre le Maroc et l'UE. La décision(1) de la Commission Européenne d'instaurer un certificat d'importation (CI) pour la tomate marocaine met en ébullition les opérateurs des fruits et légumes. Entrant en vigueur à partir du 1er janvier 2000 et allant au 31 mars de la même année, cette mesure mettra certainement à mal le flux d'exportation vers l'Union Européenne. En effet, toute nouvelle exportation nécessitera un accord préalable des organes de la Commission jusqu'à réalisation du contingent accordé et pas au-delà.
Or, s'indignent les exportateurs, ces contingents sont fixés par le premier accord à des niveaux ridicules qui vont étouffer la production nationale.
"Déjà, nous n'avons jamais été satisfaits de l'Accord d'Association, mais là ce sera encore plus pénalisant", reproche un exportateur. "Ce n'est plus un accord d'association, ce sera un accord de pénalisation", renchérit-il.
En clair, avec cette mesure, l'origine marocaine, a qui l'Europe accorde en principe des conditions d'entrée préférentielles sur le marché, sera moins bien traitée que les origines non associées telles que l'Algérie. En effet, celles-ci continueront à pénétrer les marchés de l'UE sous les prix d'entrée fixés par le GATT sans CI. Chez les exportateurs marocains, le branle-bas de combat est déjà sonné. L'APEFEL (Association des Producteurs Exportateurs de Fruits et Légumes) a déjà saisi l'autorité de tutelle pour lui exprimer son inquiétude. Elle demande notamment du ministre de l'Agriculture de provoquer une réunion urgente avec les professionnels pour adopter une ligne d'attitude commune dans les plus brefs délais.
En tout cas, le timing délicat où intervient la signature de ce règlement laisse planer le doute sur les intentions de Bruxelles. Moins d'un mois après l'expiration de l'accord de pêche, cette manoeuvre intervient aussi à moins d'un mois du démarrage des renégociations de l'accord agricole, prévus en janvier 2000. Cet "acte provocateur", selon l'expression d'un exportateur, ne serait-il pas un moyen de pression supplémentaire sur le Maroc pour revoir sa position concernant le dossier de la pêche? Les opérateurs nourrissent aussi des doutes sur le motif du passage éclair au Maroc, il y a quelques jours, du commissaire Européen à l'Agriculture, M. Franz Fishler. N'était-ce pas une tentative de prendre le pouls des marocains avant de procéder à ce "chantage administratif"?
Les interrogations fleurissent mais une certitude cependant ressort. L'application du certificat d'importation à l'origine marocaine fera reculer le système de 10 ans en arrière. En effet, l'importateur européen, obligé de produire un CI avant toute importation, se détournera probablement de l'origine marocaine pour d'autres moins contraignantes. La mesure annoncée par Bruxelles paraît donc faite sur mesure pour satisfaire les tomateros espagnols.


Contingents


Bruxelles argumente sa décision par les dépassements fréquents des contingents accordés au Maroc. Ainsi, les quantités exportées du Maroc vers la Communauté se sont élevées à 14.478 tonnes en octobre et 25.529 tonnes en novembre (pour des contingents respectifs de 5.000 et de 18.601 tonnes). Pourquoi pas, répliquent les exportateurs marocains, puisque leur admission s'effectue sous prix d'entrée GATT.

Ghassan KHABER

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