×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Le programme 2010 d’Attijariwafa bank

Par L'Economiste | Edition N°:2276 Le 16/05/2006 | Partager

. Les «Marocains sans frontières» remplacent les MRE. Gros effort sur les ressources arabes. L’entrepreneur individuel, objet de tous les soins…Par son histoire et surtout par sa taille, jusqu’à présent, la Banque Populaire était une banque à part dans le système bancaire marocain. Facile à mémoriser, la «Banque Pop» domine le marché et réalise à peu près le tiers de tout: le tiers des engagements, le tiers des dépôts, etc. La fusion entre la BCM et Wafabank change la donne: un deuxième tiers de presque tout est donc apparu sur le marché financier, celui d’Attijariwafa bank, AWB. La fusion des deux entités est une réussite et peut-être sera bientôt un modèle à enseigner dans les écoles de management, même si des cadres de l’ex-Wafa grincent des dents: ils ont découvert que c’est bien à tort qu’ils se plaignaient de leur ancien employeur. L’ex-Wafabank était finalement meilleure que ne le pensaient ses propres collaborateurs, sur des domaines comme l’informatique, la gestion des risques, le suivi clientèle… et les primes.Certes la nouvelle entité a bien tenu ses promesses quant au maintien de l’emploi (5.700 personnes d’il y a deux ans sont devenues 6.300 collaborateurs, sans compter ceux de Tunisie et du Sénégal). Mais comme le reconnaît publiquement le patron des RH, Jamal Amrani (un ancien de Wafa passé chez Accor et revenu vers la banque), «ce n’est pas aussi facile de marier des systèmes d’évaluation et de rémunération». Il les qualifie néanmoins de «droit» des collaborateurs. C’est un couac que la banque reconnaît, y compris en public devant 2.000 de ses collaborateurs invités à la convention pour présenter la feuille de route et mobiliser les troupes.Dans le domaine commercial et financier, la fusion a déjà produit plus que la somme des deux entités: dépôts multipliés par 2,6, crédits multipliés par 2,8, produit net bancaire par 2,2, total bilan par 2,6. Le revenu part de groupe, qui peut servir à mesurer la création de valeur est à 42% au-dessous de ce qui était prévu, le PNB à 12% au-dessus. Le reste est à l’avenant.En deux ans, un nouveau pôle aussi gros que la Banque Populaire est donc né sur le marché marocain.Entre AWB et la Banque Populaire, les rivalités et donc l’émulation ont changé de registre et de référents, c’est entre ces deux géants (à l’échelle du pays) que les enjeux se situeront donc désormais. Bien sûr la nouvelle venue, même en présentant les ambitions de son plan, Izdihar 2010, s’abstient soigneusement de citer le Crédit Populaire: inutile sans doute de rendre la compétition trop publique, trop tôt… sauf sur «l’avantage historique d’avoir des guichets dans les consulats» quand il s’agit de traiter les transferts des MRE.Attijariwafa bank veut populariser, et s’approprier, une nouvelle manière de les désigner: «les Marocains sans frontières». Toute la branche a été réaménagée autour de ce concept, posé comme un Business Unit.Pour 2010, la banque veut multiplier par 2,5 le volume des transferts des MSF (ex-MRE) et a, pour se faire une banque de droit européen, Attijariwafa bank Europe. Actuellement, AWB est deuxième dans le traitement de ces ressources, mais très loin derrière la Banque Populaire: 26% contre 57,8%. La barre est donc haute pour AWB qui souhaite offrir des services additionnels, notamment en direction des PME-PMI.Autre zone d’émulation entre les deux «champions»: les petits clients. Ce n’était la tasse de thé ni de Wafa, ni de la BCM. Toutes deux, au contraire, cultivaient soigneusement le «haut de gamme»: il y a 15-20 ans de cela, l’une et l’autre ne s’étaient-elles pas fait gloire de «nettoyer leurs portefeuilles» et de les «épurer» des trop petits clients?Les collaborateurs accueillent avec une certaine émotion la nouvelle orientation de leur banque: ils ont bien compris que cela va changer la donne, pas pour eux ou pour leur banque, mais pour le pays. Comme toujours au Maroc, on ne va pas trop loin pour décrire ce genre d’émotion, pudeur oblige, mais tout le monde a bien compris. Les applaudissements sont plus forts et quelques personnes se sont levées, quand, dans le clip de présentation, un marchand ambulant a parlé de son emprunt bancaire, le premier. Même si cette orientation est dans l’air du temps, elle n’est pas sans risque, pas sans difficulté.Banque des grands comptes, AWB ne laissera pas sa part aux autres: elle veut augmenter de 19% son taux de pénétration sur les grands comptes et veut valoriser ses entrées au Moyen-Orient. El Hossine Sahib, DGA de la banque d’investissement, rappelle «qu’on a laissé tomber le Morocco Fund» créé dans les années 90 et «qu’il faut donc le reprendre». Il parle avec feu de la fenêtre historique: des projets colossaux au Maroc, des pétrodollars à la pelle, et une défiance entre l’Occident et les pays du Golfe. «Nous serons la référence dans le domaine des gros investissements», s’exclame-t-il. Il va y a voir du sport chez les banques, car on peut parier que la Banque populaire ne se laissera pas détrôner sans combattre. N. S.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc