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Enquête

«Le mouvement associatif concerné par la réflexion et l’action»
Entretien avec Ahmed Boukous, recteur de l’Ircam

Par L'Economiste | Edition N°:3495 Le 28/03/2011 | Partager
Consensus général sur les revendications identitaires
La langue amazighe devrait être considérée comme «officielle»

. 1946: Naissance à Mirght, près de Tiznit.
. 1967: Fonde avec Brahim Akhiat et Ali Azaykou la première association marocaine amazighe (Amrec).
. 1974: Après des études de troisième cycle à Paris, intègre l’Université de Rabat en tant que professeur.
. 2002: Participe à la création de l’Ircam avant d’en devenir recteur jusqu’à aujourd’hui. Il a publié de nombreux ouvra-ges sur l’amazighité.

- L’Economiste: Quelle lecture fait l’Ircam des critiques adressées par les associations amazighes à la Commission consultative de la Régionalisation?

- Ahmed Boukous: Les principes généraux de la politique de l’Ircam vis-à-vis du mouvement associatif sont l’indépendance et le respect mutuel. Donc, pas d’ingérence. Quant à la position de l’Ircam, elle est la suivante: nous sommes prêts à assumer notre rôle d’institution citoyenne qui agit comme force de proposition à travers la médiation, la consultation et l’expertise, dans le cadre du partenariat institutionnel.

- Des positions nouvelles sont-elles apparues dans le mouvement?

- Le Souverain a appelé toutes les forces vives de la nation à participer à l’effort collectif pour engager un débat serein et responsable sur le projet de régionalisation et le projet de révision de la Constitution. Il a également donné ses directives à la Commission de révision de la Constitution pour procéder à de larges consultations, sans exclusive. La société civile représente, dans ce contexte, un interlocuteur légitime. Le mouvement associatif qui se réclame de l’amazighité est donc concerné au premier chef par la réflexion et l’action en matière de régionalisation et de révision de la Constitution. A la lecture des communiqués des diverses associations, il apparaît qu’il y a un consensus portant sur le caractère novateur du discours du Souverain et sur la nécessité de faire des propositions à la Commission nationale quant à l’officialisation de la langue amazighe aux côtés de l’arabe et à l’intégration de la dimension culturelle et linguistique dans le projet de Régionalisation avancée. La mouvance amazighe se doit d’être une force de proposition positive.

- Faut-il parler de langue amazighe «officielle» ou «nationale»?

- Le Conseil d’administration de l’Ircam a proposé, dès 2005, que l’amazighe soit inscrite dans la Constitution avec le statut de langue officielle aux côtés de l’arabe. C’est également la tendance qui se dessine aussi bien parmi les organisations politiques qu’au sein de la société civile. Pour les adeptes de l’officialisation, l’amazighe a de facto le statut de langue nationale, de sorte que la consécration de ce statut par la Constitution ne changerait pas qualitativement la situation présente de cette langue. Le statut de langue officielle octroierait à l’amazighe la légitimité nécessaire à sa prise en charge institutionnelle et lui conférerait les prérogatives qui sont celles de toute langue officielle. Sur le plan politique, l’effectivité de l’officialisation varie d’une situation à l’autre. C’est ainsi que dans les Etats centralisateurs, une langue officielle unique est consacrée alors que dans les Etats décentralisés, dans le cadre d’un système basé sur le fédéralisme ou sur la régionalisation, deux ou plusieurs langues peuvent recevoir le statut de langue officielle, avec les fonctions et les domaines d’usage afférant à la langue officielle centrale et ceux afférant à la langue territorialisée. Sur le plan technique, l’effectivité exige des prérequis relatifs à l’habilitation de la langue, en termes d’aménagement de ses structures afin de répondre aux besoins du nouveau statut et des fonctions qu’il implique. Pour les tenants de l’officialisation, le niveau politique prime le niveau technique.

Propos receuillis par K. S.

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