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    Economie

    Le LPEE hume l'air de Casablanca

    Par L'Economiste | Edition N°:295 Le 11/09/1997 | Partager

    Le Laboratoire Public d'Etudes et d'Essais (LPEE) vient d'entamer une étude sur la pollution atmosphérique dans la grande métropole. L'opération, étalée sur une année, fournira un premier diagnostic sur la qualité de l'air dans la ville.


    Casablanca aura peut-être son indice de la pollution à l'instar des autres grandes métropoles dans le monde. La Direction de la Météorologie Nationale vient en effet de commanditer auprès du LPEE une étude d'évaluation de la qualité de l'air dans la ville. Quatre points d'échantillonnage ont été retenus, l'un à Mohammédia et les trois autres à Casablanca (Aïn Sebaâ, centre ville, alors que le choix du troisième site n'a pas encore été arrêté).
    Le choix des différents sites répond à des objectifs bien précis. Au centre ville, il s'agira surtout de mieux cerner la pollution auto-mobile. Les prélèvements effectués à Aïn Sebaâ viseront pour leur part la pollution industrielle surtout. Idem pour Mohammédia.
    «L'objectif est de mettre en place un réseau permanent de surveillance de la qualité de l'air,» explique M. Mohamed Abdelmouhsine Karioun, chef de la Division Qualité de l'Air au LPEE.
    Les valeurs recueillies au cours de cette étude seront comparées aux normes européennes et aux futures normes marocaines. L'on rappellera que le Ministère de l'Environnement avait élaboré sur recommandation du Conseil National de l'Environnement un projet de loi relatif à la lutte contre la pollution de l'atmosphère et un projet de décret pris pour son application. Le premier contient une proposition de valeurs-limites générales de rejets dans l'atmosphère sous forme de gaz, de poussière ou de vapeur. Le second contient une proposition de valeurs-limites de la qualité de l'air. Ces valeurs serviront donc de référence à l'étude du LPEE.

    Base de données


    Les résultats de l'enquête devraient par la même occasion constituer une première base de donnée sur la pollution de l'air à Casablanca.
    En 1989, le Laboratoire avait initié, pour son propre compte, une étude similaire. Les résultat n'avaient toutefois pas pu être «exploités scientifiquement». Motif: la durée d'observation n'avait pas été suffisamment longue. Cette fois-ci, le LPEE a tenu à respecter tous les paramètres, y compris météorologiques. «Il faut que les concentrations soient déterminées, notamment dans des conditions normales de température et de pression», ajoute M. Karioun. Les prélèvements, qui se dérouleront pendant une année, à raison de 20 jours, par points, par saison et d'une mesure toutes les 10 secondes, doivent permettre de déterminer les concentra-tions dans l'air, en poussière, monoxyde d'azote, dioxyde de soufre, ozone, composés organiques volatils ainsi que les métaux lourds (plomb et cadmium). Sur la base des mesures effectuées, des moyennes semi-horaires seront déter-minées de manière à pouvoir être comparées au projet de normes marocaines (qui fixe des normes semi-horaires).

    Les prélèvements doivent aussi tenir compte de la vitesse et de la direction du vent. Ce qui permettra de localiser l'origine éventuelle de pollution.
    Une fois ce diagnostic de la pollution atmosphérique à Casablanca achevée, des plans d'actions devraient en principe être établis.
    Pour l'heure, l'étude n'en est qu'à ses balbutiements. En revanche, les experts du LPEE avancent quelques sources potentielles de nuisances. Concernant la pollution automobile, il est rappelé que les plus importantes émanations de gaz nocifs surviennent lors du démarrage des véhicules. En fait, nombre de pays en ont pris conscience. Pour réduire la pollution atmos-phérique, ils ont généralisé les pots catalytiques, l'essence sans plomb et pris des dispositions réglemen-taires qui ont particulièrement ciblé le trafic urbain. Au Canada, par exemple, le gouvernement encourage les automobilistes qui se rendent à leur lieu de travail de transporter des collègues. Ce qui réduit de manière considérable le nombre de véhicules en circulation.
    A Casablanca, la lutte contre la pollution d'origine automobile passe incontes-tablement par une amélio-ration des transports en commun.


    Les recommandations de la BM


    LA réduction de la pollution atmosphérique passe par l'élimination progressive de l'essence à plomb et des combustibles à forte teneur en soufre, l'établissement de normes d'émission pour les véhicules neufs et par une exploitation accélérée du gaz naturel. Ces recom-mandations sont celles de la Banque Mondiale dans son rapport «Stratégie environnementale pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord vers un développement durable. L'institution internationale considère toutefois que ces mesures à elles seules ne devraient pas constituer l'unique moyen de lutte contre la pollution urbaine et industrielle.

    Mohamed BENABID

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