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    Politique Internationale

    Le cirque Wonderland en tournée : Chiens footballeurs et «Hmada Moussa» à la recherche d'un public

    Par L'Economiste | Edition N°:50 Le 22/10/1992 | Partager


    APRES le cirque de Moscou, c'est au tour du Wonderland Circus de planter son chapiteau à Casablanca. Le «Wonderland Circus», cirque italien implanté en Espagne, est à Casablanca du 7 Octobre au 7 Novembre 1992.
    «Notre représentation est loin d'être le plus beau spectacle du monde, mais nous essayons d'offrir des heures agréables et pleines de magie, surtout pour les enfants», déclare M. Lucetto Macaggi, Directeur du cirque. Avec une capacité de 1.200 à 1.300 places, le «Wonderland Circus», la Terre des Merveilles, propose environ une dizaine de numéros de clowns, d'équilibristes, notamment marocains avec les fameux «Hmada Moussa», un match de football endiablé opposant Barcelone à Séville et dont les principaux acteurs sont des chiens boxers qui s'acharnent sur des ballons de beaudruche. Au programme également, une dizaine de tigres aussi indisciplinés les uns que les autres, sautant à travers des cercles enflammés, des funambules, des trapézistes et autres exercices d'acrobaties, parfois sans aucun filet ni ceinture de sécurité.

    Des numéros «empruntés» et originaux et, après le cirque de Moscou, la comparaison reste difficile à faire. Beaucoup d'animaux familiers au public tels que les chevaux, les éléphants, les dromadaires... manquent à l'appel. «Les tigres et les chiens boxers sont les seuls animaux que le gouvernement espagnol nous a permis de faire sortir», explique M. Macaggi. Les autres animaux ont été interdits de séjour «à cause de la peste équine qui sévit actuellement au Maroc». Pour M. Macaggi, «gérer un cirque, c'est un perpétuel recommencement. Lorsque nous arrivons dans une ville, tout est à refaire à zéro: installation du chapiteau, de la lumière, de l'eau, les pompiers, la police, la publicité». Une journée de travail à Casablanca, indique M. Macaggi, «me coûte environ 45.000 DH en dépenses». Celles-ci comprennent les cachets des artistes, le salaire du personnel, la lumière, l'eau et la publicité. Les cachets des artistes, salaires journaliers, varient en fonction du numéro, de sa complexité et «des négociations de départ».
    Ainsi, par exemple, un dompteur perçoit environ l'équivalent de 3.800DH par jour et un trapéziste entre 5 à 6.000DH par jour. Les premières représentations à Casablanca se sont déroulées, selon l'expression de M. Macaggi, dans une situation «totalement déficitaire». Elles ont eu un double échec. D'abord au niveau des recettes, dans la mesure où le cirque a attiré peu de monde les premiers jours, et ensuite au niveau de la lenteur des procédures administratives. En effet, toute manifestation se produisant au Maroc doit être assujettie à une autorisation de l'autorité locale. Si celle-ci est accordée avec retard, elle peut entraver la médiatisation et la promotion d'un spectacle. «Outre la lenteur de l'autorisation de s'installer, nous sommes arrivés au Maroc à un moment crucial, celui des élections. Nous ne pouvions pas mettre nos affiches partout, ni tourner avec nos camionnettes. Ce qui a entravé la promotion et la médiatisation du cirque», explique M. Macaggi.

    Pour ce qui est des recettes, «nous avons perdu environ un million de DH depuis le départ, surtout qu'il nous arrivait très souvent de travailler pour 18 à 20 personnes», déclare-t-il. Ainsi, pour une soirée avec 20 personnes, les pertes s'élèvent à environ 43.000DH. En dehors des représentations officielles, «si nous n'arrivons pas à organiser des spectacles pour des écoles, des usines ou des particuliers, nous ne pouvons pas rentrer dans nos frais», ajoute M. Macaggi. Par ailleurs, depuis le début de la tournée du cirque, à Tanger et à Casablanca, environ quarante personnes ont été recrutées sur place, notamment pour la présentation du spectacle en français et en arabe, le gardiennage, l'aménagement de la piste entre les différents numéros... Actuellement, M. Macaggi effectue des démarches pour établir des contrats de travail pour ces personnes qui pourront partir en Europe. Enfin, pour le directeur du cirque, le public marocain est «marvilloso», contrairement au public européen. «Ici, le cirque conserve encore toute sa magie. Le public, enfants et adultes, vit avec nous jusqu'à la fin. En Europe, c'est un rêve qui s'est perdu et où l'on nous considère comme de vulgaires saltimbanques et clochards». o
    Meriem OUDGHIRI

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