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Le circuit de la construction

Par L'Economiste | Edition N°:300 Le 16/10/1997 | Partager

La construction des barrages suppose un investissement considérable mais aussi une ingénierie compétente et hautement qualifiée. Les projets doivent être bien ficelés. L'étude du projet dure en moyenne cinq ans.


Un barrage chaque année, c'est le rythme du Maroc. C'est une politique ambitieuse qui nécessite des moyens considérables. "C'est un secteur prioritaire où tous les projets ont été menés à bout. La volonté de l'Etat est très forte", confirme M. Moncef Ziani, directeur général du bureau d'étude Conseil, Ingénierie et Développement (CID).
Les barrages marocains remplissent trois fonctions: l'irrigation, l'énergie hydro-électrique et l'eau potable. Trois domaines où les besoins du pays sont élevés. "C'est pour cette raison qu'il a été décidé de construire deux barrages par an à partir de l'an 2000", annonce M. Ziani.
La programmation de la construction des barrages est du ressort du Conseil Supérieur de l'Eau et du Climat. Présidé par SM le Roi, le Conseil réunit annuellement tous les intervenants dans le secteur de l'eau qui se prononcent ensemble sur le choix d'un site ou d'un autre.
Une fois le choix fixé, le projet est pris en main par la direction de l'Hydraulique relevant du Département de l'Equipement qui le confie à son tour à un bureau d'étude indépendant.

Autonomie d'ingénierie


Le Maroc est devenu depuis quelques années autonome en matière de bureaux d'étude et d'ingénierie. Un certain nombre de bureaux d'étude exercent déjà et prennent en charge l'étude des projet de grands barrages dans toutes ses composantes: CID, INGEMA, Hdro-technica Maroc, Equiter, Tiem Maroc,...etc.
CID qui avec IGEMA détient les plus grandes parts de marché dans ce secteur est une société marocaine d'ingénierie fondée en 1982. Elle est spécialisée dans l'ingénierie technique et économique des projets de génie civil, de transport et d'hydraulique. Société anonyme au capital social de cinq millions de DH, CID regroupe une centaine d'ingénieurs et techniciens supérieurs et met en oeuvre des moyens techniques puissants. "Nous travaillons dans un domaine hautement technique qui exige une grande maîtrise et un savoir-faire sans faille. Nous sommes hantés par la perfection, et notre travail ne doit présenter aucune défaillance ou imprécision", précise M. Ziani.
La construction des barrages est toujours précédée par une étude de planification des plans directeurs de l'aménagement des bassins qui est faite en collaboration avec la Direction de l'Hydraulique. Plusieurs sites potentiels de barrages sont identifiés et le choix du site final et du type de barrage est tranché en fonction de critères techniques et économiques bien précis. "Nous essayons d'optimiser les coûts de construction".

L'étude technique des grands projets de barrages s'inscrit dans un cadre global de l'amont jusqu'à l'aval. CID se charge de réaliser des études préliminaires, des études d'avant-projet, des dossiers de consultation des entreprises, des études d'exécution, de suivi et de contrôle des travaux. Sont prévues aussi des études d'adduction et de distribution d'eau et des études d'aménagement hydro-agricole des périmètres à irriguer.
La construction d'un barrage est un investissement très lourd et qui peut avoir des impacts négatifs sur l'aire géographique où il sera installé. En coupant l'oued, le barrage risque de priver d'eau tous les habitants et toute la faune et la flore qui se trouvent à l'aval. "Notre travail consiste à recenser tous les besoins en eau et à assurer un débit sanitaire pour ceux qui peuvent être lésés", indique M. Ziani.
Le travail d'un bureau d'étude ne s'arrête pas avec la fin des travaux. CID assure un contrôle permanent et une auscultation des ouvrages hydrauliques pendant toute la durée de l'exploitation. "Imaginez un barrage qui présenterait des fissures ou une anomalie quelconque. Nous devons éviter que cela se produise et parer à toute éventualité dans le cas échéant", précise pour sa part le chef du Département des Aménagements Hydrau-liques du CID.

Salim LAHJOUMRI

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