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    Provende: Les fabricants apprennent à importer

    Par L'Economiste | Edition N°:300 Le 16/10/1997 | Partager

    Les industriels d'aliments composés de volailles et de bétail demandent une baisse des droits de douane sur l'importation de maïs (composant essentiel de l'aliment). En contrepartie, ils s'engagent à acheter la totalité de la production locale. Une commission ministérielle devra statuer sur la question avant de la soumettre au Parlement.


    La libéralisation des céréales a été douloureuse pour les industriels d'aliments composés de volailles et de ruminants. Auparavant, l'approvisionnement de la matière première (maïs essentiellement) s'effectuait à travers l'ONICL. Aujourd'hui, les industriels doivent passer eux-mêmes leurs commandes en cherchant leurs propres fournisseurs. Une situation jugée difficile par les professionnels en raison de leur méconnaissance des lois du marché international.

    Désaccord autour du prix différentiel


    Du jour au lendemain, il fallait dépasser le concept production tout court et se pencher sur des concepts liés aux achats à terme, aux stocks de sécurité, au prix à l'importation... «Nous avons payé les frais pour apprendre ces aspects», indique M. Noureddine Karim, secrétaire général de l'Association des Fabricants d'Aliments Composés. Le maïs est considéré comme le plus important composant de l'aliment de volailles. Il représente 65% du produit. L'offre locale est insuffisante. Elle répond à hauteur du 1/12 (environ 40.000 tonnes) de la demande des industriels. Le reste provient de l'importation.
    Toutefois, les droits de douane (22%) à l'importation sont jugés très élevés. Ils ne permettent pas de maintenir le prix du produit final à un niveau de compétitivité acceptable.
    Les industriels se sont engagés alors à garantir les débouchés du maïs local en achetant toute la production au prix fixé en concertation avec l'Administration. Après plusieurs contacts entre pouvoirs publics et industriels, le prix du maïs à l'achat a été arrêté au niveau de 2,35 DH/kg.
    Ce prix a été tiré vers la hausse à l'avantage des pro-ducteurs locaux. Mais il a été accepté par les industriels de l'aliment dans le but de voir les droits de douane à l'importation baisser. «Le produit local étant acheté en totalité, il n'y a plus de raison de maintenir les mesures protectionnistes», explique M. Karim. Un prix «cible» a été donc fixé aux alentours de 1,70 DH/kg à l'importation. Autrement dit, les droits de douane doivent être évalués afin de garantir un prix final de 1,70 DH/kg.
    Chose qui n'est pas tout à fait acquise puisque la question doit être traitée au niveau d'une commission ministérielle avant d'être décidée par le Parlement. Entre-temps, les prix risquent de subir les fluctuations du marché international, notamment dans le domaine du fret maritime. De plus, les industriels d'aliments composés évaluent le surcoût payé aux producteurs locaux à 20 millions de DH.
    Afin d'organiser leurs importations, les industriels ont tenté de regrouper leurs achats. Cette action a fini par les diviser en deux groupes. D'une part les grandes unités ayant des commandes im-portantes et d'autre part les petites et moyennes entreprises qui s'approvisionnent à petite échelle. Ce deuxième groupe a refusé en fait le système de prix différentiels selon les quantités achetées.
    Par ailleurs, la baisse du niveau d'activité dans le domaine avicole a poussé les industriels à réduire leur production de 60.000 à 70.000 tonnes par an. En effet, la diminution du nombre des poules pondeuses a été évaluée entre 1,5 et 2 millions. Résultats: l'offre d'aliment ne répond qu'aux besoins de 2 millions de poussins par semaine au lieu de 4 millions auparavant.

    Concernant l'aliment pour bétail, la situation est encore plus difficile, note M. Karim. D'ailleurs, l'offre d'aliments composés destinés au bétail ne représente que 5% de l'ensemble de la production. Pourtant, le marché est à potentiel important. Cette situation est à l'origine d'une part d'une mauvaise vulgarisation des produits et d'autre part de l'existence de produits de substitution. Ces derniers sont à base de mélanges effectués traditionnellement dans les fermes. De plus, un grand nombre d'éleveurs nourrissent leur bétail à base de fourrage. Un hectare peut contenir deux UGB (unités de gros bétail ou bovins). Cependant, dans beaucoup de cas, ces proportions ne sont pas respectées. Dans certaines zones d'élevage, on peut même relever 10 UGB par hectare.
    Aujourd'hui, l'offre globale d'aliments (volaille et bétail) se situe au niveau de 1 million de tonnes dont 200.000 tonnes sont fabriquées dans les fermes. C'est le même niveau d'offre enregistré en Tunisie. En France par exemple, ce chiffre avoisine les 21 millions de tonnes.


    Le Cheptel


    Le MAMVA procède régulièrement depuis 1979 à une enquête sur l'élevage, sur la base d'un échantillon. L'enquête s'effectue en deux passages:
    - En mars-avril, un premier passage permet de connaître les effectifs de tous les animaux selon leur race et leur sexe. Il permet de déterminer les mouvements des troupeaux, la production laitière... L'effectif est alors à son pic.
    Le deuxième passage se déroule en octobre-novembre. L'effectif est alors réduit par les abattages des fêtes de l'été...
    L'analyse des chiffres du cheptel montre que les moutons sont les plus nombreux, avec plus de 16 millions de têtes en 1996, en progression constante.
    Les courageuses chèvres se portent bien avec 4,5 millions de têtes, notamment dans les régions les plus ingrates en parcours. Le cheptel bovin qui sert à la production de viande, mais aussi de lait, est souvent nourri à l'étable par l'élevage industriel. Il a subi une chute depuis 1992 et revient lentement à 2,4 millions de têtes.

    Hicham RAÏQ

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