×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Dossiers

Le calcul du coût de la production

Par L'Economiste | Edition N°:439 Le 09/02/1999 | Partager

Outre le contrôle et la budgétisation, le calcul du coût de la production constitue un élément capital pour les activités comptables d'une entreprise. Il consiste en l'établissement des frais engagés pour un produit spécifique, un groupe de produits, une activité particulière ou un ensemble d'activités d'une entreprise.

Toute entreprise a comme objectif final la création d'une valeur pour l'actionnaire; tâche plutôt difficile à réaliser. Pour cela, elle a souvent recours aux mesures approximatives, plus ou moins générales. Les bénéfices relevés dans les rapports financiers ne sont pas très précis. Les profits segmentées peuvent fournir à l'analyste externe des informations détaillées sur la marche de l'entreprise. Les managers veulent plus identifier les facteurs responsables des profits d'une entreprise, avec une meilleure précision. Le calcul du coût d'un produit et sa comparaison avec les prix facturés pour ce produit nécessitent une analyse bien détaillée. La différence entre les deux prix d'achat et de vente, appelée contribution, met en évidence la rentabilité des différentes activités d'une entreprise.
Le calcul du prix de revient est réalisable en trois étapes:
- Primo, il est nécessaire de dissocier le coût d'un produit du coût périodique.
- Secundo, le coût direct d'un produit est imputé aux produits spécifiques, alors que le coût indirect est attribué aux centres de coûts.
- Tertio, le coût indirect est alloué par le centre de coût aux produits spécifiques et ce, en fonction de leur utilisation. La somme des coûts directs et indirects constitue le coût d'un produit.
Le calcul du prix de revient a une longue histoire dans le secteur de l'industrie. Ce qui explique l'utilisation des procédures de calcul des frais commerciaux et des frais généraux. Ces opérations sont considérées comme des coûts périodiques non attribuables aux produits spécifiques ou aux groupes de produits. Le coût d'un produit comporte essentiellement la dépréciation du matériel (amortissement), la main-d'oeuvre et les matières. Les autres coûts de produits peuvent inclure des frais divers tels que l'électricité, le chauffage, l'assurance, etc...
Après avoir séparé le produit du coût périodique, nous pouvons dès lors passer à la deuxième étape. Celle-ci consiste à attribuer le coût direct, soit à un produit spécifique, soit à un autre type de coût susceptible de faire l'objet de l'analyse managériale. Les coûts directs sont des frais engagés dans un seul type de produit. C'est le cas des factures relatives aux matières premières.

Main d'oeuvre: Coûts direct et indirect


En revanche, la gestion du coût de la main-d'oeuvre diffère d'un pays à l'autre. Alors que les systèmes anglo-américains traitent le coût de la main-d'oeuvre comme un coût direct, les systèmes de l'Europe continentale considèrent souvent ce coût comme étant indirect. Ceci est dû aux différentes pratiques réglementaires qui sont moins flexibles au niveau du droit du travail de l'Europe continentale. Pour des raisons de conformité, le coût direct du matériel comprend aussi des charges supplémentaires, à savoir le coût administratif de l'utilisation du matériel.
La troisième étape du calcul du prix de revient concerne l'affectation du coût indirect. C'est l'étape la plus importante pour atteindre des résultats probants. Les coûts indirects sont généralement appelés frais généraux. Ils sont attribués en premier lieu aux centres de coûts. Ces derniers peuvent être fondés sur la décision managériale (centres de responsabilité), des départements de l'entreprise ou des unités matérielles comme les machines. Un centre de coût comporte la totalité des coûts, variant selon une clef de répartition. Ce qui aboutit à une mesure d'activité ou coût-directeur (mesure d'activité); et c'est ce coût qui démontre les services rendus au profit d'un produit.
Prenons l'exemple d'une machine destinée à la fabrication de plusieurs produits. L'amortissement de cette machine est avant tout considéré comme un coût indirect. Ce coût indirect doit désormais être attribué convenablement aux différents produits et ce, de la manière suivante:
1- L'évaluation du nombre et des coûts des services rendus à la totalité des produits.
2- Comment les produits spécifiques utilisent ces services.
3- La multiplication du nombre de mesures d'activité pour un produit par le coût d'une mesure d'activité.
Dans cet exemple, le coût des services rendus constitue le montant des frais d'amortissement. Dans l'étape suivante, nous allons constater que la machine a fonctionné pendant 60% du temps pour le produit A et 40% du temps pour le produit B. D'une manière générale, l'étude de l'activité ou les estimations techniques aboutit sur ces chiffres. Si l'on considère un output "X" (quotidien, hebdomadaire, mensuel ou annuel) pour le produit A et un output "Y" pour le produit B, nous obtiendrons un taux d'attribution par minute et par produit. Tel est le cas de la machine qui fonctionne pendant 5 minutes pour la production d'une unité du produit A, et pendant 3 minutes pour la production d'une unité du produit B. C'est la mesure d'activité (minutes par unité de produit) qui est alors multipliée par le coût d'une mesure d'activité (amortissement par jour divisé par le nombre d'heures de fonctionnement par jour d'une machine). Le coût est attribué au produit. La somme de tous les frais indirects est égale au coût total du produit.
Des polémiques surviennent souvent lorsqu'on évoque le sujet des types de mesure d'activité à utiliser ou le nombre de centres de coûts à établir.

Le choix des centres des coûts


Dans les cas les plus simples, nous utiliserons un seul centre de coût indirect, que nous attribuerons à une seule mesure d'activité, comme celle du coût direct de la main-d'oeuvre. Il est certain que cette méthode présente de nombreuses défaillances. Le coût direct de la main-d'oeuvre est le produit des heures passées dans le travail et des salaires à l'heure. Si les produits diffèrent dans leurs détails, (l'un utilisant une main-d'oeuvre bon marché, l'autre une main-d'oeuvre coûteuse), la représentation des services rendus par les coûts communs ne serait plus appropriée. De plus, du moment que toutes les charges ont été établies sur la base d'un centre de coût comportant des frais aussi variés que l'amortissement, la supervision, l'assurance, etc.., alors quelle que soit la mesure d'activité utilisée, elle ne reflétera pas la nature réelle de l'utilisation.
Le choix des centres de coûts et des coûts-directeurs doit établir un équilibre entre la précision et la conformité. Un choix restreint en coûts directeurs ne permettra pas aux services de relever les principales différences des demandes de produits. Ceci est particulièrement vrai lorsqu'une entreprise change son portefeuille de produits ou lorsqu'elle suit une stratégie de différenciation. En outre, plusieurs modèles de demandes des clients et leurs implications sur le coût risquent d'être dissimulés.
Les méthodes de production "just-in-time" (juste à temps) dans la chaîne de l'offre, (changement stratégique dans les commandes et les plans de production), laissent supposer que très peu de coûts-directeurs ne seraient pas en mesure de rapporter ou d'évaluer avec précision le coût réel d'un produit. C'est pour cette raison qu'un contrôle régulier des activités d'une entreprise doit vérifier si l'affectation des frais généraux reflète toujours la demande des services.
Après avoir mis en place un système différencié de coûts-directeurs pour attribuer les frais généraux aux produits, bon nombre d'entreprises ont trouvé que des produits aussi rentables subissent des pertes consécutives à l'ampleur des frais généraux. Le calcul du prix de revient basé sur l'activité met en relief la méthode d'application des différents coûts directeurs susceptibles de dévoiler la rentabilité réelle d'un produit.
Les frais généraux ont également fait l'objet d'une grande attention. Leur traitement en tant que coûts périodiques découle des réglementations financières. Les techniques de gestion de la comptabilité ont tout simplement suivi la procédure prescrite pour les rapports financiers. Selon l'analyse de la rentabilité, il est possible de réintroduire certains frais généraux dans la catégorie du coût du produit. Ceci est particulièrement vrai lorsque certains produits nécessitent différents traitements ou dépenses administratives. Encore une fois, la rentabilité réelle d'un produit serait dissimulée si aucune attribution de ces coûts périodiques ne prend place.
Le coût historique, normal, ou standard, peuvent tous constituer la base du processus du calcul du prix de revient. L'utilisation des coûts standards est fondamentale pour le contrôle et la fixation des prix.

Partir des analyses statistiques


Les coûts standards peuvent être calculés à partir des analyses statistiques. Ces analyses établissent les prix prospectifs des produits et services utilisés, ainsi que le comportement du coût en tant que fonction de mesure de l'activité.
Un procédé différent est celui de l'analyse technique. Dans cette analyse, les estimations techniques permettent de prévoir les comportements du coût des produits. Bien que cette technique requiert plus de temps, elle est cependant plus précise et moins exposée aux erreurs statistiques.
Ainsi, les coûts standards sont utilisés pour comparer le coût historique du coût réel.
Ces comparaisons sont significatives pour la fixation du prix, dans la mesure où ils servent comme indices de précision pour les prévisions futures. Elles sont également indispensables pour l'analyse de la variance des centres de responsabilité. Le calcul du prix de revient et l'analyse constructive de la variance sont interdépendants.
Les coûts-directeurs sont utilisés comme régulateurs des montants des budgets flexibles; et c'est à partir de ces réajustements que l'efficacité ou l'inefficacité des décisions prises dans les centres de responsabilité peuvent être évaluées.
Si les mesures d'activité du système comptable ne traduisent pas la nature réelle des services rendus, elles rapporteraient, non seulement des coûts de produits erronés, mais également de fausses variances. L'efficacité ou l'inefficacité seraient soit surestimées soit sous-estimées. Cet effet d'équilibre influerait sur la crédibilité de tout le système, et le rendrait inutilisable pour le calcul du prix de revient et le contrôle.
Le calcul du prix de revient est réalisable en trois étapes. D'abord, il est nécessaire de dissocier les coûts des produits des coûts périodiques. Ensuite, il faudrait attribuer les coûts directs des produits aux produits spécifiques, et les coûts particuliers aux "centres de coût".
Enfin, les coûts indirects doivent être imputés par ces centres de coûts aux produits spécifiques et ce, en fonction de leur utilisation. Cette étape est la plus importante pour atteindre la précision. Le coût historique, normal ou standard peuvent constituer la base du processus de calcul du prix de revient.
Toutefois, l'utilisation des coûts standards est indispensable pour le contrôle et la fixation des prix.o

Chris HIGSON
Le calcul du coût de la production d'un produit est un élément essentiel pour l'évaluation de la rentabilité, écrit Chris Higson.

Traduction: Majda BENKIRANE
L'Economiste

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc