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    Le bureau numérique vu par HP

    Par L'Economiste | Edition N°:295 Le 11/09/1997 | Partager

    Le constructeur informatique californien Hewlett-Packard travaille à imposer sa vision sur les périphériques pour conforter sa position de leader. Il s'inscrit dans une civilisation mondiale des réseaux qui ne met pas fin au papier.


    Imprimeurs, attention aux imprimantes!
    C'est de Hewlett-Packard, HP pour les initiés, multinationale américaine de l'informatique qui emploie plus de 100.000 personnes que vient la menace. L'entreprise, qui joue dans la cour des 5 grands constructeurs de micro-ordinateurs, avec IBM, Compaq, Dell, Acer, est le leader incontesté dans les périphériques, devant Epson, Lexmark et tant d'autres.
    Au Maroc, et pour conforter son implantation, HP vient d'ouvrir un bureau de représentation. Mais la distribution continuera de passer par Serinfor, PC Market et Matel, qui agissent comme des grossistes et entretiennent à leur tour des réseaux.
    Dans le monde, HP revendique 65% du marché et s'enorgueillit de ses 75 millions d'imprimantes en fonctionnement. Le parc continue de grandir, puisqu'il se vend toutes les 3 secondes une imprimante laser et imprimante jet d'encre.
    HP cherche donc à imposer au marché sa «vision», selon l'expression consacrée dans ce secteur, qui ne jure que par le futur.
    Comme le mot «périphérique» comporte une connotation d'accessoire et de secondaire, HP tente d'abord d'imposer le métier où elle exerce, comme une composante à part entière de l'informatique.
    Une réunion avec la presse francophone fin août dernier, à Stuttgart, un de se fiefs européens, était l'occasion pour HP d'affirmer cette vision.

    Et pour commencer, un bon slogan pour marquer les esprits et les territoires commerciaux. «Quand l'information touche le papier, HP est là...». Ensuite, il faut élever le débat et sortir de l'outil banalisé, de ce bac à papier soumis à la souris, qui grince un peu.
    Levez le nez de votre feuille A4 et pensez que votre acte quotidien d'imprimer s'inscrit dans la civilisation universelle. Avant vous, un pharaon avait commencé par «imprimer» des hiéroglyphes sur un obélisque, les moines faisaient des «copies» de la Bible, Gutenberg inventait la presse, et un inconnu la cartouche à «encre» du stylo. Tout cela n'est pas le chapitre imprimerie d'une vieille encyclopédie en 20 volumes. C'est dans le dernier catalogue HP, mêlé à Jet Admin, qui gère à distance des imprimantes en réseau, et à Mopy qui permet aux groupes de mieux travailler et d'éliminer l'étape des copieurs pour multiplier les documents.
    Et c'est ainsi qu'en inscrivant son produit dans l'histoire, une entreprise de cette taille impose sa vision, tourne le dos au métier de fabricant d'imprimantes (déjà très compliqué, allez changer un simple toner) et investit le métier d'imprimeur en le transformant.

    La gabegie des formulaires


    Pourquoi? Pour de multiples raisons.
    D'abord, parce que 3% seulement du papier imprimé l'est sur imprimante. Le reste passe par les photocopieurs (4%), le fax (4%), les formulaires préimprimés (8%), les livres (15%), les journaux (35%), les magazines (20%), les catalogues (10%).
    Un point gagné sur tous ces métiers, et le chiffre d'affaires des HP, Epson et autres Lexmark s'accroît de 30%. C'est tout un gisement qu'il faut exploiter à coût d'innovations technologiques et de forcing commercial. Ici, c'est l'offre qui tracte la demande.
    Ainsi, Hewlett Packard calcule que les entreprises européennes achètent pour 7 milliards de Dollars de préimprimés, ces multiples formulaires qui vont du papier à en tête à la fiche de stocks et au bon de livraison.
    Les mêmes entreprises européennes utilisent 120 autres milliards de Dollars pour traiter ces imprimés, et en détruisent un bon tiers qui devient obsolète.
    Et si ces formulaires papier devenaient électroniques, stockés en mémoires, remplis et imprimés sur papier, uniquement au besoin? Que d'économie!
    Tant pis pour les imprimeurs, tant mieux pour les imprimantes, qui permettent cette reconversion. Car elles sont de plus en plus efficaces, et de moins en moins chères. La page qui revenait à 70 centimes en 1984 tombe à 16 centimes aujourd'hui. En même temps, la machine laser entrée de gamme tombe de 80.000DH à 6.000DH, et de 35 à 5 kg. A ce prix, il n'y a pas que les formulaires à réaliser soi-même.

    Les tristes factures peuvent accueillir la couleur, pour montrer au client la réduction. Les mailings peuvent être personnalisés avec le sourire de la directrice de marketing ou le froncement de sourcils de l'agent de recouvrement. Le document d'entreprise, qui n'était que texte noir et blanc, ne peut plus se passer de graphiques. L'image et la couleur sont en train de s'imposer.
    Voilà pour la feuille classique, appelée format A4. Mais il y a les formats plus grands, A3 et les autres qui aussi peuvent accueillir de la photo, de la couleur et recto-verso. C'est l'affiche poster d'un magasin conçue en 10 exemplaires seule-ment, avec les promotions du jour.
    Mieux encore, une chaîne peut concevoir le modèle dans son siège social de Casablanca, le répartir par Intranet, Internet et le faire imprimer et afficher localement.
    Un journal interne peut être conçu et imprimé de la même façon. La compagnie allemande du train rapide a créé ainsi son journal «on line» sur le réseau. Mis à jour continuellement, il est imprimé, au besoin par le lecteur.

    Impression décentralisée


    L'impression, qui était «centralisée» chez un imprimeur, tendra à être décentralisée, au niveau de l'utilisateur. C'est «la nouvelle distribution du document». Celui-ci partait de l'émetteur (par exemple un service commercial d'une entreprise). Il était imprimé, multiplié sur un copieur ou chez un imprimeur, mis dans les fax, les enveloppes, transporté physique-ment par la poste, avant d'arriver à un destinataire, le client. Aujour-d'hui, il passe d'un micro-ordinateur à un autre, par le réseau. L'utilisateur n'est plus un récepteur passif. Il va chercher l'information, ne l'attend plus et l'imprime s'il le veut. C'est plus rapide, moins cher, car beaucoup moins de papier est utilisé.
    Et c'est là que notre fabricant d'imprimantes, aspirants impri-meurs, peut se piéger, rétrécir son marché.
    D'après ses calculs, l'informa-tion était imprimée à 90% en 1995, ne le sera plus qu'à 30% en 2004. Mais en revanche le volume d'informations produites et imprimées double tous les 5 ans. Au total, le volume de papier imprimé augmente tous les 9 ans, et HP et ses confrères s'y retrouvent portés par l'expansion. En Europe, en l'an 2000, 50% des foyers seront équipés d'un ordinateur et d'une imprimante.

    Et au Maroc, les catégories «solvables» s'équipent. Une enquête avait révélé à L'Economiste que 30% de ses lecteurs disposaient d'un ordinateur à domicile (plus que de machines à laver) pour le travail ou le jeu des enfants.
    Signalons au passage que le passage du papier à la numérisation est un autre centre de profit: il faut des scanners et des logiciels pour récupérer de vieux textes, des lois, des circulaires, des procédures toujours en vigueur, sur des mémoires d'ordinateurs.
    La civilisation de l'information consacrera donc le support électronique sans pour autant tuer le papier. Le papier reste un support plus confortable qu'on lit trois fois plus vite que l'écran, et qui est beaucoup moins lassant. C'est le bureau numérique (Digital Work place), informatisé, câblé, mais encore loin du «zéro papier».

    Khalid BELYAZID

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