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    Economie

    Lahlimi condamne la «pédophilie politique»

    Par L'Economiste | Edition N°:510 Le 19/05/1999 | Partager

    · La formule-choc du ministre marque le changement d'état d'esprit dans l'opinion publique

    La salle en a d'abord le souffle coupé avant d'éclater de rire. La formule du ministre des Affaires Générales, M. Ahmed Lahlimi, a fait mouche. En condamnant toute action ou toute attitude politique tendant à déresponsabiliser les jeunes, il a trouvé une formule particulièrement forte. Il ne s'est pas contenté de condamner la démagogie sous-jacente de ces actions. Il est allé jusqu'à la couvrir d'opprobre avec cette référence très forte à la pédophilie: il marque très nettement le danger encouru par les jeunes eux-mêmes à écouter les sirènes des démagogues.
    Il emploie cette formule-choc, en analysant le comportement des jeunes diplômés-chômeurs ou celui de jeunes ayant bénéficié du Crédit Jeunes Promoteurs, mais qui essaient d'échapper au remboursement.
    "Si les jeunes diplômés m'avaient dit qu'ils souhaitaient une formation complémentaire pour entrer dans le privé, le gouvernement aurait fait tout ce qu'il fallait pour leur donner cette formation, mais ces jeunes ne voulaient pas de cela, ils voulaient devenir fonctionnaires", raconte le ministre. Et il poursuit: "Au lieu de cela, ils réclament d'entrer dans la fonction publique, alors qu'ils savent très bien qu'elle est pléthorique, que le Maroc à un ratio plus mauvais que celui de l'Egypte, pourtant réputée mondialement pour le poids anormal de son Administration". Cela veut dire que ces jeunes exigent d'être payés à ne rien faire, conclut, scandalisé, M. Lahlimi.
    Son analyse fait évidemment mouche auprès d'un public de jeunes entrepreneurs, de banquiers ou de fonctionnaires qui, non seulement veulent "changer les choses au Maroc", mais y travaillent tous les jours. Mêmes remarques face aux incidents de paiement que peuvent créer artificiellement quelques jeunes promoteurs face à leurs banquiers et, de fait, face aux contribuables, puisqu'une partie du prêt dit Jeunes-Promoteurs vient des caisses de l'Etat. Ces comportements jettent le discrédit sur l'ensemble de l'opération, rendent les banques méfiantes, y compris vis-à-vis des bons risques, et irritent au plus haut point les fonctionnaires, comptables de l'usage qui est fait des deniers publics.
    En fait, la formule-choc du ministre se fait le porte-parole d'un profond changement d'état d'esprit: l'opinion publique en a assez de voir des "petits profiteurs" essayer de se draper dans la bannières de nobles causes, comme la lutte contre le chômage ou la promotion des jeunes.
    Encore fallait-il que dans le monde politique et surtout dans les cercles gouvernementaux, ce changement profond trouve, non seulement un écho, mais encore un porte-parole qui n'ait pas peur de s'exposer aux pressions de lobbies qui veulent garder le statu quo. C'est chose faite.

    Nadia SALAH

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