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    Economie Internationale

    La Tunisie émettra 400 millions de Dollars

    Par L'Economiste | Edition N°:295 Le 11/09/1997 | Partager

    De notre correspondant à Paris, Omar JOUAHRI

    Après l'émission réussie de «Samourai» sur le marché obligataire asiatique, avec des conditions de coûts et de maturité intéressantes, la Banque Centrale de Tunisie va procéder à une nouvelle émission qui s'adresse, cette fois-ci, à l'ensemble du marché obligataire international.


    Déjà l'émission de «Samourai» sur le marché domestique japonais (pre-mière émission en 1994 pour 30 milliards de Yens avec un coupon de 5,85% et une maturité de 10 ans qui a été suivie de cinq autres émissions) a permis à la Banque Centrale de Tunisie (BCT) de devenir un émetteur de référence sur le marché obligataire japonais et d'être présente sur l'ensemble de la courbe des taux japonais, tout en abaissant progressivement les conditions de refinance-ment. La stratégie alors mise en place consistait à offrir du papier aussi bien pour les institutionnels que pour les privés nippons, sans avoir au préalable de rating. Ensuite, sur la base de cette expérience, la Tunisie a procédé au processus de notation. Ainsi, l'un des objectifs de la BCT est d'avoir, à travers ces différentes émissions, un effet d'entraînement sur l'ensemb-le du système bancaire tunisien.
    La Tunisie, un des rares pays de Sud de la Méditer-ranée à avoir obtenu le sésame des agences internationales de rating, la notation «d'invest-ment grade», a organisé une série de «road-shows» pour vendre son papier obligataire. Paris a constitué naturel-lement une des étapes de ces présentations devant les investisseurs institutionnels des marchés émergents.

    Pour Merrill Lynch, banque-conseil de premier rang de la Banque Centrale de Tunisie (en collaboration avec Goldman Sachs et Morgan Stanley), cette émission serait de l'ordre de 400 millions de Dollars répartie en notes à maturité 2007 et en bonds à maturité 2027. Il semblerait, sur la base des avis des institutionnels présents à Paris, que ce montant sera souscrit dans son intégralité. De plus, il est probable qu'une des banques-conseil ait consenti à une option de prise ferme d'une partie du montant émis, si la Banque Centrale de Tunisie n'arrive pas à placer l'intégralité se son émission. Dans ce contexte, les représentants tunisiens de la Banque Centrale et du Ministère de l'Economie ont présenté l'environnement macro-économique de leur pays qui se caractérise, entre autres, par une inflation maîtrisée depuis 1993. Le taux d'inflation pour 1996 s'établit ainsi à 4% et pourrait être proche de 4,7% en 1997 du fait d'un taux de croissance soutenu. Pour ses projections économiques, dans le cadre de l'élaboration de son 9ème plan d'orientation, le gouvernement tunisien anticipe un taux de croissance moyen de l'ordre de 6% entre 1997 et 2001. Pour ce faire, la mise en place de 26 zones industrielles (proche du concept de zone franche) financées essentiellement par des fonds privés, la poursuite des investissements dans le secteur touristique et l'effort de mise à niveau devraient, selon toute vraisemblance, conduire cette économie à avoir un taux de croissance annuel mayen de 4,5 à 5%.

    D'autre part, selon Mohamed Daouas, vice-gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie, ce pays a une crédibilité éprouvée vis-à-vis des bailleurs de fonds internationaux. En effet, il a souligné que la Tunisie a toujours honoré ses engagements et n'a donc jamais rééchelonné sa dette externe.
    C'est pourquoi, la Banque Deutshe Morgan Grenfell, dans sa publication du mois de juin 1997, «the middle east and the arab world», a pu écrire que «la Tunisie, sur le plan de ses finances externes, a un historique favorable (track record) ainsi qu'un cadre macro-économique et politique satisfaisant. Ainsi, le marché international des capitaux a sanctionné positivement l'appréciation du risque pays tunisien avec trois notations, toutes «investment grade»: Moody's Baa3, Standard & Poor's, BBB-, IBCA-, JRBE, BBB+ (...)».
    Cependant, l'économie tunisienne, comme la plupart des économies du Sud de la Méditerranée, doit faire face à un certain nombre de défis, dont la mise à niveau de son tissu industriel (dans un contexte de libéralisation et de globalisation des économies) et sa capacité à répondre aux fortes aspirations sociales de sa jeunesse. La taille du marché intérieur tunisien et le poids de l'agriculture dans la formation de son PIB induisent une forte dépendance vis-à-vis de l'extérieur. Le prospectus présenté par Merrill Lynch fait également mention de ces aspects pour apprécier objectivement le risque pays tunisien.

    Aussi la Tunisie restera-t-elle dépendante des flux financiers privés pour financer notamment son programme de privatisation, les besoins de mise à niveau de son tissu industriel et pour faire face aux demandes à caractère social de sa population.
    L'émission de la Banque Centrale de Tunisie s'inscrit dans ce contexte. La particularité juridique de cette émission est qu'elle est uniquement garantie par l'institut d'émission qui bénéficie d'une clause d'immunité à l'étranger même en cas de défaut de paiement, et non pas par le trésor tunisien.
    Fort de tous ces éléments, il semblerait que le spread par rapport au papier obligataire, qui se justifie par la prime de risque afférente à cet actif obligataire tunisien, soit de l'ordre de 100 points de base (1% donc au-dessus des bons du trésor américains ayant des caractéristiques similaires).


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