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    Economie Internationale

    France Télécom: La privatisation en filigrane

    Par L'Economiste | Edition N°:295 Le 11/09/1997 | Partager

    Le capital de France Télécom sera ouvert à hauteur de 33%. Après avoir affiché une attitude plutôt réservée sur la question durant la campagne, l'actuel gouvernement français a fini par se plier aux réalités industrielles. Cette opération permettra à France Télécom de financer son développement international.


    ÇA y est. C'est officiel: une partie du capital de France Télécom sera mise sur le marché.
    Le gouvernement a entériné la principale conclusion du rapport de M. Michel Delabarre, ancien ministre des Affaires Sociales mandaté par M. Lionel Jospin: ouverture d'un tiers (et pas plus) du capital de l'entreprise. L'actionnaire majoritaire demeurera l'Etat.
    Il s'agit donc d'une privatisation partielle de l'opérateur public. Privatisation à laquelle le gouvernement actuel avait fait obstacle en 1996 quand il était dans l'opposition.
    Dans tous les cas, si aujourd'hui France Télécom désire rester dans la course et nouer des alliances avec d'autres opérateurs, il devra disposer d'éléments boursiers identiques, recommande M. Delabarre. Et d'ajouter: «La mise sur le marché permettra aussi de mobiliser des sommes pour nouer ces alliances».
    Parallèlement à l'ouverture, le rapport suggère une augmentation du capital au cours de l'année 1998 sans préciser le montant. Cette opération permettrait à France Télécom de réaliser des participations croisées, notamment avec l'Allemand Deutsche Telekom.

    Baisses tarifaires


    Pour l'opérateur français, l'exercice 1996 aura été un bon crû. Son chiffre d'affaire s'est établi à 151,3 milliards de Francs (1FF=1,6 DH), soit une croissance de 2,3% par rapport à l'exercice précédent. Uniquement sur son produit phare, le téléphone fixe (téléphonie locale et internationale y compris les services numeris), France Télécom a réalisé près de 103 milliards de Francs (67% du total du chiffre d'affaires). France Télécom a enregistré une augmentation de 7% des appels vers l'étranger en 1996. Le volume des communications s'élevait à la fin de l'année à 2,9 milliards de minutes. Les baisses tarifaires successives de communications internationales à destination de 200 pays (-8,9% en janvier et -13,5% en juillet) expliquent cette croissance. Cette politique s'est poursuivie en 1997 avec une diminution de 20% en mars. Ce qui totalise une baisse moyenne de plus de 60% en 3 ans. Une autre baisse de 17% est d'ailleurs prévue au cours du mois d'octobre.
    Transformé depuis 1996 en société anonyme, France Télécom est le quatrième opérateur mondial. Dès le début 1996, le groupe a franchi une étape dans son plan de développement international. Il a créé ainsi avec Deutsche Telekom et l'Américain Sprint une filiale commune: Global One. Chargée d'offrir à l'échelle mondiale des solutions de télécommunications aux entreprises et opérateurs, la filiale dispose d'un guichet unique et de tarifs compétitifs pour des services à la pointe de la technologie. Global One comptait fin 1996 plus de 30.000 clients dans 60 pays, pour un chiffre d'affaires de 803 millions de Dollars (1Dollar=9,9 DH)

    Toujours du côté international, France Télécom, déjà partenaire du développement de réseaux fixes en Argentine, en Indonésie et au Mexique, a été retenu pour la privatisation de l'opérateur national de Côte-d'Ivoire. Il est aussi devenu en 1996 le principal fournisseur de services de télécommunications pour les administrations et les collectivités suédoises.
    France Télécom n'a pas par ailleurs caché son intérêt pour l'ouverture du capital de l'opérateur marocain.
    En outre, avec Deutsche Telekom et Sprint, le groupe français a été sélectionné pour devenir le deuxième opérateur de télécommunications en Israël.
    Par ailleurs, France Télécom se distingue au niveau international par une expansion dans les services mobiles. Ainsi, le groupe détient des participations à hauteur de 66,7% au Liban, de 57% en Belgique, de 51% en Roumanie, de 35% en Grèce et en Slovaquie, de 34% en Pologne et de 26% en Inde. Grâce à un contrat de coopération signé avec l'opérateur China Unicom, France Télécom ajoutera à son palmarès le marché chinois du mobile.
    On le voit, l'opérateur français est passé à l'offensive dans l'attente de la déréglementation du marché européen des télécommunications qui interviendra en 1998.

    28 millions d'abonnés particuliers


    Dote d'un capital de 25 milliards de Francs, France Télécom est une société anonyme (depuis décembre 1996). L'opérateur dispose d'un
    Conseil d'Administration qui compte 21 membres: sept représentants de l'Etat nommés par décret, 7 membres élus par le personnel et enfin 7 personnalités dont le président nommées également par décret et choisies en raison de leurs compétences.
    Président du Conseil d'Adminis-tration, M. Michel Bon gère éga-lement l'équipe dirigeante organisée en cinq grandes branches: réseaux, développement, ressources, grand public et entreprises. A ce niveau, 15.000 personnes se consacrent en collaboration avec l'ensemble des entités du groupe au service de 20.000 entreprises clientes, est-il indiqué. Ainsi, un réseau de 23 agences leur est spécialement dédié. En outre, pour les 28 millions de clients composant son portefeuille grand public, France Télécom a mis en place en 1996 une organisation spécifique: l'ensemble des prestations sont prises en charge par un interlocuteur unique, du conseil à la vente, l'après-vente et la maintenance. Pour ce faire, 600 points de vente ont été installés, assurant un service de proximité

    Près 33 millions de lignes téléphoniques et 211.000 parcs de publiphones composent le réseau de France Télécom à fin 1996.
    Le groupe a vendu 129 milliards de minutes de communication en cette même année.
    Le groupe a été aussi l'un des plus grands créateurs d'emplois. Il a procédé à quelque 3.000 recrutements. 6.000 autres salariés seront embauchés d'ici fin 1997.
    A fin 1996, France Télécom employait au total 165.200 personnes réparties sur les différentes filiales du groupe. Le groupe est composé de plusieurs filiales, détenues à plus de 50%, dont Francetel et TDF et de deux autres filiales détenues à 100%:
    -Cogecom SA doté d'un capital de 5,8 milliards de Francs;
    -France Télécom Financière Internationale (FTFI) avec un capital s'élevant à 2 milliards de Francs.

    Badra BERRISSOULE


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