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    Economie Internationale

    Globalisation: Les firmes américaines en pôle-position

    Par L'Economiste | Edition N°:295 Le 11/09/1997 | Partager

    Qu'est-ce que la globalisation ou mondialisation? Qu'est-ce que cette expression, à la mode actuellement, veut bien dire? Comment se traduit-elle dans les faits? Qui y gagne et qui perd?


    L'Elimination des barrières douanières symbolisée par les accords du GATT, signés à Marrakech en 1994, a accéléré le processus de globalisation. Un autre élément qui a largement contribué à la globalisation est bien entendu l'arrivée des fameuses inforoutes et le développement des commu-nications qui sont à la portée de tous. Mais l'élément qui est probablement le plus important pour globaliser son économie reste le change-ment de mentalité. Et une fois de plus ce sont les Américains qui ont réussi à s'adapter le plus vite à la globalisation. La grande nouveauté réside dans le fait que ces marchés nouveaux sont à la portée de toute entreprise, quelle que soit sa taille. Un autre élément a probablement joué dans la rapidité avec laquelle les Américains ont suivi de près le changement et la taille de leur pays.

    La logistique administrative


    La distance n'a jamais été un problème pour les hommes d'affaires US. En conséquence, aller prospecter au fin fond de la Chine, de l'Argentine ou même du Maroc est somme toute normal pour eux. Et c'est là où la globalisation prend toute son ampleur. Dans les années 60 et 70, les grosses multina-tionales étaient présentes partout. Même les pays fermés aux importations, avec droits de douane et contrôle des changes stricts, limitant la présence sur leur territoire des sociétés internationales, ne pouvaient résister à leur toute puissance. C'est la période des Coca-Cola, Kodak ou Marlboro qui étaient installés dans toutes ou presque les nations du monde malgré les conditions draconiennes que certaines leur imposaient. Et c'est un autre aspect de la globa-lisation: dorénavant aucun marché n'est trop petit pour une société. Surtout que toutes les compagnies peuvent y avoir accès, quelle que soit leur propre taille. C'est ce que les Américains ont tout de suite compris. Non seulement les gros groupes non encore présents dans certaines nations s'y installent mais même les petites et moyennes entreprises. C'est probablement l'un des aspects les plus positifs de la globalisation que de voir de petites compagnies vendre leurs produits ou services partout dans le monde sans que cela n'entraîne des dépenses supplémentaires dans leur fonctionnement quotidien. Car elles se servent très bien des moyens mis à leur disposition par la technologie et aussi par leur gouvernement au niveau des ambassades, consulats et chambre de commerce.

    La conjonction de tous les éléments a sans aucun doute contribué positivement à la mondialisation de sociétés qui jusque-là n'avaient ni les moyens ni l'intention de le faire. Un exemple peut en démontrer les mécanismes. Au cours d'une conférence sur Internet organisée à New York en mai 1996 destinée aux PME, l'intervenante a commencé par poser deux questions à l'assistance: qui était branché sur Internet (et avait un site) et qui en avait un un an auparavant? Les 150 chefs d'entreprise présents répondirent oui à la première question et une douzaine seulement positi-vement à la seconde. Cette petite anecdote démontre à quelle vitesse les PME américaines ont compris l'importance des commu-nications et de la technologie moderne qui sont les principaux facteurs de leur internationalisation. Elles ont aussi rapidement saisi le fait que leur taille n'est pas, loin de là, un frein à leur expansion dans le monde. Elles ont parfaitement su utiliser les ressources des fameuses inforoutes en s'adressant aux professionnels qui se trouvent dans le monde.
    Grâce à cela, les patrons des PME peuvent établir un premier contact avec un acheteur et mener les discussions le plus loin possible jusqu'à ce que la présence sur le terrain soit indispensable à la conclusion de la vente. Les dépenses initiales sont ainsi réduites au minimum et la probabilité du succès final s'approche de 100%. C'est pour cela que les Etats-Unis augmentent leurs parts de marché partout, dans tous les secteurs de l'économie et par l'intermé-diaire de sociétés de toutes tailles.

    Dresser une liste de sociétés qui ont réussi leur globalisation serait trop longue et somme toute inutile. Mais il y a des exemples significatifs. Dans le bâtiment, Chadwick Interna-tional est un cas intéressants. Fabriquant des modules destinés à la construction de maisons particulières, son seul marché jusqu'en 1996 était bien entendu les USA. Sa taille lui interdisait de chercher de nouveaux marchés autant que cela aurait enclenché des dépenses initiales lourdes pour lui. Mais l'utilisation d'Internet lui a permis d'envisager des ventes importantes de modules préfabriqués en Floride, leur envoi dans un pays et leur montage par une équipe de plusieurs centaines d'ouvrier locaux sous la direction d'un seul de leurs spécialistes. Il a gagné des marchés en Algérie, en Côte-d'Ivoire, et est sur le point d'en conclure en Tunisie, au Gabon, pays auxquels il n'avait jamais pensé sans la globalisation, selon les propres mots du PDG Ronald Nocera.

    Fayçal BENHASSAINE

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