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    La remise sur rail de l'ONCF

    Par L'Economiste | Edition N°:301 Le 23/10/1997 | Partager

    Une nouvelle forme juridique pour l'ONCF. Pour le 21ème siècle le rail se prépare à remonter la pente. L'année 1997 devrait confirmer les résultats de l'année dernière.


    L'Office National des Chemins de Fer (ONCF) sera transformé en Société Anonyme dont le capital sera détenu à 100% par l'Etat. Cette transformation devrait être opérée d'ici 3 ans. «Il ne s'agit en réalité que d'une modification juridique dans le but d'assouplir la gestion de l'Office. En effet, les statuts de l'ONCF datent de 1963», tient à souligner M. Mohamed El Alj, directeur général de l'Office.
    De toute façon, cette transforma-tion est une conditionnalité de la Banque Mondiale pour l'octroi de prêts concessionnels.
    Cette nouvelle forme juridique n'entraînera pas pour autant une ouverture du capital.
    Toutefois, cela n'exclut pas les possibilités de concession. La première à l'ordre du jour est la construction de nouvelles lignes Taourirt-Nador, soit un tronçon de 120 km. L'étude de faisabilité est en cours. Le projet nécessitera une enveloppe de 2,5 milliards de DH. Pour les responsables de l'ONCF, cette ligne serait rentable. Il y aurait même eu, selon l'Office, quelques manifestations d'intérêt.
    Second projet de concession sur lequel travaille le rail marocain, la ligne Marrakech-Laâyoune. La construction de ce tronçon nécessite un investissement de 27 milliards de DH. Pour l'heure, aucun preneur ne s'est manifesté. Cependant, ce projet revêt un intérêt national qui ne peut être pris en charge que par l'Etat», souligne M. Mohamed Lahbib El Gueddari, directeur des Finances et de la Gestion de l'ONCF. Dans tous les cas, ce sont des projets que l'Etat ne pourra pas supporter.

    Concernant le volet résultat, le redressement entamé par l'Office depuis 1994 commence à porter ses fruits. En effet, assure le directeur financier, «1997 sera une bonne année». L'Office améliore ses performances de 1996. Ainsi, pour le premier semestre, le résultat d'exploitation dégage un excédent de 90 millions de DH contre 57 pour la même période de l'année précédente.
    Déjà durant l'exercice 1996, l'ONCF est sorti du rouge après des déficits chroniques. C'est la première année où le résultat courant est positif. Il est passé à 8 millions de DH après un déficit de 371,1 millions.
    Dans sa politique de redressement, l'Office a axé sa stratégie sur la rationalisation des coûts. «Toutes les économies évidentes ont été réalisées, à savoir la suppression des voitures de services et des avantages à l'état-major...». C'est d'ailleurs l'un des établissements publics à avoir si fermement appliqué la circulaire du Premier ministre de 1995 visant à réduire le train de vie de l'Etat.

    Suppression des trains vides


    La rationalisation a également touché les trains. Concrètement, cette stratégie s'est traduite d'abord par un développement des créneaux rémunérateurs. Les trains qui «roulent à vide» ont été purement et simplement supprimés.
    L'offre était en effet caractérisée par une pléthore de trains et une inadaptation des trains voyageurs avec des arrêts multiples dans des gares peu fréquentées. Consé-quence: dégradation du taux d'occupation. Celui-ci baisse à 31% en 1994 contre 61% en 1983.
    «En 1997, nous pensons améliorer le trafic voyageurs de près de 13%», annonce M. El Gueddari avec satisfaction.
    Reste que l'Office, à l'instar des chemins de fer dans le monde, subit de front la concurrence de la route, tant sur le plan des coûts que des délais. Sur ce dernier point, les responsables de l'ONCF recon-naissent leurs faiblesses.
    Pour y pallier, l'Office a mis en place un plan d'investissement quinquennal. Il a démarré en 1996. Outre la réduction des délais d'acheminement, il a pour objectif d'améliorer la sécurité. L'ONCF a bénéficié pour ce faire d'une enveloppe de 5,2 milliards de DH financés par des prêts de la Banque Mondiale, de la BAD et de la BEI. Aujourd'hui les fonds ont été débloqués pour la totalité. «Il s'agit avant tout de sauver les meubles», précise M. El Alj. Ces investis-sements seront affectés à 80% pour l'infrastructure, 13% pour le matériel roulant et 6% pour les pièces de rechange. Ainsi, cette enveloppe permettra de renouveler complètement 202 km de voie et environ 200 km de lignes caténaires. Elle est également destinée à augmenter la capacité du tronçon Kénitra-Sidi Slimane.


    Recentrage sur le métier de base



    SI pour l'heure la privatisation de l'ONCF n'est pas d'actualité, il n'en est pas de même pour ses produits annexes. Les activités de l'Office dans le domaine de l'hôtellerie et la restauration ont été cédées.
    · Restauration gares et trains: «Cette activité a entraîné à elle seule en 1996 un déficit de 3,8 millions de DH», indique M. El Gueddari. L'opération de concession a démarré fin 1996 et s'est clôturée en 1997. Différents lots ont été soumis à des appels d'offres nationaux en ce qui concerne la restauration dans les trains et dans les gares. «Aujourd'hui, non seulement nous nous sommes débarrassés d'un déficit, mais en plus nous recevons une redevance des différents opérateurs».

    ·L'hôtellerie: L'ONCF qui détenait près de 33% dans la chaîne hôtelière Moussafir a vendu ses parts au groupe Accor. «Il s'agit d'une activité qui perdait de l'argent. En effet, la chaîne a enregistré des pertes nettes de 35,5 millions de DH durant les trois derniers exercices (7,2 millions en 1994, 12,8 en 1995, et 15,5 en 1996». Accor a donc repris les 2/3 du capital de la chaîne
    (les parts de l'ONCF et l'ONA). Le montant de l'acquisition s'élève à 50 millions de DH pour l'ensemble des parts. La BCM conserve sa participation, soit un tiers du capital. L'Office va également se désengager des deux hôtels Terminus à Oujda et à Casablanca qui sont d'ailleurs sur la liste des privatisables.
    ·Supratours: «Elle n'est pas à privatiser». Détenue à 100% par l'Office, Supratours était déficitaire de 1,1 million DH jusqu'à fin 1996. Ce déficit est imputé à l'activité restauration. Pour l'exercice 1997, Supratours a réalisé (à fin août) un résultat net de 4,5 millions de DH.
    Au cours de cette même année, une enveloppe de 10,7 millions de DH a été investie. Elle est consacrée à l'acquisition de 6 bus. La flotte totale de Supratours est aujourd'hui constituée de 25 bus dont 4 seront amortis cette année.

    Badra BERRISSOULE & Fatima MOSSADEQ

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