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La Régie des Tabacs lance son premier centre de battage de tabac

Par L'Economiste | Edition N°:32 Le 04/06/1992 | Partager

Après la nouvelle unité de production de cigarettes blondes de Aïn Harrouda, qui sera achevée en Octobre 1993 et dont le coût s'élève à 450 millions de DH, les travaux de construction du premier centre de battage de tabac du Maroc débuteront en juin. La capacité de traitement sera de 20.000 tonnes de tabac par an et le coût de l'opération de 110 millions de DH.

Situé à Kénitra, le premier centre de battage de tabac au Maroc sera opérationnel en Juin 1993. Le coût du projet est estimé à environ 110 millions de DH dont 25 millions pour la construction et les équipements locaux et 85 millions pour les équipements de process. L'objectif du centre est de traiter environ 20.000 tonnes de tabac brut par an, importé et local.
Ce centre de battage, expliquent les responsables, permettra d'importer du tabac à prix réduit (le prix d'achat du tabac battu étant nettement supérieur à celui du tabac brut importé) donc de réduire les sorties de devises, et de créer des emplois stables. Il permettra à la Régie des Tabacs une autonomie au niveau du battage qui se faisait à l'étranger et une meilleure qualité ainsi qu'un traitement adéquat à l'aide de "technologies et un savoir-faire importés et exploités par des ingénieurs locaux". Le choix du site s'explique par l'existence à Kénitra d'un centre de traitement préalable et d'expérimentation dans lequel est disposé tout le tabac produit localement. "Le battage du tabac est la suite logique de la chaîne de traitement. Afin d'éviter des transports coûteux et lents, Kénitra a été choisie et représente en quelque sorte le barycentre des zones de productions de la Régie des Tabacs", affirment les responsables du projet. Outre l'existence du centre de traitement, la région bénéficie également d'une main-d'oeuvre déjà habituée à manipuler et traiter le tabac. "Ceci représente pour nous un gain considérable au niveau de la formation du personnel". Ainsi, le centre emploiera au démarrage 140 personnes dont 10 ingénieurs, 20 agents d'encadrement et 110 personnes d'exécution.

Les études du projet ont démarré il y a environ une année et demie. Y ont participé: un bureau d'études, des architectes et un bureau de contrôle, ainsi qu'une équipe formée au niveau de la Régie des Tabacs qui représente les maîtres d'ouvrages. Le tout assisté par un ingénieur conseil étranger.
Le nouveau centre est installé sur un terrain de 18 hectares dont 8.000m2 de surface couverte sur un seul niveau comprenant un bloc administratif sur 6.000m2, une partie réservée au stockage du produit avant et après battage sur 2.000m2.

Le reste de la surface concerne la chaîne de production du produit. La structure du bâtiment est, selon l'expression des ingénieurs du projet, une "structure mixte" comprenant du béton pour toute la partie verticale et des charpentes métalliques pour la partie horizontale du centre. "Nous avons choisi cette structure car les systèmes de climatisation ainsi que ceux d'isolation thermique, nécessaires à Aïn Harrouda, ne le sont pas à Kénitra", indiquent les responsables. Les machines utilisées sont toutes importées de France, d'Italie, d'Allemagne, d'Angleterre. "Les partenaires sont diversifiés afin d'éviter toute dépendance vis-à-vis des fournisseurs, du point de vue pièces de rechange et services après-vente". Concernant le battage proprement dit, le tabac, dans une première phase, arrive au centre à l'état brut. Sa feuille, composée d'une partie appelée parenchyme (partie lisse de la feuille) et de côtes (nervures de la feuille), subit une série de transformations. La première étape est celle qui consiste à séparer la partie parenchyme de la partie côtes. La séparation est ensuite suivie par un traitement approprié aux deux composants. La feuille de tabac, séparée de ses côtes, est coupée et les côtes sont reprises et écrasées dans des laminoirs. Tout cela pour aboutir à une "pseudo-feuille de tabac".
Une fois le battage réalisé, les produits sont stockés séparément et expédiés vers les usines de production, notamment celle de Aïn Harrouda, la toute dernière, où débute la phase de préparation générale.

Quant à la nouvelle unité de production, elle se distingue d'abord par son emplacement, dans une aire de 10 hectares dont 45.000m2 de surface couverte aux environs de la commune de Aïn Harrouda, à 17km de Casablanca. "Le choix de ce site a été particulièrement dicté par le partage du Grand Casablanca, et pour décharger la Wilaya", explique M. Haddour, Ingénieur Responsable du Projet. Le prix du terrain est estimé à environ 7 millions de DH, "mais compte tenu de l'infrastructure inadaptée de la zone à recevoir une industrie aussi intense, 7 à 8 millions de DH ont été investis en viabilisation (acquisition d'un transformateur dont la capacité est de 8.000 KVA, assainissement...)", ajoute t-il.
Le coût global du projet est estimé à environ 450 millions de DH. Il emploiera 450 personnes dont 150 au sein des ateliers de fabrication.

Cette nouvelle unité se distingue ensuite par sa forte capacité de production qui, au départ, sera de 8 milliards de cigarettes par an (2,5 millions par heure) pour aboutir à 18 milliards (6 millions par heure) dans environ 3 à 4 ans. Chaque machine, 40 au total, fabrique 5.000 à 6.000 cigarettes par minute, c'est-à-dire 18.000 paquets par heure, "multiplié par un prix de vente moyen, de 12DH, cela donne 216.000 DH débités par machine", dit M. Haddour. Ces machines, unités distinctes, sont composées de confectionneuses, d'empaqueteuses et des machines de cartonnage des cigarettes.

2.000 tonnes d'acier et 20.000m3 de béton

Les études du projet ont démarré en Mai 1989, les travaux en Octobre 1990, coiffés par une commission technique de la Régie des Tabacs en collaboration avec environ 550 personnes relevant de 26 entreprises intervenant chacune dans sa spécialité (architectes, bureau d'études, partenaires commerciaux, laboratoires...). La construction devrait prendre fin en Octobre 1993. Les travaux ont été réalisés à 50%, dont 85% pour les gros oeuvres. L'unité de Aïn Harrouda, c'est aussi le gigantisme avec 2.000 tonnes d'acier, 20.000m3 de béton et 120 tonnes de gaine de climatisation. L'usine sera dotée d'un système appelé G.T.C, Gestion Technique Centralisée, qui permet le suivi automatique et informatisé de la production, fabrication, ventilation, climatisation, consommation de l'électricité....
Il s'agit d'un système de câblage relié à des terminaux qui véhiculent des informations concernant la marche normale, la panne éventuelle ou le défaut au niveau de telle ou telle machine. Ces informations sont reportées directement au sein de la G.T.C "étoffée par une équipe de surveillance".

Quant au coût de ce système de sécurité et de surveillance, il est estimé à 10 millions de DH. "Par exemple, à partir de 21 heures, heure de sortie, la GTC est programmée pour éteindre les machines de production, l'éclairage et déclencher les caméras de surveillance ainsi que le système de protection d'intrusion", explique M. Haddour. Le système de sécurité est placé tout autour du périmètre et "si un certain poids bien déterminé et un champ magnétique correspondant à l'être humain passe à travers cette barrière invisible", il est signalé et reporté au central. Tout le dispositif de caméras est déclenché pour pouvoir identifier "l'intrus". Un système de détection et de protection incendie est également prévu. Il s'agit d'un détecteur de fumée et de flammes.

Concernant la configuration de l'usine, celle-ci comprend un sous-sol englobant un compresseur, une centrale de dépoussiérage, stockage d'eau, des locaux techniques...Elle comprend également un rez-de-chaussée, sur 30.000m2, pour le stockage du tabac, la production, la confection et le paquetage des cigarettes. Les bâtiments annexes comprennent une station service, une station de traitement des eaux, des guérites de contrôle...

Hausse de la consommation des blondes

EN dépit des campagnes anti-tabac de plus en plus virulentes, la consommation de cigarettes au Maroc a considérablement augmenté, surtout celles des blondes dont les ventes ont connu entre 1989 et 1990 une augmentation de près de 8,2%.
En 1991, la Régie des Tabacs a réalisé un chiffre d'affaires de 5.300 millions de DH contre 4.542 millions en 1990. Soit une progression de 16%. La contribution au budget général de l'Etat s'est élevée en 1991 à 3,7 milliards de DH.
Le marché national reste traditionnellement un marché de tabac brun qui occupe plus des deux tiers du marché. Les ventes ont, toutefois légèrement baissé, passant de 14.489 tonnes en 1989 contre 15.042 tonnes en 1990. Les cigarettes brunes sans filtre ont baissé de 7,7 milliards de cigarettes en 1989 à 7 milliards de cigarettes en 1990. Les brunes avec filtre sont passées de 1,9 milliard de cigarettes en 1989 à 2,2 milliards en 1990. Les cigarettes blondes, quant à elles, ont connu une augmentation de l'ordre de 60% entre 1986 et 1990. Leurs ventes sont passées de 4,9 milliards de cigarettes en 1989 à 5,3 milliards en 1990. "Cet engouement pour les blondes est un phénomène mondial imposé par le marché des cigarettes qui se veut en perpétuel mouvement", expliquent les dirigeants de la Régie des Tabacs. La part des cigarettes locales dans le marché des blondes est de 68%. Leur part dans le marché global du tabac atteint 24,9%. "Les nouvelles marques créées ont donné entière satisfaction quant à leur comportement sur le marché et à leur évolution. Pour ne citer que l'exemple de la marque "The Best", elle a dépassé depuis longtemps en ventes quantitatives les deux plus grandes étrangères commercialisées au Maroc", ajoutent les responsables. En effet, les ventes des blondes marocaines ont quasiment doublé et leur production a augmenté de 25,7%, passant de 159 millions de paquets en 1989 à 199,9 millions de paquets en 1990. Les marques les plus vendues sont "Marvel","The Best", "Marquises". Les cigarettes blondes importées détiennent, quant à elles, une part de 32% du marché global du tabac.
Par ailleurs, parmi ses objectifs, la Régie des Tabacs envisage la fabrication, sous licence, de cigarettes blondes étrangères, car les équipements de la nouvelles unité de Aïn Harrouda peuvent répondre aux normes internationales de fabrication.

Meriem Oudghiri

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