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    La nature de la téléinformatique expliquée par l'exemple

    Par L'Economiste | Edition N°:25 Le 16/04/1992 | Partager

    Après l'assimilation de l'outil informatique par la plupart de nos entreprises et administrations, la connexion des ordinateurs distants passe du stade du souhait à celui de la nécessité, le marché de la télé-informatique est né. Les gestionnaires s'intéressent de plus en plus à ce phénomène sur le plan économique, par contre, son volet technique reste souvent voilé de mystère. Le but de cet article n'est pas d'expliquer les détails des protocoles de télécommunication, ni la configuration de réseaux. Il d'expliquer les bases d'une communication entre deux ordinateurs dont la compréhension suffit pour ôter aux télécoms leur caractère parfois mytique.

    Imaginez l'horizon d'un crépuscule printanier, de la verdure, des arbres, mais aussi des poteaux électriques.
    Dans ce ciel aux couleurs pastels, des hirondelles esquivent les malheurs de leur destin et se posent de temps à autre sur les fils électriques afin de reprendre quelques souffles.
    Une de ces hirondelles deviendra pour nous, ce que la pomme a été pour... Newton!
    En effet nous pouvons nous demander pourquoi cette hirondelle ne s'électrocute-t-elle pas en se posant sur un fil électrique qui, touché par un électricien, risque de laisser de mauvaises traces dans ses souvenirs.
    Pour répondre à cette question, nous devons introduire la notion de POTENTIEL ELECTRIQUE. Le potentiel d'un fil électrique peut être vu comme la densité sur ce fil de ces cellules électriques que l'on appelle des ELECTRONS. On imagine alors aisément, avec cette vue de densité, que si l'on relie deux fils électriques dont les densités respectives sont différents, il y aura une fuite d'électrons du fil de densité la plus élevée vers celui de densité inférieure. Cette fuite d'électrons est le courant électrique.
    Revenons à notre charmante hirondelle, et nous comprenons mieux maintenant pourquoi elle ne s'électrocute pas en se posant sur le fil électrique, en effet c'est parce qu'elle ne touche qu'à un seul fil, elle n'est donc concernée que par un seul POTENTIEL ELECTRIQUE, et elle ne provoque aucune fuite d'électrons donc aucun courant électrique donc pas d'électrocution.

    Différence de potentiel

    Nous avons compris pourquoi l'hirondelle ne s'est pas électrocutée mais nous n'avons pas encore compris pourquoi le pauvre électricien s'électrocuterait en touchant au même câble.
    Ce qu'il faut savoir, pour comprendre ceci, c'est que la vieille étoile sur laquelle nous vivons, la terre, a elle aussi son propre potentiel électrique. Nous voyons maintenant que l'électricien, debout par terre ou grimpant sur un poteau relie deux éléments électriques de potentiel différent à savoir le fil électrique et la terre, il provoque alors une fuite d'électrons donc un courant électrique donc une électrocution.
    Nous comprenons maintenant que l'on a absolument besoin d'une DIFFERENCE de POTENTIEL pour provoquer un courant électrique c'est ce qui explique qu'au niveau de nos prises électriques nous avons deux fils et non pas un seul, c'est parce que nous utilisons la DIFFERENCE de POTENTIEL entre ces deux fils et ce sont les célèbres 220 volts.
    Riches de la compréhension de l'histoire de cette hirondelle qui ne s'électrocute pas et de l'électricien qui le risque nous pouvons essayer d'appréhender les notions de base de la transmission d'informations entre deux ordinateurs distants, appelée téléinformatique ou plus généralement télécoms.
    Pour comprendre ce que peut-être un système de télécommunications, nous allons imaginer une application très simple que nous allons rendre de plus en plus complexe.
    nous allons imaginer un bâtiment dont la porte d'accès est commandée par un ordinateur central, qui décide de l'ouvrir pour laisser rentrer une personne puis lui ordonne de se refermer.

    Communication simple

    Pour que cet ordinateur central puisse être averti de la présence d'une personne devant la porte nous allons mettre un micro-ordinateur devant cette porte, et une personne qui se présente devra appuyer sur une touche du micro-ordinateur, celui-ci avertira alors l'ordinateur central qui décidera d'ouvrir la porte.
    Pour la mise en place du système de télécoms nécessaire au dialogue entre ces deux ordinateurs on mettra deux fils électriques entre eux. Quand une personne appuiera sur une touche du micro celui-ci mettra une DIFFERENCE de POTENTIEL de 5 volts pendant une durée d'une seconde entre les deux fils qui le relient au central, ce dernier "se faisant électrocuter" par cette DIFFERENCE de POTENTIEL pendant une seconde saura qu'il y a quelqu'un en face de la porte et décidera de la lui ouvrir.
    Le niveau de dialogue d'un tel système est bien entendu très primaire, mais l'ambition de l'exemple était justement d'illustrer un système permettant la communication d'une information primaire qui dans notre exemple était "PRESENCE D'UNE PERSONNE DEVANT LA PORTE".
    Nous allons maintenant compliquer un petit peu plus notre application, et nous allons imaginer que seule une vingtaine de personne sont autorisées à rentrer dans ce bâtiment et chacune pendant une tranche horaire prédéfinie, à chacune de ces personnes nous allons attribuer une touche du clavier (Mr JILALI aura la touche A, Mr AIACHI aura la touche B etc...)
    Une personne se présentant devant la porte devra se déclarer en appuyant sur la touche qui lui aura été attribuée. Le micro devra envoyer cette information au central qui décidera ou non d'ouvrir la porte.

    Le code ASCII

    Avant de réfléchir au système de télécoms à mettre en place, nous devons commencer d'abord par remarquer que le système précédent n'est plus suffisant puisqu'il ne permettait de transmettre que l'information "PRESENCE D'UNE PERSONNE DEVANT LA PORTE" sans pour autant dire quelle est cette personne.
    Le système à mettre en place devra permettre de transmettre l'information "QUI EST A LA PORTE" en transmettant une information indiquant sur quelle touche la personne a appuyé.
    Pour pouvoir continuer, nous avons besoin d'ouvrir une petite parenthèse pour expliquer ce dont beaucoup d'initiés à l'informatique ont déjà entendu parler sans savoir exactement ce que c'est, il s'agit du fameux CODE ASCII. C'est tout simplement une convention (d'un organisme américain) qui consiste à associer à chaque caractère de l'alphabet informatique
    (A, B, C, D,... a, b, c, ... z, 0, 1, 2, 3,...,&,é,",',-,è,_, ç, à, =,/,....) une configuration de huit symboles (0 ou 1) dans un ordre déterminé.

    Exemple:
    au caractère A correspondra la configuration 00101011
    ...... B . . . . . . . . . 00101111
    ...... C . . . . . . . . . 00110000
    ...... Z . . . . . . . . . 01110000

    Fermons alors la parenthèse et revenons au système de télécommunications à mettre une place.
    On voit que si on adopte une convention de configuration pour les caractères à transmettre, on pourra transmettre l'information "QUI EST A LA PORTE" en transmettant une information indiquant la touche sur laquelle la personne a appuyé; et ceci pourra se faire par la transmission de la configuration de la touche en question. La transmission de cette configuration se fera par la transmission des symboles 1 et 0 qui la composent sachant que la transmission d'un symbole 1 se fera par le maintien d'une DIFFERENCE DE POTENTIEL de 12 Volts entre les fils qui relient les deux ordinateurs et la transmission du symbole 0 se fera par le maintien d'une DIFFERENCE DE POTENTIEL de 5 Volts entre les fils.
    Ainsi deux ordinateurs peuvent se communiquer des caractères entre eux. La communication d'une suite de caractères permettra la communication de "texte" entre des machines d'où un dialogue d'un niveau supérieur.
    Les concepts de base de la télé-informatique ne sont pas plus compliqués que cela, on le remarque c'est tout naturel et presque même poétique.


    Abdellatif BENIDER
    Ingénieur IN7

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