×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Politique Internationale

    La Mimouna, entre le recueillement et le festin

    Par L'Economiste | Edition N°:27 Le 30/04/1992 | Partager

    Même s'ils n'ont plus l'importance numérique d'antan, et s'ils ont adopté le style de vie occidental, les Juifs marocains restent attachés à leurs rites religieux sur lesquels se greffent quelques habitudes culinaires. La Mimouna, célébrée le 25 Avril dans une ambiance conviviale termine la semaine de la Pessa'h en souvenir d'une épopée biblique.

    A l'occasion du 8ème jour de la Pâques juive, la "Mimouna" ou fête du pain est célébrée, Samedi soir (cette année le 25) après le "chabbath", jour de prières et de repos hebdomadaire consacré à Dieu et dont la loi mosaïque fait à tout juif une stricte obligation.
    La fête de la "Mimouna" est très importante car le pain prend une valeur symbolique. Dès le coucher du soleil, la famille juive prépare la table et peut, de nouveau, consommer les pâtisseries et viennoiseries à base de levain.

    De temps en temps, quelques épis de blé, symboles d'abondance et de prospérité, sont disposés au centre de la table ainsi que dans chaque pièce de la maison.
    Traditionnellement, chaque famille juive place sur la table une coupe vide pour l'invité de passage.
    Car la "Mimouna" est une fête conviviale où personne ne doit se trouver seul et isolé.
    C'est une soirée très gaie, où l'on boit du vin et, que l'on passe en famille, avec des amis juifs mais aussi des chrétiens et des musulmans. C'est une fête où l'on se souhaite mutuellement bonheur et réussite.

    Grand nettoyage

    Du point de vue culinaire, le menu de la "Mimouna" se compose essentiellement de lait, symbole de la terre promise, du repos, de la prospérité. Le beurre et le miel sont symboles de verdure. Quant au poisson avec quelques fèves enrobées de farine il symbolise la fertilité. Des "moflets", genre de "mssemen" font aussi partie du menu.
    Beaucoup de mets à base de farine après une semaine de privation, durant laquelle la famille juive ne consomme ni pain ni gâteaux à base de levain. Dès le début de cette période, (cette année, du 20 au 25 Avril) communément appelée la "Pessa'h" commence le grand nettoyage de la maison. C'est également un auto-nettoyage profond et physique. Aucune trace de pain ou de farine ne doit rester.

    Le "Pessa'h" a une signification de passage, de renaissance, où l'on vit autrement. De plus, à la veille de Pâques, le père doit vérifier qu'il n'y a plus de "hamets" ou morceaux de pain cachés volontairement dans la maison par les enfants.
    A cette occasion, une vaisselle pour les fêtes, est mise de côté et préparée pour la "Pessa'h" car elle doit être pure c'est-à-dire ne pas toucher le pain.
    La "Pessa'h" est une sorte de carême où l'on doit penser autrement, refaire ses valeurs pour aller plus loin dans la santé, dans le mental afin d'en ressortir plus glorieux. C'est en réalité la chasse au désordre, au chaos. Elle symbolise en réalité la fête de la libération.
    Par la suite, le "Sédère" est célébré les 2 soirs de Pâques. Chaque juif doit se souvenir du grand moment de la délivrance et il doit même se considérer comme libéré personnellement. Selon la coutume, chaque famille juive doit lire la "Mâggada" qui est accompagnée de prières et de chants durant 1h30.

    En souvenir de Moïse

    Un verre d'eau salée ou de vinaigre avec du persil ou du céleri, un os grillé, un oeuf dur ou "betsa", quelques galettes et l'"harrossète" ornent, à cette occasion, le milieu de la table. L'"harrossète", quant à elle, composée de dattes, de pommes rapées, de noix, d'amandes, de sucre, de cannelle et de pétales de rose, représente le mortier, symbole de souffrance.
    Cette "entrée" est suivie d'une soupe de légumes et de fèves et d'un rôti d'agneau "Pascal" aux truffes blanches. Tout ceci constitue le cérémonial du "Sédère". Viennent ensuite les mi-fêtes dites "Oustane" comme prélude à la "Mimouna". Au-delà de cet art culinaire et de ces traditions, c'est toute l'histoire du peuple juif et de ses valeurs qui sont commémorées. Ainsi, la "Pessa'h" représente la libération du peuple juif sous la conduite de Moïse, leur départ précipité et le passage dans la Mer Rouge. Les Juifs avaient en effet fui l'esclavagisme et la souffrance imposée par les Pharaons en Egypte. Ils vécurent 40 ans dans le désert et s'installèrent par la suite, dans Israël, terre promise. "Pessa'h" devint alors aussi la fête de la première moisson d'orge. L'utilisation des herbes "Maroi", amères, de l'eau salée et de l'"harrossète", symbolisent la souffrance et l'esclavagisme du peuple juif. La "Mimouna" est l'occasion de la commémoration des deux aspects, à savoir la douleur et la foi. Finalement, "chaque peuple juif", selon l'origine, utilise des intrants différents pour un symbolisme unique.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc