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Economie

La marche-arrière de Mansouri face aux routiers

Par L'Economiste | Edition N°:447 Le 19/02/1999 | Partager

Après deux jours de grève, les transporteurs routiers, ceux qui exploitent les petits camions de moins de 8 tonnes, ont réussi à faire plier le gouvernement sur le tachygraphe et la tolérance de la surcharge de véhicules. Et tant pis pour la sécurité sur les routes.

C'EST hier jeudi 18 février que M. Mustapha Mansouri, ministre du Transport et de la Marine Marchande, a présenté le projet de loi portant réforme du transport routier de marchandises en Conseil de Gouvernement. C'est peut-être une coïncidence, mais toujours est-il que l'examen de ce texte intervient au lendemain de la montée au créneau de petits transporteurs (ils viennent d'observer une grève de 48 heures), ceux qui exploitent notamment les fameux camions de moins de 8 tonnes. Ils font pression sur les autorités pour obtenir la suspension, en fait l'abandon de l'obligation d'installation du chronotachygraphe sur les véhicules de plus de 3,5 tonnes.
Au passage, il faut rappeler qu'ils ne s'y sont jamais conformés en dépit d'une réglementation les y contraignant depuis trois ans. Ils réclament par ailleurs (ce qu'ils font déjà en réalité sur le terrain) qu'ils soient autorisés à pratiquer la surcharge sur leurs véhicules, avec tout ce que cela implique pour la sécurité sur les routes.
Après que leurs représentants aient été reçus avant-hier par M. Mansouri, ces opérateurs peuvent jubiler, en tout cas si l'on en juge par les promesses que leur a faites le ministre. Ils sont en passe d'obtenir gain de cause sur toute la ligne. Voilà qui ne va pas manquer de soulever un nouveau tollé auprès de quelques opérateurs organisés du secteur, déjà très critiques vis-à-vis du projet de la réforme pour son manque de rupture par rapport à l'anarchie régnante dans l'activité(1).
La réponse de la tutelle apparaît à bien des égards comme une remise en cause de l'obligation de l'installation du tachygraphe: M. Mansouri a demandé à une commission technique de lui formuler des recommandations sur l'opportunité de maintenir l'obligation de cet outil, vulgarisé en Europe, mais auquel la majorité des transporteurs restent pour l'instant viscéralement opposés.

70.000 camions en clandestinité


"L'objet est d'envisager, le cas échéant, un autre moyen de contrôler l'excès de vitesse et le temps de travail sur la route", confie-t-on au Ministère du Transport où l'on se défend de faire marche-arrière. Les experts du transport parlent du limitateur de vitesse qui, lui, est incorporé à la conception du véhicule. Le recul du gouvernement est en contradiction (et révise de fait à la baisse) avec ses ambitions en matière de lutte contre l'insécurité sur la route. Les compagnies d'assurances apprécieront.
L'augmentation "administrative" du tonnage autorisé sur les véhicules sera aussi examinée dans une autre commission. A l'évidence, on s'achemine vers un scénario de légalisation d'une situation de fait, en marge de la loi, mais que les autorités tolèrent pour des raisons "sociales". Pour couronner le tout, Rabat affirme qu'"ils sont les seuls à pouvoir desservir les zones les plus reculées du pays, et que leur présence est incontournable". Les propriétaires de 60.000 à 70.000 camions de moins de 8 tonnes qui circulent sur les routes prospèrent dans une situation de non-droit et les autorités ont du mal à les en sortir. Ils ne sont ni déclarés à la patente (et ne paient donc pas d'impôts), ni au Registre de Commerce. En plus, aucun de ces opérateurs ne respecte l'objet pour lequel il a été agréé, à savoir le transport public de marchandises pour son propre compte. Tous ou presque font du transport pour le compte de tiers au su et au vu de tout le monde. Le projet de réformes se fixe entre autre objectif leur réintégration dans l'économie officielle.

Abashi SHAMAMBA

(1) Voir L'Economiste du 13 janvier 1999.

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