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La location longue durée peine à se structurer

Par L'Economiste | Edition N°:2274 Le 12/05/2006 | Partager

. Le pugilat tarifaire fait rage sur le marché . Depuis 2006, la redevance est déductible à hauteur de 300.000 dirhams C’est une activité nouvelle, elle a vocation à se développer, elle ne se porte pas trop mal… Ce sont là les principaux constats dressés par les opérateurs de la location longue durée (LLD), une activité qui enregistre un taux de croissance de 20%. De plus en plus d’entreprises s’y intéressent puisqu’elle leur permet de se recentrer sur leur métier de base et externaliser la gestion de leur parc auto à des spécialistes. «Les grands chantiers d’infrastructures et l’intérêt croissant des administrations et des collectivités locales constituent autant d’opportunités à saisir», estime Omar Filali, président du directoire de Chaabi LLD, filiale du Groupe banques populaires. La LLD représente un véritable intérêt économique pour l’entreprise. «Par rapport au leasing, elle revient 30% moins chère en termes de coûts directs», soutient Hugues Thiebaut, directeur général d’Arval, filiale du groupe BNP Paribas. La location longue durée permet à l’entreprise de maîtriser son budget voiture sur plusieurs années et donc ses coûts. Elle lui permet aussi de disposer d’un parc automobile en état de fonctionnement sans avoir à gérer les soucis inhérents à l’exploitation et à la maintenance. «C’est une prestation clés en main qui dégage l’entreprise de toute contrainte de gestion logistique, financière, technique ou autre», estime Michel Binesty, directeur général d’Europcar.L’entreprise évite par ailleurs les risques liés à la détention de véhicules et à leur revente. Elle dispose aussi d’un état détaillé de son parc. Schématiquement, l’entreprise choisit les véhicules, par la suite, le loueur finance l’acquisition et en devient propriétaire. Les sociétés de LLD recourent en général à des financements sur fonds propres et à des crédits à moyen terme à des taux préférentiels. Un contrat de location établit par la suite les modalités de location. En général, les loueurs recommandent une durée minimale de location de 48 mois de manière à bénéficier de l’exonération de la TVA. Parmi les prestations couvertes, figurent la maintenance, les réparations, l’assurance, l’assistance, la vignette, etc. Le kilométrage est un élément vital lors de la négociation du contrat. D’ailleurs, il est souvent à l’origine de conflits entre les loueurs et leurs clients. Des réajustements sont ainsi effectués en fonction du kilométrage réellement «consommé» et des rapports réguliers sur l’état du parc permettent de planifier la gestion kilométrique. . 14.000 véhicules placés par anLa location longue durée a aussi le mérite d’alléger le bilan de l’entreprise puisqu’aucun véhicule n’y apparaît et les loyers sont déductibles du résultat net dans la limite de 300.000 dirhams, plafond de l’amortissement fiscal des véhicules de tourisme. Voilà pour les avantages. Le nombre important d’opérateurs sur un marché faible en volume ( entre 12.000 et 14.000 véhicules de location longue durée) fait que les clients bénéficient de réductions importantes sur leur budget. «La concurrence est aiguisée, car les loyers proposés par les grands de la LLD s’approchent de plus en plus de la réalité économique de la vie d’un véhicule depuis sa mise à la route jusqu’à sa fin de contrat», estime Vincent Kneppert, directeur général d’ALD Automotive. Selon lui, un loyer financier doit prendre en compte différents paramètres tels que la valeur du véhicule dans 3 ou 4 ans sur le marché de l’occasion, la notion de risque mécanique en plus d’autres paramètres techniques. Mais à en croire les opérateurs, la guerre des prix fait rage aujourd’hui, au grand bonheur des entreprises et administrations. Ces deux importants pourvoyeurs de la demande font montre d’exigences parfois «inacceptables». Dans cette bataille, certains prestataires sont prêts à toutes les concessions, y compris en concédant au client le kilométrage illimité et en renonçant aux frais de remise en état des véhicules au terme du contrat. Certains opérateurs qualifient cette concurrence de «sauvage». Pour grignoter des parts de marché, des loueurs accordent des avantages qui, à long termes risquent de mettre à plat leurs propres entreprises. Il n’est pas rare de trouver des contrats conclus avec une assurance sans franchise, le kilométrage illimité et l’absence de frais de remise en état «que tout professionnel devrait prévoir à la fin du contrat»: cela revient à donner carte blanche à l’entreprise qui restituera un véhicule en mauvais état, tempête Hugues Thiebaut, directeur général d’Arval. Ce n’est qu’au moment de la revente du véhicule sur le marché de l’occasion que l’opérateur se rendra compte de son «erreur». Explication: dans l’activité LLD, le marché de l’occasion est important, surtout que la reprise par les constructeurs du parc ou le «buy back» au terme de la durée d’exploitation des véhicules n’est pas prévu. Ce qui constitue un handicap au développement de l’activité, indique Michel Benisty. Les loueurs sont obligés à la fin de chaque contrat d’effectuer le détour par le marché de l’occasion pour revendre les véhicules et «rentrer dans leurs frais». «Nous effectuons une estimation du prix de revente à la fin du contrat et durant la période de location, le client ne paie que la différence», expliquent des professionnels. Le problème est que certains opérateurs surestiment le prix de revente. Dans leur évaluation, ils ne tiennent pas compte de la réalité du marché de l’occasion au Maroc. Les risques vont s’amplifier aussi avec la déréglementation douanière qui encouragerait l’importation de véhicules et se traduirait aussi par la baisse du prix des véhicules neufs. Autant de données avec lesquelles il faut composer avant d’établir une estimation du prix de revente à l’échéance des contrats. Autre problème, la couverture géographique des concessionnaires. Généralement, des contrats mis en place avec les concessionnaires automobiles portent sur l’acquisition d’une flotte neuve, l’achat de pièces de rechange, la maintenance et l’assistance du réseau. A défaut d’avoir des points de vente et de service après vente, les loueurs s’appuient sur un réseau de garages agréés. Mais la qualité des prestations pose parfois problème. D’ailleurs, certaines entreprises déçues par ce service ont préféré rebasculer vers le crédit leasing.


Le gasoil plutôt que l’essence

La LLD n’est pas affectée par l’augmentation du prix du carburant. Pour les professionnels, la location longue durée par son système de suivi des consommations de carburant permet de rationaliser les parcours effectués par les véhicules et de réaliser des économies en matière de kilométrage. L’impact est ainsi plus prononcé dans la location courte durée. Mais cela n’empêche pas les loueurs de privilégier et de conseiller à leurs clients des véhicules gazoil. Ces derniers étant d’ailleurs plus faciles à «liquider» sur le marché de l’occasion. Khadija MASMOUDI

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