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Les équipementiers partagés entre l’espoir et le doute

Par L'Economiste | Edition N°:2274 Le 12/05/2006 | Partager

. Les pouvoirs publics tablent sur un marché de 100.000 unités en 2010. La vision 2015 du secteur est à l’étudeA quelques jours de la tenue du principal événement automobile au Maroc, l’Auto Expo, l’Association marocaine des industries et du commerce de l’automobile (AMICA) a rendu publique une étude stratégique sur l’état du secteur automobile au Maroc. Il en ressort que les dernières années ont été marquées par une dynamique sans précédent. En 2004, le secteur a enregistré une croissance de 11%, avant de performer à 18% en 2005. Cette performance ne s’est pas démentie au premier trimestre 2006 avec un taux de croissance des ventes de véhicules de 25,2%. Cependant, le taux de motorisation reste faible puis qu’il atteint à peine 60 à 65 pour 1.000 personnes, alors que dans des pays comme la Tunisie, l’Algérie, la Turquie, il se situe aux alentours de 100. L’âge moyen du parc est estimé à 17 ans mais la prédominance des véhicules neufs montés localement ou importés devrait contribuer au rajeunissement futur du parc automobile en circulation. Les simulations menées par le ministère du Commerce et de l’industrie indiquent que la demande devrait dépasser les 100.000 unités dès 2010 contre un peu plus de 65.000 en 2005. Les voitures montées localement jouent un rôle majeur dans la dynamique que connaît le secteur. La mise en circulation de la Logan commence déjà à impacter positivement le volume d’activité de la monte locale qui s’est accru de 14% contre 6 pour le CBU. Désormais, les voitures montées localement sont à plus de 40% de part de marché du neuf alors qu’au niveau du top 10, Dacia prend la tête du peloton. La réanimation de l’activité du montage local s’est répercutée sur le marché des équipements de la première monte qui a profité aux PME les plus performantes. D’ailleurs, l’équipe Achat de Renault Maroc a annoncé que pour l’année en cours, le taux d’intégration des composants locaux devrait atteindre 26% au minimum, voire 33% en fin d’année. Il passera à 40% en 2007. Le marché des pièces de rechange, maillon important de la monte et aussi de l’après-vente, vit quant à lui une situation délicate. Certes, le secteur a connu une amélioration de la production des composants automobiles qui a doublé entre 1997 et 2004, passant de 2,5 milliards de dirhams à environ 6 milliards de dirhams. Mais l’ouverture du marché, suite au démantèlement des droits de douane, place les équipementiers face à une concurrence farouche qui leur a fait perdre de substantielles parts de marché. Ces derniers cherchent néanmoins à saisir les opportunités offerts par l’ouverture du marché, souligne l’étude.Les professionnels de l’équipement s’efforcent de plus en plus à développer à la fois leur marché local en approvisionnant la première monte et la rechange mais aussi les marchés à l’export en fournissant les constructeurs et les équipementiers de rang supérieur. En d’autres termes, ils essayent de s’adapter à un marché de plus en plus concurrentiel en consentant plus d’efforts en matière d’investissement et de modernisation de leur process.L’étude souligne que les équipementiers restent partagés entre inquiétude au vu de la dépréciation de leur part dans le marché local de la pièce de rechange et l’optimisme puisque le secteur connaît une mutation qui laisse apparaître des perspectives prometteuses.Par ailleurs, le rapport constate une dynamique réelle des investissements étrangers et particulièrement dans la zone franche de Tanger dont les promoteurs sont motivés par la réduction de leurs coûts de production. C’est une tendance qui est appelée à s’accentuer dans le futur en raison de l’essor de la stratégie d’approvisionnement dite «global sourcing’’ adoptée par les constructeurs qui privilégient les nouveaux sites de production peu coûteux. La position géographique du Maroc ainsi que l’excellence de ses relations commerciales avec les pays européens devraient, selon le rapport, lui permettre de bien tirer profit des implantations directes ou indirectes dits de «low cost».Des références internationales ont déjà opté pour le Maroc en tant que plate-forme de production et d’exportation. En témoigne le choix du groupe de Renault de retenir le Maroc en tant que site régional d’assemblage de voitures. Autre indice, la montée en volume des investissements étrangers et la multiplication de la prospection des donneurs d’ordre auprès du tissu local des équipementiers. L’intérêt du constructeur Seat /Volkswagen de développer son sourcing à partir du Maroc est révélateur à cet égard. Il compte fructifier son volume de sourcing actuel qui s’élève déjà à 130 millions d’euros (14 milliards de dirhams).Interface entre les pouvoirs publics et les professionnels du secteur automobile, l’Amica devrait également s’adapter aux nouveaux enjeux du secteur considéré comme un des piliers de l’industrie marocaine par le plan Emergence. C’est dans ce dessein que l’association a multiplié les actions de promotion. Dans ce sens, l’Amica a organisé en partenariat avec l’ANPME, les premières rencontres de partenariat en marge du salon Tec’Auto en juin 2005 où une trentaine d’entreprises marocaines ont pu entrer en contact avec des grands donneurs d’ordre ou des équipementiers de premier rang. A la lumière des premiers résultats obtenus, il a été préconisé de réorienter ce projet vers une approche individualisée. Ainsi, il a été convenu de retenir un groupe cible d’une douzaine d’entreprises, les mieux préparées aux formules de partenariat. Ces entreprises seront encadrées par un expert chargé dans le cadre du Programme d’appui aux entreprises de les assister dans leur quête de nouveaux partenaires. L’association a également initié une action structurante tendant à développer une meilleure visibilité de l’évolution du secteur dans son environnement aussi bien national qu’international. «Nous sommes penchés sur l’ébauche d’une vision stratégique de notre filière dans les dix années à venir, à l’horizon 2015», souligne le président de l’Amica, Mohamed Laghouati. Cette démarche, initiée en 2004, est soutenue par l’ANPME dans le cadre du programme GTZ afin de favoriser le Maroc en tant que plate-forme automobile dans la région du croissant méditerranéen.


Missions de partenariats

QUATRE missions sont déjà inscrites sur l’agenda de l’Amica. Il s’agit de la mission Espagne pour renouer le contact avec Seat, filiale du groupe Volkswagen qui est déjà réalisée. De la mission en France pour présenter l’offre marocaine au constructeur de bus, Iris bus. De la participation à la convention d’affaires Automotive Meetings qui réunira près de 400 entreprises internationales (constructeurs, équipementiers et fournisseurs de rangs 2 et 3) qui se rencontreront au travers de rendez-vous d’affaires qualifiés. Et de la mission en Italie pour rencontrer l’association milanaise des équipementiers dite «From concept to car» en vue d’examiner les opportunités de partenariat et aussi présenter une offre à la direction des Achats de Fiat et d’Iveco.


Les projections du parc en 2015

LA vision stratégique 2015 part de l’hypothèse d’un taux de croissance soutenu jusqu’à 2015 de 15% alors qu’il était de 1996 à 2004 de 10%. Le paysage automobile au Maroc pourrait se présenter comme suit: Le nombre de véhicules neufs sera multiplié par 4,5 avoisinant les 222.000 véhicules. Le parc serait établi autour de 3,3 millions de véhicules et le taux de motorisation s’améliorerait pour se situer à près de celui de la Tunisie actuellement (environ 100 véhicules pour 1.000 habitants). Par ailleurs, la production destinée au marché local avoisinerait les 90.000 véhicules intégrant la Logan, les voitures particulières et les utilitaires.L’hypothèse de 15% prise pour la simulation de l’évolution du marché en 2004 paraît justifiée au regard de la tonicité actuelle du marché. En 2005, le marché a enregistré un taux de croissance de 18% et en premier trimestre 2006, dopé par la sortie de la Logan, il s’est accru de 25%.Concernant la monte locale, le succès du lancement de la Logan sur le marché local, les perspectives prometteuses de son exportation aussi bien vers l’Europe que vers des pays arabes, rend les objectifs d’exportation de 40.000 voitures en 2014 et de fabrication de 30 000 véhicules utilitaires à partir de 2011 plus que probables. Reste à surmonter les barrières douanières dans les pays arabes.


L’effet Logan

POUR donner un second souffle à l’industrie automobile, une convention a été signée entre le ministère du Commerce et de l’Industrie et Renault pour la réalisation du projet L90. Il s’agit du montage de la nouvelle voiture Logan destinée aux marchés émergents. Le Maroc a été le troisième site retenu après la Roumanie et la Colombie. Une attention particulière a été accordée au développement de nouveaux métiers tels que la fonderie et la plasturgie ou encore l’emboutissage. A travers ce projet, les pouvoirs publics et les professionnels espèrent la consécration du Maroc en tant que premier pays du sud de la Méditerranée à exporter des voitures particulières et l’ouverture de nouvelles perspectives pour consolider le montage au niveau de la Somaca avec ses répercussions positives sur la consolidation de notre tissu des équipementiers.Morad EL KHEZZARI

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