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L'informel dicte les règles du jeu sur le marché de l’occasion

Par L'Economiste | Edition N°:2274 Le 12/05/2006 | Partager

. 9 transactions sur 10 sont réalisées dans l’économie souterraine. Près de 226.000 voitures vendues en 2005. Derrière la pagaille, un florissant circuit de voitures voléesLe marché de l’occasion se porte bien. Selon les statistiques émanant du Centre d’immatriculation et de permis de conduire Casa/Nord, les mutations de véhicules au niveau national ont atteint 295.851 en 2005. Les voitures de tourisme arrivent en tête avec 225.887 transactions. Au moins 3 opérations sur 4 portent sur la voiture de tourisme. Elles sont suivies loin derrière par les véhicules utilitaires avec 69.039 unités. Il s’est écoulé en 2005, 915 motos. A elle seule, Casablanca concentre 34% des transactions. Le poids de la métropole, sur le marché de l’occasion, reflète aussi sa part dans le parc automobile du pays, soit 36%. Les voitures les plus prisées sont celles dont le prix se situe entre 50 et 80.000 dirhams qui ont une puissance fiscale inférieure ou égale à 7 chevaux et à motorisation diesel. Elles représentent 3/4 de la demande pour des raisons du coût de la vignette et de l’assurance. Ces motivations rejoignent également celles de l’achat de la voiture neuve. En général, l’acquéreur intègre dans sa décision la facilité de revendre la voiture en plus des charges fixes et variables. Comparé à 2004, le nombre des transactions a reculé de 5%. «Cette baisse est à attribuer aux facilités de financement d’achat de voitures neuves, notamment la location avec option d’achat qui a ouvert l’accès à la motorisation à une nouvelle couche de consommateurs», explique Abdelkrim Saadaoui, chef du Centre d’immatriculation et de permis de conduire Casa/Nord. Le marché de l’occasion est dominé par l’informel. Ce sont toujours les «courtiers» qui dictent la règle du jeu. «Environ 90% des transactions se font dans l’informel», estime Ali Alaoui, directeur général de la société Master Auto, mise en veilleuse en attendant une restructuration, victime de la concurrence des souks automobiles (voir encadré). «Le marché n’est pas structuré, l’anarchie qui y règne cause beaucoup de problèmes aux acquéreurs», souligne Abdelkrim Saadaoui. Les souks informels poussent comme des champignons et n’importe qui peut se transformer du jour au lendemain en intermédiaire. Il lui suffit d’avoir un téléphone portable. Les marchés informels les plus connus sont ceux situés dans la banlieue de Casablanca (Sbata et Sidi Bernoussi), de Rabat et de Khouribga, pour ne citer que ceux-là. Malgré les apparences, on n’y fait pas toujours de bonnes affaires. L’acheteur est livré à lui-même face à des vendeurs prêts à lui proposer tout et n’importe quoi. Un conseil: avant de conclure, il faut amener avec soi un connaisseur en automobile ou un garagiste en qui on a confiance. Gare aussi au recel. Ces marchés sont régulièrement alimentés par des voitures volées en Europe ou au Maroc, dont une partie est destinée à l’«export» vers la Mauritanie principalement, via des réseaux parallèles. Certains garages à Casablanca se sont même spécialisés dans les voitures volées à l’étranger, en général des voitures haut de gamme, selon des professionnels. A l’achat, l’acquéreur est prévenu qu’il ne peut pas sortir des frontières sous peine d’être intercepté par Interpol. L’argument de vente pour allécher le consommateur est les prix, en général très bas. En échange, il accepte zéro garantie. «Si la responsabilité du vendeur pourrait être engagée au moins dans les deux mois qui suivent la transaction, cela permettra d’assainir le marché. On a tellement vu d’arnaques et ce n’est pas prêt de s’arrêter de sitôt», martèle le directeur général de Master Auto.Autre faille: sans qu’elle n’ait officiellement de statut de commerçant, une personne peut acheter et vendre autant de voitures qu’elle veut durant toute l’année sans payer d’impôt, ni rendre de compte à qui que ce soit. C’est ce qui favorise la prolifération de l’informel et, par la même occasion, la multiplication des courtiers qui animent l’essentiel du marché. Ce dernier compte également une poignée de sociétés structurées en plus de garages spécialisés dont certains ne déclarent pas toute leur activité. Mais l’attitude du consommateur n’encourage pas le développement de ce type de structures. Il préfère le circuit des courtiers ou le bouche-à-oreille, ou encore les annonces pour conclure les transactions au lieu de s’adresser à une entité structurée, quitte à prendre des risques. La voie la moins risquée est d’aller vers les entreprises spécialisées dans la vente de l’occasion. Elles procèdent à la vérification mécanique du véhicule et de son «état civil». Certaines concèdent même six mois, voire un an de garantie. Mais face à l’argument de prix des souks populaires, la concurrence est largement déséquilibrée.


Master Auto en veilleuse

La société Master Auto est en phase de restructuration. «Nous avons décidé de mettre entre parenthèse notre activité, le temps de réfléchir à un nouveau modèle puis revenir à la charge dans quelques mois», affirme Ali Alaoui. Et d’ajouter «depuis la création de l’entreprise, on a pu asseoir un nom, organisé le salon Occasio et mis en place notre grille de tarification Mastercote. Ce serait dommage de laisser partir tout cela». La société a réalisé beaucoup de ventes (près de 200) l’année dernière sans faire de bénéfice. Pour l’instant, Master Auto s’apprête à aménager dans un nouveau local, plus petit que l’actuel, «le temps de trouver la bonne formule» et se relancer.


Occasio: Une initiative avortée

Les initiateurs du salon professionnel de la voiture d’occasion «Occasio» sont en train de réfléchir sur un autre concept de l’exposition. Le but est de ne pas tomber dans les pièges de la première édition qui s’est tenue au Karting de Casablanca il y a deux ans. Celle-ci a été avortée par les agissements de certains intermédiaires qui faisaient les transactions sur le parking de manière informelle.


Tout ce qui brille n’est pas or

Pour ne pas se faire arnaquer à l’achat d’un véhicule d’occasion, il est conseillé d’observer quelques précautions. Pour un néophyte, il faut toujours se faire accompagner par un «connaisseur» ou un mécanicien.- D’abord voir la voiture en plein jour pour détecter s’il y a d’éventuelles différences de teintes (traces d’accidents camouflées).- Vérifier l’état des pneus. Une astuce: essayer de voir s’ils sont usés asymétriquement de l’extérieur ou de l’intérieur. Si c’est le cas, cela veut dire que les ponts ne sont pas droits, ce qui peut masquer un accident ou un déséquilibre. - Vérifier si les alignements de train arrière et avant sont conformes.- S’assurer que l’usure des sièges, de la sellerie, des pédaliers reflète le kilométrage affiché. Il y a des personnes qui traficotent le compteur. - Contrôler la roue de secours et les accessoires. - Démarrer la voiture et laisser tourner le moteur. - Pour la voiture diesel, il faut vérifier si le moteur fume ou pas. Si oui, faire appel à un mécanicien ou renoncer.- Bien écouter le moteur au ralenti. S’il y a des ratés, des variations, ou que le moteur cafouille, il faut se méfier. - Lors de la conduite, garder l’œil sur le tableau de bord: s’assurer que la jauge d’huile et de température du moteur est en service. Cette dernière ne doit pas dépasser 90° après cinq minutes.- Mettre en marche tous les équipements dès le premier essai: les phares, le poste radio, la climatisation, le chauffage et les essuie-glaces. L’exercice permet d’apprécier la tenue du moteur. - Vérifier la présence du numéro de l’immatriculation provisoire (w). Si le véhicule est importé, demander les documents d’achat ou les justificatifs de dédouanement. Et puis, rapprocher les informations contenues sur la carte visite d’origine avec celle du Maroc- Demander une copie de la CIN du vendeur et garder les coordonnées- Exiger le double des clés d’origine- Consulter le cahier d’entretien et le prestataire qui l’a effectué.Nadia DREF

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