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Economie

La formation continue conçue comme un service après-vente des grandes Ecoles

Par L'Economiste | Edition N°:33 Le 11/06/1992 | Partager

LA formation continue est le domaine des paradoxes. Les entreprises et leurs cadres en reconnaissent la nécessité. Des actions et des financements sont offerts pour répondre à des besoins précis. Mais ils connaissent peu de succès: les Ecoles produisent "du prêt-à- porter", les entreprises veulent du "sur-mesure".
Le rôle des Grandes Ecoles d'Ingénieurs face aux attentes des entreprises a été le thème des 2èmes Journées d'Etude à l''Ecole Hassania des Travaux Publics les 2 et 3 Juin. Les grandes Ecoles et les entreprises réunies ont décidé d'approfondir le dialogue pour cerner les besoins, demander un cadre juridico-institutionnel ainsi que développer un partenariat "Ecoles-Entreprises". Le rôle des Grandes Ecoles d'Ingénieurs, dans cette optique de formation continue, consiste à mettre en place une sorte de service "après vente". On conçoit aisément que la Formation, avant tout théorique mais aussi pratique dispensée à l'Ecole ou à l'Université, reste une formation de base, une sorte de minimum requis.
Les Ecoles ou les Universités ont des programmes définis à l'avance. Elles fournissent donc une sorte de "prêt à porter". L'entreprise veut du "sur-mesure" et si possible avec du style.
Les écoles font l'effort, malgré des contraintes et des difficultés de toute nature, de développer en leur sein une formation continue pour compléter la formation de base dispensée. Le manque de communication entre deux mondes, qui sont sensés n'être qu'un semble être l'handicap majeur au développement utile de la formation continue.
Les entreprises ne semblent pas avoir réglé une ambiguïté. Elles sont demanderesses quantitativement. Cette demande quantitative est assortie d'une exigence qualitative. Or pour permettre aux organismes prestataires de formation continue de proposer et dispenser des formations de nature à répondre aux besoins spécifiques des entreprises, il faut impérativement qu'elles participent en dialoguant.

Effet pervers

Une enquête menée par l'EHTP en 1987 révélait une image qui reflète bien les ambiguïtés qui règnent chez l'entreprise. En effet, 90% des organismes recencés accordent à la formation continue un intérêt capital. Les motifs invoqués par ceux qui n'avaient jamais fait suivre à leurs cadres des actions de formation sont de trois sortes. En premier lieu figure le temps, en seconde position seulement le manque d'information et en troisième lieu le financement. La formation intensive de courte durée est la forme privilégiée. La gestion et l'informatique sont les plus sollicitées. La vitesse à laquelle évoluent la technologie, l'économie et le social est une réalité dont les entreprises et les écoles sont largement perçues. Par conséquent, la formation continue même si elle ne constitue pas la panacée, demeure l'investissement d'excellence dans le savoir-être et le savoir-faire des hommes.
De manière générale, il apparaît que la formation du personnel devient un phénomène auquel toute organisation, qu'elle soit publique, para-publique ou privée croît. Vue comme un remède économico-social, la formation continue a des effets secondaires qui ne sont pas toujours attendus. Il faut entendre même qu'elle peut avoir des effets pervers. Certaines formations à la carte suscitant parfois chez le bénéficiaire des besoins de mobilité et de changement. Elle peut également être interprétée comme un temps d'agrément en dehors du cadre de travail.
Ce n'est pas ce qui est attendu évidemment. C'est ce qu'il faut maîtriser. Si les effets bénéfiques de la formation sont largement reconnus, toute la difficulté demeure quand l'entreprise doit dégager du temps pour la formation continue de ses employés.
Dans les organisations ayant un service formation, on aboutit parfois à des conflits avec la hiérarchie qui impose d'autres priorités. De façon générale, la formation continue a encore du mal à trouver sa place dans l'organigramme de l'entreprise. Un problème sérieux apparaît, la diffusion de l'information. Les grandes écoles proposent des programmes et ne trouvent pas de stagiaires pour y participer.
Les entreprises demandent des actions de formation continue. M. Mohamed Saoudi, Adjoint au Directeur de la Recherche et de la Formation Continue a souligné que le taux de réponse au courrier de l'EHTP ne dépasse guère 10% et l'information accède rarement à tous les cadres intéressés dans l'entreprise ou l'organisme sollicité. Les inscriptions ne se font que lorsque les médias répercutent l'information. Sur ce dernier volet, la création de bulletins d'information périodiques fait partie des recommandations.
Les recommandations, à l'issue de ces 2èmes Journées, ont notamment porté sur la création d'un comité de réflexion en vue de développer une stratégie nationale de la formation continue. Cette dernière devra être considérée comme un droit minimum tant au sein du secteur privé que public.
Par ailleurs, la formule du partenariat entre employeurs et formateurs passera par l'adoption d'une charte comportant des principes généraux à appliquer.
Le dispositif à instituer pour développer la communication en matière de formation continue consiste en des actions de promotion et de sensibilisation tant sur la plan régional que national. Enfin les organismes de formation continue devront coordonner leurs actions dans le but de créer une complémentarité entre elles.

Naïma HADER

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