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Economie

Agriculture: Des bio-insecticides pour protéger la pomme de terre

Par L'Economiste | Edition N°:33 Le 11/06/1992 | Partager

La Compagnie de Produits Chimiques du Maroc (CPCM) met sur le marché un insecticide biologique destiné à lutter contre la Teigne de la pomme de terre. Après la forêt(1) et la tomate(2), c'est maintenant la culture de la pomme de terre qui dispose au Maroc de moyens de protection biologique, réputés plus écologiques que ne le sont les insecticides chimiques.

C'est après plusieurs lustres de recherches que les laboratoires occidentaux ont pu mettre sur le marché des produits de protection biologique performants, dans un contexte socio-économique marqué par la montée des préoccupations écologiques.

La lutte biologique se définit comme "l'utilisation d'organismes vivants ou de leurs produits, pour empêcher ou réduire les pertes ou dommages causés par des organismes nuisibles aux productions végétales"(3).

Dans le cas d'espèce, il faut noter que la Teigne de la pomme de terre est une chenille de moeurs crépusculaires, très friande de cette culture qu'elle attaque après le ramassage. Une production laissée à l'air libre après la récolte sans traitement (chimique ou biologique) est immédiatement ravagée.

Le bio-insecticide proposé par le CPCM est appelé Bactospeine (de sa dénomination commerciale). Sa matière active est constituée par une bactérie naturellement pathogène(4) de cette chenille: bacillus thuringiensis. La formulation et l'épandage se font de la même manière que pour les autres insecticides.

Ce produit est d'une innocuité totale pour l'homme et les autres animaux. Au niveau de la Teigne de la pomme de terre, il est actif uniquement sur les larves, c'est-à-dire sur le seul stade qui fait des ravages dans les cultures.

Ces caractéristiques confèrent à ce produit (comme à la plupart des insecticides biologiques) des avantages d'utilisation non négligeables et d'abord la sélectivité de l'action et l'absence de résidus nuisibles à l'homme après le traitement.

Sans faire le procès des produits chimiques (dont la plupart demeurent pour l'instant indispensables), signalons qu'à l'inverse des produits biologiques, ils laissent des résidus qui peuvent être toxiques pour l'homme; ils détruisent sans sélectivité, aussi bien les animaux nuisibles que ceux qui sont utiles; enfin, ils peuvent induire l'apparition de résistances chez les ravageurs cibles.

Ces inconvénients ont conduit les pays industrialisés à adopter des réglementations de plus en plus restrictives au niveau de l'utilisation des produits chimiques dans la protection des produits agricoles.

Certains produits phytosanitaires chimiques ont été interdits, d'autres voient leur usage de plus en plus restreint.

A terme, on estime que l'usage des produits chimiques sera fortement limité. Les produits de protection biologique des cultures semblent donc promis à un bel avenir.

Les marchés réagissent dans le même sens. Un produit agricole traité biologiquement a des chances d'avoir un accès plus aisé aux marchés et de réaliser une meilleure recette qu'un produit traité chimiquement. Les consommateurs européens sont en effet disposés à payer un prix plus élevé pour un produit qui a l'étiquette biologique.

Cependant, l'utilisation des bio-insecticides comporte des contraintes, voire des servitudes. Selon un expert de la place, il arrive que l'agriculteur (et parfois même le laboratoire qui commercialise le produit) réduise au maximum le nombre de traitements, dans le but évident de maîtriser les coûts, ce qui peut réduire l'efficacité de l'opération.

De plus, ajoute-t-on de même source, le prix de revient d'un traitement biologique peut être supérieur à celui d'un traitement chimique.

A la CPCM, on accepte ces réserves, tout en précisant qu'elles sont infondées dans le cas du Bactospeine. L'efficacité de ce produit, nous déclare Larbi Bouraga, conseiller agronomique de la société, est de 98%. Le prix de revient, ajoute-t-il, est comparable à celui d'un traitement chimique: entre 35 et 50DH la tonne.

Un seul traitement(5) est efficace pendant une durée de deux mois, ce qui couvre toute la période de stockage.

Bactospeine est un produit de Novo Nordisk, un groupe danois qui emploie plus de 8.000 personnes à travers le monde. La CPCM détient la carte exclusive pour le Maroc où elle procède à sa formulation dans ses laboratoires. Dans l'avenir, elle compte lancer les formulations contre la Teigne de l'olivier et les ravageurs des cultures maraîchères, des cultures sous serres et du maïs.

Le mode d'action de Bactospeine est naturel puisque le bacillus thuringiensis provoque une maladie naturelle de la Teigne de la pomme de terre.

Quelques heures après avoir ingéré le produit, la chenille cesse de s'alimenter, avant de mourir en l'espace de deux à quatre jours.

M.C.


(1) Une partie de la forêt marocaine est traitée contre certaines chenilles par Bactospeine.

(2) Les agriculteurs disposent d'un bio-insecticide contre la mineuse de la tomate.

(3) Définition d'Oilb en 1971, restreinte aux ravageurs des cultures.

(4) Qui provoque une maladie naturelle de la chenille. Il s'agit donc d'une "guerre bactériologique" contre la Teigne de la pomme de terre.

(5) Il faut compter environ 3 kg de Bactospeine par tonne de pomme de terre.

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