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    Economie

    La Banque Mondiale rencontre les opérateurs

    Par L'Economiste | Edition N°:501 Le 06/05/1999 | Partager

    · Débats chez la Chambre Britannique à Casablanca: La salle réclame plus de relations avec les privés et les ONG

    · La croissance est plus médiocre aujourd'hui que du temps de l'Ajustement Structurel

    M. Godron, le représentant de la Banque Mondiale à Rabat, ne le dit pas aussi nettement, mais le fait est là: la croissance marocaine allait plus vite du temps du Programme d'Ajustement structurel (PAS). Depuis 1993, date de la sortie du Club de Paris (nom donné à l'ensemble des créanciers publics qui appliquent un rééchelonnement à leur débiteur), le Maroc patine, avec un taux de croissance moyen à peine supérieur à la croissance démographique et, en tout cas, inférieur à la croissance de la population active.
    Le Royaume n'en reste pas moins un de ces bons élèves de la Banque Mondiale dont il est le 9ème emprunteur sur les 120 pays éligibles aux prêts de l'institution.
    Devant les convives de la Chambre Britannique de Commerce au Maroc, hier à Casablanca, M. Olivier Godron a largement mis l'accent sur les réformes sociales de l'Administration. A ses yeux, ce sont les deux objectifs-clefs. Le public l'a soutenu, allant jusqu'à demander "pourquoi la Banque continuait à passer par les administrations, alors qu'on connaît leur degré d'inefficacité (1)".
    Ce public a eu la surprise de rencontrer un expert de la Banque qui ne faisait pas trop la part belle aux indicateurs économiques et financiers, mais qui constamment revenait sur les questions sociales ou les questions de comportements.

    M. Godron a donné un coup de chapeau appuyé à la politique de concession ainsi qu'à la libéralisation des télécoms: "Les progrès ont été rapides et ce, dans la transparence et la concurrence", a-t-il dit en substance. Mais les experts de la Banque doivent aussi savoir être un peu diplomates. C'est ainsi qu'il "salue la volonté de développer une politique sociale cohérente" et marque son espoir de la voir prochainement mise sur pied. L'auditeur doit comprendre que le processus ne va pas aussi vite qu'il le devrait malgré la création d'une Commission interministérielle ad hoc chargée de formuler une approche globale.
    En revanche, il souligne "l'extraordinaire développement des ONG et du dialogue qu'elles entretiennent avec le gouvernement ou les administrations". Il y voit un bon signe de changement de comportement et des mentalités. Selon lui, c'est dans le domaine éducatif que le changement est le plus notable, et son institution regarde avec espoir le travail de la Commission-Méziane (de son vrai nom Commission sur l'Education, placée sous la responsabilité du conseiller de SM le Roi, M. Abdelazziz Méziane-Belfkih). "Ce sera un travail plus global que celui que nous souhaitions faire avec le Ministère de l'Education Nationale". Il n'empêche que M. Khalid Dakhama Bennani, responsable du Rotary Oasis, très actif dans le domaine de l'alphabétisation des adultes, signale que son Club a bénéficié d'une aide de la Banque. "La première tranche a été versée via le Ministère de l'Education, mais pour la deuxième...( M. Bennani marque un temps d'arrêt) ...c'est plus difficile". Le Club a plusieurs centaines de demandes d'adultes analphabètes et qui voudraient accéder aux cours. Or, l'opération est, dans une mesure importante, tributaire de la rétrocession de l'aide de la Banque Mondiale. M. Godron hoche la tête en approuvant, mais ne fait pas de commentaires sur ce problème.

    Le passage à l'acte


    Ce cas renvoie évidemment aux diverses réformes que la Banque voudrait promouvoir au Maroc à propos de la gestion administrative. Il n'insiste pas sur les chiffres qui avaient choqué le Maroc, il y a quelques années, dans le rapport remis par la Banque à SM le Roi. Ils n'ont pas fondamentalement changé: trop chère et pas assez efficace, l'Administration. Pour donner la mesure de l'effort à faire, il explique "qu'il faudrait cinq à six ans, sans recrutement et sans modification des salaires, pour desserrer l'étau de la rigidité budgétaire". Ce n'est évidemment pas une position tenable, malgré l'urgence qu'il y a à relever le niveau des investissements publics.
    M. Godron est en revanche assez satisfait des changements intervenus au niveau du secteur privé: les mentalités ont évolué, de nombreux biais ont disparu ou ont été réduits. Il reste encore sur le métier le challenge de relever le niveau des recettes fiscales sans alourdir les taux d'imposition. Il regrette néanmoins que la réforme tarifaire se soit, selon son mot, "essoufflée depuis 1990". La compétitivité du Maroc et donc son taux de croissance y ont perdu.
    En gros, la redynamisation du Maroc présente un bon potentiel, il reste comme toujours le passage à l'acte.

    Nadia SALAH

    (1) La Banque Mondiale est liée par son statut qui lui impose de traiter avec les gouvernements membres, mais elle cherche à promouvoir les système de rétrocession des aides vers le privé ou vers les ONG.

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