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    Economie

    La Banque Européenne d'Investissement s'intéresse aussi au secteur privé

    ·Entretien exclusif avec Ariane Obolensky, vice président de la Banque

    Par L'Economiste | Edition N°:504 Le 11/05/1999 | Partager

    · Les banques marocaines doivent apprendre à détecter les bons projets
    · Près de 160 millions d'Euros accordés sur les deux dernières années


    Ariane Obolensky a achevé hier sa visite de travail au Maroc qui a débuté le 5 mai. Elle déclare à L'Economiste que la Banque est satisfaite de la manière dont sont utilisés les fonds engagés au Maroc.

    - L'Economiste: Pensez-vous que les fonds engagés jusqu'ici au Maroc ont été bien utilisés?
    - Mme Ariane Obolensky:
    L'utilisation des fonds est bien contrôlée. Nous avons des procédures qui nous permettent de suivre de manière précise les fonds accordés. Ces derniers font l'objet d'examen préliminaire sur les plans financier, économique et technique. De plus, avant le versement, nous vérifions que les conditions soulignées dans le contrat sont réalisées et que l'état d'avancement des projets est tel que les fonds seront employés conformément à ce qui est prévu.
    Au Maroc, où les prêts de financement classique s'élèvent à 13 milliards de DH depuis 1978, nous sommes satisfaits de la manière dont sont utilisés les fonds engagés.
    D'ailleurs, la tendance est à la hausse. En effet, au cours des deux dernières années, les montants octroyés annuellement pour le Maroc étaient de 160 millions d'Euros.

    - Qu'en est-il des prêts participatifs?
    - Ces prêts sont beaucoup plus petits. Ils correspondent à une enveloppe particulière mise à la disposition de la BEI et financée par le budget de l'UE. Pour la première période du MEDA, cette enveloppe correspond à 200 millions d'Euros pour l'ensemble de la zone. Ainsi, il apparaît clairement que les sommes engagées sont limitées. Le Maroc a bénéficié l'année dernière d'une nouvelle enveloppe de 500 millions de DH qui doit être investie dans les entreprises sous forme de capital ou de quasi-capital.

    - Les prêts participatifs ne sont-ils en fin de compte qu'une forme de capital risque?
    - Ceci est vrai dans la mesure où les prêts participatifs font partie des fonds pro-pres de la PME. Ce ne sont pas des dettes courantes.
    En fait, ces prêts peuvent être utilisés directement par une entreprise ou passer par l'intermédiaire d'un fonds de capital risque. L'effet final est le même: l'entreprise a, non seulement un bilan mieux structuré et ses frais financiers réduits, mais elle augmente aussi sa capacité de s'endetter auprès du système bancaire.
    - Le tissu économique marocain est-il favorable au développement de cette catégorie de produit?
    - Ce type de produit ne peut que se développer au Maroc à l'instar des autres pays. Certes, il existe des conditions que doit satisfaire le pays qui cherche à développer ce type de marché, notamment au niveau de la transparence des comptes, du droit des sociétés et de la fiscalité, mais il faut avoir un optimisme actif en essayant d'améliorer la situation actuelle.

    - Y a-t-il une cohérence entre l'activité de la BEI et les divers MEDA?
    - Effectivement, il y a des domaines où les deux organismes agissent ensemble, notamment au niveau des PME. Nos actions peuvent être complémentaires. A titre d'exemple, si la Commission finance des programmes de formation dans ces entreprises, son action a un effet catalyseur pour notre rôle.
    C'est aussi le cas pour l'environnement. Mais il y a dans les MEDA également d'autres domaines qui intéressent moins la BEI tels que la culture et l'éducation.

    - Des fonds MEDA ont fait l'objet de gestion inefficace. Ceci a-t-il un impact sur la gestion des fonds de la BEI?
    - Les fonds de la BEI ne sont pas concernés par la gestion administrative des fonds MEDA. Ils ont une gestion totalement indépendante de la Commission de Bruxelles. Les capitaux à risque, en particulier, sont gérés selon des règles propres à la BEI. Le contrôle est exercé par la Cour des Comptes, mais nous n'avons pas de relation administrative avec la Commission.

    - Quid de la Banque Mondiale?
    - Nous travaillons en collaboration et nous avons beaucoup de points communs. Ceci dit, nous agissons sur des secteurs différents. La Banque Mondiale est plus présente sur des actions d'ordre global dans des secteurs tels que l'éducation, la santé et le social. En revanche, la BEI, elle, s'intéresse aux trois priorités du MEDA, à savoir les infrastructures, l'environnement et le soutien au secteur privé.
    Mais il peut y avoir des emprunteurs communs aux deux organismes.

    - La BEI semble s'intéresser principalement au secteur public. Le privé serait-il en dehors de son champ d'application?
    - Jusqu'à présent, nous avons essentiellement financé des projets du secteur public. C'est le cas pour les infrastructures. Mais nous sommes tout à fait prêts à soutenir des projets privés. D'ailleurs, nous l'avons montré en octroyant une enveloppe de 20 millions d'Euros au projet du parc éolien, soit 40% du montant de financement.
    D'autres projets peuvent bénéficier de l'appui de la BEI. Il s'agit principalement des régies et du port de Tanger. Nous sommes également prêts à financer des projets d'implantation d'industriels au Maroc à condition qu'ils participent à la création d'emplois.

    - Que pensez-vous du système bancaire marocain?
    - Ce système doit avoir la capacité de détecter les bons projets et de pouvoir les analyser et les financer ensuite. Ainsi, le financement apparaît comme l'un des éléments et non une fin en soi. Le Maroc dispose d'un bon système financier par rapport à ses voisins méditerranéens. Cependant, les banques devraient réaliser une transformation importante le jour où elles devraient passer à des analyses industrielles sur le long terme. De même, quand elles seraient amenées à agir sur les fonds propres des entreprises. A ce moment, il s'agit d'un métier totalement différent. Le système bancaire doit ainsi prendre conscience qu'il a besoin d'une transformation de l'intérieur pour passer à une nouvelle étape.


    Propos recueillis par Rafik IKRAM


    100 millions d'Euros pour l'OCP


    Une convention de prêt de 100 millions d'Euros a été signée le 7 mai par M. Mourad Chérif, directeur général de l'Office Chérifien des Phosphates (OCP), et Mme Ariane Obolensky, vice-présidente de la Banque Européenne d'Investissement (BEI).
    Cette convention est destinée au financement partiel des projets de rénovation des installations industrielles des sites de Safi et de Jorf Lasfar.
    L'optimisation et la réduction de l'impact sur l'environnement des installations de production d'acide sulfurique et d'engrais. Des sites en question sont également prévues.
    Le programme d'investissements faisant l'objet d'un financement partiel par la BEI compte notamment la réalisation d'une nouvelle ligne de production d'acide sulfurique d'une capacité de 2.300 tonnes par jour, la rénovation des unités sulfuriques de la plate-forme de Safi.
    S'y ajoutent la création de trois unités de concentration d'acide phosphorique et la rénovation des circuits de lavage et d'assainissement des fumées des unités d'engrais.
    Pour ce qui est de la plate-forme de Jorf Lasfar, le programme prévoit l'amélioration du système d'assainissement et de lavage des gaz de l'atelier engrais entre autres.
    La coopération entre l'OCP et la BEI ne date pas d'aujourd'hui. La Banque a en effet déjà partiellement financé l'atelier d'acide phosphorique purifié: Euro-Maroc Phosphore (EMAPHOS), réalisé en joint-venture avec le groupe belge Prayon et la société allemande Chemische Fabrik Budenheim (CFB).
    La signature de cette convention survient au lendemain de la conclusion de deux contrats de cautionnement entre la BEI et le ministre de l'Economie et des Finances, relatifs à des projets d'assainissement dans la ville de Meknès et d'acquisition d'équipements portuaires au profit de l'ODEP.
    A noter que le groupe phosphatier projette parallèlement de réaliser un programme d'investissements de 1,5 milliard de Dollars US, pour la période 1999-2004. L'enveloppe budgétaire (13,4 milliards de DH) pour cette période concerne aussi bien l'exploitation minière, la valorisation que le transport maritime.

    Abdelaziz MEFTAH


    Prêts au Maroc de 53 millions d'Euros


    Deux contrats de cautionnement viennent d'être signés par M. Fathallah Oualalou, ministre de l'Economie et des Finances, et Mme Ariane Obolensky, vice-présidente de la Banque Européenne d'Investissement (BEI), jeudi 6 mai. Ces contrats concernent des projets d'assainissement de la ville de Meknès et l'acquisition d'équipements portuaires au profit de l'Office d'Exploitation des Ports (ODEP).
    Le montant global de ces contrats s'élève à 53 millions d'Euros (l'équivalent de plus de 530 millions de DH).
    Le projet d'assainissement de la ville de Meknès sera financé par un prêt de 23 millions d'Euros sur une durée de 19 ans y compris les 7 ans de période de différé d'amortissement. Il est destiné à la réhabilitation et à l'extension du système de drainage pluvial ainsi qu'à l'assainissement liquide de la ville. Pour ce qui est du projet de l'ODEP, couvert par un prêt de 30 millions d'Euros sur une période de 14 ans, il est destiné à l'étude, la réalisation de travaux d'infrastructure et l'achat d'équipements portuaires pour les ports d'Agadir, Casablanca, Jorf Lasfar, Mohammédia, Nador, Safi et Tanger. L'octroi de ce prêt s'inscrit dans le cadre de la coopération Euromed qui régit depuis 1997 les relations financières entre le Maroc et la BEI.


    Abdelaziz MEFTAH

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