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L’Otan met en avant la sécurité en Méditerranée
De notre envoyé spécial à Bruxelles, Mohamed CHAOUI

Par L'Economiste | Edition N°:1656 Le 05/12/2003 | Partager

. Le dialogue avec les 7 pays sud-méditerranéens au coeur de la stratégie de l’Alliance. Objectif: Elever la participation au rang des ministres des Affaires étrangères. Concurrence ou complémentarité entre l’Otan et l’UE«Le monde entier se trouve au Maghreb qui est à la mode: Colin Powell, Dominique de Villepin… Même mon fils est parti au Maroc pour y passer des vacances”. Ces propos dans la bouche de Lord Robertson, secrétaire général de l’Otan pour encore quatre semaines, ne sont pas de la rhétorique. Ils traduisent l’intérêt que porte l’Alliance atlantique à la sécurité en Méditerranée, particulièrement au renforcement du dialogue méditerranéen qui fêtera l’année prochaine son dixième anniversaire. L’Otan est déterminée à renforcer cette coopération avec les sept pays du Sud de la Méditerranée qui sont le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie, l’Egypte, Israël, la Jordanie et la Tunisie. D’ailleurs, l’Alliance a invité leurs ministres des Affaires étrangères(1) respectifs à participer à la réunion de leurs homologues membres de l’Otan, tenue hier, jeudi 4 décembre, à Bruxelles. Cela n’a pas été possible pour des raisons de calendrier, a assuré Lord Robertson. En effet, Tunis accueille le Forum “5+5”, sommet informel qui se tient au niveau des chefs d’Etat pour la première fois (voir aussi pages 3, 4 et 5). Le secrétaire général espère que le Sommet d’Istanbul, prévu en juillet 2004, verra la participation des pays du dialogue méditerranéen. D’ici là, un travail de préparation sera mené pour que le sommet prenne des dispositions qui peuvent changer rapidement le cours de la coopération. Pour le secrétaire général de l’Otan, “la région de la Méditerranée fait partie intégrante de la sécurité qui nous intéresse. Nous voulons dégager des solutions communes”. En effet, la modernisation des défenses, la lutte contre le trafic illicite, le combat contre le terrorisme… autant de dossiers qui préoccupent tout le monde. D’ailleurs, en Méditerranée, l’Otan a déployé une flotte pour sécuriser la zone. Connue sous le terme générique d’“Active Endeavour”, l’opération qui mobilise des forces permanentes de l’Otan, a revêtu un caractère de police. Il s’agit de perturber les activités de terroristes et de trafic, a confié Robertson. C’est ainsi que 36.000 bâtiments ont été contrôlés, souvent fouillés. Dans le détroit de Gibraltar, des bâtiments sont arraisonnés. Dans “Active Endeavour”, les pays du dialogue méditerranéen ne participent pas aux opérations. Mais l’échange d’informations fonctionne, précise le colonel Franco Ralli, de la division de la coopération et la sécurité régionale de l’Otan.Il est clair que la volonté politique d’aller très loin dans la coopération avec les sept pays du dialogue méditerranéen est forte. Deux sortes de coopération coexistent. Au niveau bilatéral, c’est-à-dire les 16 pays de l’Otan et un pays, on aborde plus des questions liées à la sécurité, avec une dimension pratique. D’ailleurs, cette coopération a démarré il y a près de dix ans avec quelques séminaires. Aujourd’hui, l’Otan propose près de 600 activités qu’il met à la disposition des sept partenaires. Quant à la coopération multilatérale, c’est-à-dire 16 plus 7, c’est la dimension politique qui prévaut. En tout cas, la réflexion est lancée pour voir comment optimiser ce dialogue. Certains pays veulent le transformer en “partenariat pour la paix” comme cela a été fait avec des pays de l’ancien bloc socialiste pour entrer dans l’Otan.D’autres sont favorables à l’accélération de cette transformation mais craignent que ce dialogue ne subisse le même sort que celui de Barcelone pour l’Union européenne. Alors que d’autres, par contre, souhaitent que les pays du dialogue formulent leurs demandes pour mesurer le degré d’intérêt qu’ils portent à ce partenariat.En attendant, la réunion des ministres des Affaires étrangères permettra d’établir un agenda des actions à mener d’ici le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement prévu en juin 2004 à Istanbul.Le choix de la Turquie pour abriter cette manifestation de haut niveau n’est pas fortuit. Sa position géostratégique et son cachet de pays musulman sont un signal fort pour que les sept pays du dialogue méditerranéen s’impliquent davantage.Il est incontestable que la lutte contre le terrorisme constitue une priorité pour ces pays. D’ailleurs, un accord de sécurité pour la protection des échanges d’information entre l’Otan et les pays du dialogue méditerranéen, a été proposé. Des pays l’ont signé. Le Maroc ne l’a pas fait. Aucune explication n’est avancée au siège de l’Otan à Bruxelles. Ce sont les pays qui font des choix stratégiques. Ce n’est pas l’Otan qui décide à leur place, avance-t-on pour montrer le degré d’autonomie laissé aux partenaires. Des pays sont plus actifs que d’autres. Abdelaziz Bouteflika, président algérien, et le Roi Abdellah de Jordanie sont venus deux fois au siège de l’Otan cette année.Visiblement, la Méditerranée, particulièrement les pays du Maghreb, est devenue un enjeu stratégique. Outre les efforts de l’Alliance atlantique pour attirer ces pays dans sa zone d’influence, l’Union européenne est active sur ce front. Sa politique de sécurité et de défense en cours de formation ne dissimule pas son intérêt pour ces pays. On veut aussi renforcer le volet sécurité dans le dialogue euroméditerranéen. Sur ce registre, Lord Robertson estime que si l’initiative européenne apporte une valeur ajoutée avec davantage de moyens, elle sera la bienvenue. Par contre, si elle est présentée comme une concurrence entre l’Otan et l’UE, la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) sera une initiative délétère. Le secrétaire général espère que les discussions déboucheront sur l’absence de doublons. Rappelons que pour les partisans de la PESD, la construction d’une capacité de gestion des crises, définie par les missions de Petersberg, est le résultat normal de l’intégration européenne.


Communiqué final

La réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Otan, tenue à Bruxelles le 4 décembre, a été couronnée par un communiqué final comportant 28 points qui couvrent les différents centres d’intérêt de l’Alliance. Concernant l’Irak, l’Otan continue d’apporter un soutien à la Pologne pour la direction d’une division internationale.Le conseil se réjouit de “l’adoption de la résolution 1511 du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’Irak”. Il est attaché à son application intégrale, qui doit permettre de rétablir la stabilité et la sécurité dans le pays. Il s’agit de remettre la responsabilité du gouvernement au peuple irakien.Le conseil a abordé également la sécurité et la stabilité en Méditerranée. Le conseil, en session permanente, sera chargé d’étudier les moyens pour resserrer les relations avec les pays du dialogue méditerranéen.Selon le communiqué, les efforts de l’Otan viendront compléter des initiatives concernant la Méditerranée, y compris celle de l’Union européenne et de l’OSCE (organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).. La coopération militaire pour 2004Le programme de coopération militaire du dialogue méditerranéen pour 2004 a été approuvé. Il propose un large éventail d’exercices militaires. Les partenaires méditerranéens ont la possibilité de participer comme observateurs à des exercices de grande envergure et aux ateliers de préparation et de planification de ces exercices. Le programme de l’année prochaine offre la possibilité de faire appel à des équipes d’instructeurs itinérants de l’Otan pour organiser différents stages dans les pays partenaires du dialogue méditerranéen. Les visites portuaires seront renforcées.----------------------------(1) La participation des pays du dialogue méditerranéen a été limitée jusqu’ici aux ambassadeurs accrédités à Bruxelles et autres attachés militaires. L’Otan cherche à élever le niveau au rang des ministres des Affaires étrangères.

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